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Convulsions partielles

L'utérus spécialement, l'estomac, les intestins, peuvent être afï'ec-

long sur la région cervico-dorsale; sinapismes appliqués pendant dix minutes aux extrémités inférieures et promenés continuellement de place en place; i gramme de calomel incorporé à 10 grammes de miel, et introduit dans la bouche, par fractions grosses comme une noisette, d'heure en heure.

Potion antispasmodique.

Eau distillée (le tilleul 60 grammes.

Eau de valériane 30 grammes.

Teinture d'assa-fœtida 3 grammes.

Sirop de sucre 30 grammes.

Administrée, s'il est possible, toutes les heures par cuillerée.

Ces prescriptions furent exécutées avec soin, mais sans amendement marqué, par madame Botto, sage-femme, qu'on plaça comme garde auprès de la malade.

Depuis trois heures jusqu'à sept que nous revîmes la malade, les accès s'étaient répétés avec la même intensité et la même fréquence; aucune contraction utérine ne s'était manifestée. L'état du col utérin est le même ; celui du fœtus est encore satisfaisant.

Nous recommandons de continuer à entt^etenir l'écoulement satiguin des apophyses niastdides; de remplacer le vésicatoire du dos par un cataplasme, d'en appliquer deux autres aux cuisses avec la pommade de Gondret; de continuer le calomel et la potion; d'administrer un nouveau lavement purgatif .

Enfin, nous prenons la résolution de pratiquer l'accouchement prématuré artificiel, dans l'espérance de sauver l'enfant, pendant qu'il en est encore temps, et de modifier, peut-être même de faire cesser les accès qui ne se sont pas accrus ni rapprochés, grâce au traitement, mais qui ne se sont en aucune manière amendés, et qui menacent les jours de la mère.

Une consultation est rédigée et signée dans ce sens par MM. Goupil, Moynier, Dequevauvillers, Rigal et moi.

Immédiatement je procède à l'introduction de l'éponge préparée, dans le col utérin, au moyen du spéculum. Une éponge ordinaire introduite dans le vagin après la première sert à maintenir celle-ci. Des fils différents, passés à travers ces éponges, pendent au dehors, et sont destinés à les retirer quand il en sera temps.

Dix heures du soir. Un commencement de dilatation s'est effectué ; quelques douleurs sourdes ont été constatées par la sage-femme. Je passe une nouvelle éponge préparée plus volumineuse.

Deux heures du matin (le 15). L'état de la malade et celui de l'enfant sont les mêmes. Je procède à la rupture des membranes ; les accès d'éclampsie semblent se modifier après cette déplétion partielle de l'utérus, mais ils reprennent bientôt leur intensité.

Sept heures du matin. L'enfant étant encore vivant, le col dilatable, j'applique le forceps au détroit supérieur, par le procédé de M. Félix Hatin, en présence de

tés de contractions brusques et involontaires, auxquelles on a donné le nom de convulsions, et qui doivent bien plutôt recevoir celui de contractions spasmodiques, car on n'observe dans ce casaucun des phénomènes del'éclampsie proprement dite.

Cette affection diffère essentiellement de l'éclampsie sous le point de vue des symptômes, du pronostic et du traitement.

De toutes les convulsions partielles, celles de l'utérus ont été le plus souvent constatées. M. P. Dubois eut occasion de les observer chez une femme enceinte de cinq à six mois : les parois du ventre se contractaient avec une telle force, que l'utérus était d'abord refoulé dans l'excavation jusqu'à la vulve, à tel point qu'on se crut obligé de soutenir la vulve, dans la crainte que l'organe ne s'échappât à travers cet orifice ; puis l'utérus revenait immédiatement reprendre sa place. Les intestins, Testomac, semblaient aussi participer à cet état particulier, car on voyait apparaître brusquement à travers les parois abdominales, et vers la région épigastrique, des bosselures qui s'effaçaient instantanément,

L'avortement, que l'on devait tant redouter dans ce cas, n'eut pas lieu, et l'affection disparut vers le septième mois.

Le vagin, le col de l'utérus, certaines parties de cet organe seulement, peuvent être affectés de contractions spasmodiques. Dans ce cas, c'est pendant le travail, ou après l'accouchement, que se manifeste cet état spasmodique particulier, qui peut déterminer les accidents les plus fâcheux. Je m'en occuperai en temps utile.

MM. Moynier, Dequevauvillers et Rigal, qui purent constater avec quelle merveilleuse facilité ce procédé me permit d'appliquer les branches, et d'extraire une fille forte, vivante. Ces honorables confrères ne comprirent pas qu'on ait pu qualifier ce procédé de tour de force impossible et dangereux.

L'enfanta immédiatement pris le sein d'une nourrice; sa santé a été excellente à partir de ce jour.

Quant à la mère, qui avait été accouchée dans l'état comateux, et n'avait pas eu la conscience de l'opération, elle s'est parfaitement et rapidement rétablie.

Ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'à partir de l'extraction de l'enfant, aucuni accès ne se manifesta. Le retour à la connaissance se fit graduellement et ne fut complet que le lendemain, 16 au soir. Aujourd'hui, 28 avril 1852, madame J... a repris sa santé première.

