ULCÉRATION DES FOLLICULES DE LA YULVE
ARTICLE VI
§ I. — Trouble<« «les foiictiou^ «5e Sa vessie et des reins.
Pendant les premiers temps de l'imprégnation, l'utérus peut exercer sur la vessie et les reins une action sympathique qui sollicite la sécrétion plus abondante et l'excrétion plus répétée d'urines limpides; mais ce phénomène ne s'observe guère que chez les femmes nerveuses. Les troubles exercés par l'utérus sur les fonctions de la vessie et des reins sont en général d'une autre nature.
A mesure que l'utérus se développe, il s'élève au-dessus du détroit supérieur, entraîne avec lui la vessie qui se trouve comprimée. Il résulte de cette gêne la nécessité de rendre souvent les urines, et si le col de la vessie est com-primé aussi, cette émission fréquente de l'urine est douloureuse et difficile, quelquefois même impossible. Enfin, s'il n'y a pas oblitération complète du col, l'urine peut s'écouler goutte à goutte. Il y a alors incontinence.
L'excès d'amplitude dubassin qui favorisel'abaissementdel'utérus et son antéversion peut déterminer ces phénomènes dans les premiers mois, mais cela est rare ; i's se manifestent bien plus fréquemment à la fin de la grossesse, l'utérus étant plus ou moins incliné en avant h cette époque. Si l'antéversion est très-prononcée, le corps de la vessie est fortement projeté en avant, au-dessus des pubis, et forme avec le col un angle droit, quelquefois même un angle aigu, disposition qui rend l'émission des urines et le cathétérisme même trèsdifficiles. On peut soulager un peula malade en l'engageant à soutenir son ventre avec les deux mains appliquées de chaque côté de l'abdomen au moment où elle urine; la vessie se trouve ainsi soulagée du poids de l'utérus, et peut accomplir ses fonctions. 11 est quelquefois nécessaire de soutenir aussi la vessie pour la réduire à sa situation normale; mais celte pression doit être modérée, sans quoi on rendrait l'émission des urines encore plus difficile.
Il sera bon que la femme fasse usage d'une ceinture convenablement disposée, qu'elle prenne des bains; enfin, si la vessie acquérait un développement trop considérable, par suite de l'accumulation de l'urine, il serait nécessaire que la femme fût sondée plusieurs fois par jour. •
La distension excessive de la vessie peut déterminer son inflammation, sa rupture. Cet accident serait certainement arrivé à une femme qui entra, en juillet 1841, à l'Hôtel-Dieu, dans le service de M. Honoré, si elle n'avait été soignée convenablement. Chez elle, la
vessie atteignait presque la région épigastrique, au point de simuler une grossesse à terme. Elle n'était cependant enceinte que de deux mois. Lecathétérisme, souvent réitéré, guérit assez rapidement cette femme qui rendait ses urines spontanément quand elle quitta l'hôpital.
Quand cette incommodité s'est manifestée dès le début de la grossesse, elle n'est déterminée que par le séjour de l'utérus développé dans l'excavation et qui comprime le canal ; on peut espérer alors qu'elle cessera à mesure que le globe utérin s'élèvera au-dessus du détroit supérieur: c'est ce qui est arrivé dans le cas cité. Quelquefois, cependant, cet accident peut être aggravé par ce développement même ; alors il n'y a pas lieu d'espérer la guérison : quoi qu'on fasse, l'accouchement pourra seul la produire. Il en est de même de la rétention d'urine ou de l'incontinence qui ne se manifesterait que dans les derniers mois.
Dans certains cas, les urines sont troubles^, chargées de flocons blanchâtres, de matière purulente ; leur émission est douloureuse et détermine un sentiment de cuisson et de brûlure : il y a catarrhe de la vessie. Les bains, les boissons adoucissantes seront indiqués. Cette affection n'est pas rare pendant la grossesse; j'en ai vu plusieurs exemples à la Clinique et en ville : ces accidents n'ont cédé qu'à des applications de sangsues réitérées sur l'hypogastre. La néphrite elle-même est quelquefois la conséquence de l'obstacle apporté par l'utérus au libre cours des urines.
§ 2. — nés varices et throiuhns.
Les varices des membres inférieurs ou du vagin sont assez fréquentes chez les femmes qui ont eu plusieurs enfants ou chez quelques primipares vers la fin de leur grossesse : c'est une incommodité beaucoup plus grave que les hémorrhoïdes, en ce que, si elle persiste après l'accouchement, elle augmente de jour en jour, et surtout par l'efl'et des grossesses subséquentes; puis, plus tard, les tumeurs qu'elles forment deviennent si considérables qu'elles gênent la marche, deviennent douloureuses, s'ouvrent en produisant des ulcérations souvent inguérissables, etc., etc. Il faut donc faire tout ce qui est possible pour éviter leur accroissement. On y parvient par le repos, la situation horizontale, par la suppression des parties de l'habillement qui pourraient gêner la circulation, et en ayant soin d'entretenir la liberté du ventre. Si elles sont trop volumineuses, on s'oppose à leur développement par l'application méthodique de bandes ou de bas lacés, lorsqu'elles ont leur siège sur les membres inférieurs; lorsqu'elles existent à la vulve ou dans le vagin, on se