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Déloiniation préalable d'une autre partie du squelette

A. Inflexion de la colonne vertébrale. — Il est rare que l'iiiflcxioii de cette partie du squelette s'accompagne d'une déformation notallc du bassin. Sur soixante-neuf cas de déformation de l'épine, d'après les recherches de M. Bouvier, cinquante-sept femmes ont présenté

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ie bassin à l'état normal ; chez douze seulement, il était vicié, et de plus, chez ces douze, les membres inférieurs étaient plus ou moins incurvés. Cette dernière circonstance, au contraire, se lie intimement à la déformation du bassin, et le fait est si constant qu'on peut, sur l'inspection seule des jambes, diagnostiquer l'état de ce canal osseux, tandis que la plupart des femmes qui sont seulement affectées d'incurvation de la colonne vertébrale, accouchent avec autant de facilité que les autres. Chacun a eu souvent l'occasion de constater ce fait.

Quoique les inflexions de la colonne vertébrale ne puissent pas être regardées comme cause de la déformation du bassin, et quoiqu'elles n'accompagnent pas toujours les rétrécissements, il est certain cependant qu'elles peuvent exercer, sur le degré de rétrécissement et sur la forme du bassin, une fâcheuse influence. Ainsi, l'incurvation de la colonne vertébrale peut déterminer le renversement du bassin d'avant en arrière, surtout du côté de l'angle formé par la jonction de la colonne vertébrale incurvée, avec le sacrum.

B. Lésion des membres inférieurs. — L'incurvation des membres inférieurs accompagne, comme je l'ai dit, presque toujours la déformation du bassin, et de plus, elle peut la déterminer ou tout au moins l'augmenter. Ainsi, dans le cas où les membres sont d'inégale hauteur, la pression qu'ils exercent sur les cavités cotyloïdes est inégale, et peut augmenter la viciation d'un côté du bassin ; néanmoins, on conçoit que, sans déformation préalable du bassin, le raccourcissement d'un des membres puisse déterminer sa déformation, soit que ce raccourcissement soit le résultat d'une fracture, d'une atrophie, ou d'une luxation, surtout si ces accidents surviennent quand ie bassin n'a pas atteint son développement complet.

C. Luxations congéniales du fémur. — On ne peut nier que les luxations congéniales du fémur n'exercent ordinairem.ent une certaine ■nfluence sur la configuration du bassin ; mais cette influence est si )eu prononcée dans la plupart des cas, que la parturition ne s'en effectue pas moins, et qu'il n'existe pas un seul exemple d'une luxaion congéniale du fémur sans rachitisme qui ait vicié le bassin au ;oint de rendre l'accouchement impossible sans opération meurtrière.

Eenoir a fait, dans ce sujet, une division qui nous paraît capitale: 1 établit, sur des faits, que le bassin des individus affectés de luxaions originelles des fémurs est^différemment conformé suivant que ,1 luxation existe d'un seul côté ou des deux côtés à la fois, et qu'il ;nflue différemment aussi dans ces deux cas sur le travail de la parurition. Dans le bassin à luxation double, en effet, tout est «'i pe

près normal dans l'excavalion et au détroit supérieur, seulement sa base et son sommet sont un peu modifiés. Ce dernier, en particulier, a, dans tous ses diamètres, un peu plus d'étendue que d'ordinaire, aussi l'accouchement est-il, dans un pareil bassin, en général plus facile et plus prompt qu'il ne l'est dans un bassin bien conformé ; tandis que dans un bassin à luxation unique, comme l'os des iles correspondant au côté afîecté est seul frappé d'atrophie, et qu'à cause de cela les deux moitiés latérales de sa cavité intérieure cessent d'être symétriques, le détroit supérieur et l'excavation de ce bassin prennent alors une forme oblique ovalaire," qui peut faire obstacle à l'accouchement, ou du moins qui peut rendre le premier temps de ce travail plus difficile et plus long que de coutume. Lenoir insiste sur l'importance du rapprochement qu'il faut faire entre ce bassin vicié par une luxation unilatérale du fémur et le bassin décrit par Naegelé.

§ s. — Diagnostic «les vices de conformation.

L'accoucheur peut être consulté par des parents qui désirent savoir si l'état du bassin d'une jeune fille permet de la marier. Son avis peut aussi être demandé pour une jeune femme enceinte pour la première fois, et dont la conformation inspire quelques craintes. Dans ce cas, il peut avoir à répondre aux questions suivantes :

L'accouchement sera-t-il possible à terme, l'enfant vivant? Quelle influence le rétrécissement peut-il avoir sur la grossesse? Quelles précautions faut-il prendre pour éviter tout accident jusqu'à terme et pour faciliter l'accouchement ?

Dans le cas oii il répondrait que l'accouchement ne sera pas possible sans les secours de l'art, il lui sera encore demandé si celte opération pourra compromettre la vie de l'enfant ou celle de la mère? Si l'on ne pourrait pas l'éviter par quelque opération pendant la grossesse, soit en sauvant la vie de l'enfant et celle de la mère, soit en sacrifiant l'enfant à l'intérêt de cette dernière ?

Pour satisfaire à ces questions, et pour se tracer à lui-même par avance une règle de conduite, il faut que l'accoucheur connaisse exactement l'état du bassin, l'étendue des diamètres des détroits.

Cependant il ne faut pas croire que cette mensuration puisse être faite avec une exactitude mathématique, nos moyens ne nous permettent pas d'obtenir cette précision ; quand même on y parviendrait, le but ne serait pas encore tout à fait atteint : car, pour arriver aune appréciation rigoureuse des conséquences des rétrécissements et des opérations qu'ils peuvent nécessiter, il faudrait aussi connaître, comme je l'ai dit, le volume exact du produit, la réducti-

bilité de sa tôle, celle des parties maternelles, les forces de la femme au moment du travail, l'énergie des contractions utérines, ce qui n'est pas possible.

Heureusement qu'en pratique, l'appréciation à 1 centimètre près suffit, et il est facile d'arriver à ce résultat. Pour l'obtenir, l'accoucheur doit d'abord s'aider des commémoratifs sur l'enfance et la jeunesse du sujet, puis il doit procéder à l'examen externe et à l'examen interne.

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