1 M. le docteur Desjardins, de Morainville, me ût appeler chez la femme d'un maître de pension de la rue Caumartin. Cette dame, au terme de sept mois et demi, avait été prise d'accès d'éclampsie si répétés qu'on concevait pour sa vie les plus grandes craintes. L'accouchement prématuré artificiel fit immédiatement cesser les accès, la connaissance ne revint que xlouze heures après l'accouchement. Le rétabhssement fut rapide et complet.

J'obtins le même résultat, rue Saint-Lazare, dans un cas semblable, avec M. le docteur Coqueret.

DU RHUMATISME UTERIN. 201

Les contractions spasmodiques pendant la grossesse sont favorablement modifiées par les grands bains et l'opium, surtout administré en lavement, 10, 15, 20 gouttes de laudanum de Sydenham dans un quart de verre d'eau tiède^, afin qu'il soit facilement gardé : les potions antispasmodiques, les embrocations narcotiques sur le ventre, la saignée si la femme est pléthorique; enfin le sulfate de quinine, si les contractions se montrent avec un caractère de périodicité.

Cette affection, rare heureusement pendant la grossesse, très-fréquente pendant le travail et" après l'accouchement, résiste rarement à cette médication. (Voyez Contractions pathologiques et 7'étraction de l'orifice interne.)

Pendant la grossesse, si elle ne cédait pas aux moyens indiqués, elle déterminerait le plus ordinairement l'expulsion du produit.

La paralysie dite puerpérale a été l'objet de recherches spéciales de la part du docteur Churchill ; il a réuni 22 observations de. paralysie pendant la grossesse.

En poursuivant l'analyse que M. Churchill a faite de ces observations, nous voyons que pour les 22 cas dans lesquels la paralysie est survenue pendant la grossesse, il n'existe aucune régularité relativementà la période de la grossesse à laquelle l'attaque a eu lieu. Le plus grand nombre de ces femmes ont guéri avant ou immédiatement après la délivrance; chez les autres la maladie a continué un temps plus ou moins long après la délivrance.

Une seule des malades de cette catégorie a succombé, et l'autopsie a démontré que la mort était évidemment due à une maladie du cerveau plus ancienne que la grossesse.

Dans un très-petit nombre de cas (3 fois sur 22) la paralysie avait été précédée de convulsions ; dans la plupart des autres il n'y a eu aucun symptôme précurseur qui ait fixé l'attention.

Les caractères de cette paralysie, ajoute M. Churchill, ressemblaient beaucoup à ceux d'attaques semblables qui n'ont aucun rapport avec la grossesse : la motilité était affaiblie ou entièrement perdue ; dans quelques cas la sensibité était augmentée, diminuée ou modifiée. L'intelligence paraît avoir conservé son intégrité dans tous les cas. Enfin on a constaté la présence de l'albumine dans les urines toutes les fois que cet examen a été fait i.

M. V. Boulay a constaté, dans une paralysie liée à la grossesse, les bons effets de la strychnine à la dose d'un centigramme en 24 heures 2.

1 Vnio'a médicale, 12 ayril 1855.

2 Bulletin général de thérapeutique, 15 février 1853.

ARTICLE V

Du rhumatisitue utérin.

M. Stoltz, un des premiers, a fait connaître le rhumatisme utérin. J. E. Dezeimeris a publié depuis une série d'articles sur ce sujet 1.

Le rhumatisme utérin reconnaît les mêmes causes que le rhumatisme des autres parties. Mais les personnes affectées de rhumatisme général y sont plus prédisposées que les autres ; il résulte souvent d'une métastase rhumatismale.

La douleur subite, sans cause appréciable, est le symptôme principal de cette affection qui se reconnaît encore à la sensibilité exquise de l'utérus, sans contractions, tantôt bornée à une partie de cet organe, tantôt affectant sa totalité. Dans tous les cas, la pression, le toucher, augmentent la douleur ; celle-ci s'irradie, dans les reins, les aines, les cuisses, peut changer de place brusquement, comme celaa lieu dans toutes les affections rhumatismales; elle est assujettie à des exacerbations fréquentes etvariables dans leur duréeet leur intensité, à des rémittencesplus ou moins complètes.

Le ténesme recto-vésical accompagne presque toujours cette affection, et il en augmente beaucoup les inconvénients. Il dépend des sympathies qui lient si étroitement tous les organes génitourinaires entre eux.

Cette affection ne s'accompagne pas toujours de fièvre; mais dans la plupart des cas, une véritable réaction fébrile se manifeste^, et dure autant que l'accès.

La succession de ces accès peut solliciter les contractions de l'utérus, et déterminer l'expulsion du produit. Il est donc bien important de tâcher d'y remédier. Le traitement consiste dans la saignée du bras, les laxatifs, tels que l'huile de ricin à la dose de 15 à 20 grammes. Les bains, les lotions laudanisées sur le ventre, sur les membres supérieurs, les sinapismes en particulier, lavements avec dix, quinze, vingt gouttes de laudanum de Sydenham.

Les révulsifs de cataplasmes sinapisés seront d'un grand secours ; si le rhumatisme était dû à une métastase, la révulsion devra être pratiquée sur le siège primitif de la douleur.

1 L'Expérience, journal de médecine, 1839, t. III, p. 321, 385; t. lY, p. 88, 385.

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