‹ Traité pratique de l'éclairage par le gaz inflammable contenant une description sommaire de l'appareil et du mécanisme employé pour l'illumination des rues, des maisons et des manufactures ... à l'aide du gaz hydrogène carburéChapitre 15 sur 28 · AVANTAGES · texte numérisé non relu

AVANTAGES

De l'éclairage par le gaz inflammable, relativement à l’économie publique et partilière.

Nos lecteurs ont pu se convaincre, par ce qui précède, de la possibilité de tirer de la houille, en quantité immense, une substance propre à l'éclairage artificiel. Ge n'est point par de simples motifs de curiosité qu’on a cherché à mettre en pratique une aussi importante découverte.

Examinons donc à quels objets d'utilité publique et privée l’on peut appliquer ce mode d'illumination.

« (1) Il est évident que l’on peut garder pen-

(1) Tout ce qui est marque d’un « est un passage tiré mot pour mot d’une brochure que M. Pillan d’Eaten College publia en 1807, pour donner une description soiguée de mes nombreuses expériences.

« dant dong-temps le gaz dans un réservoir et

ES

le transporter par le moyen de tubes à quelque distance que ce soit, de même que l’eau s'écoule à l’aide de tuyaux. Quand on n’a pas observé de près ce mécanisme, on a peine à en concevoir la facilité. Le gaz peut se disitribuer, sans inconvéniens, dans des ramifications infinies. Chacun des tubes qu'il traverse est terminé à son extrémité par une soupape ou par un robinet. En tournant ce robinet , Île gaz s'écoule régulièrement par l'ouverture, et monte dans les tuyaux supérieurs, en vertu de sa légèreté spécifique. füen n'indique sa présence; il ne fait aucun bruit: à l’ouverture du robinet ou de la soupape.

La transparence de l’atmosphère n’en est pas troublée, mais le jet s'allume instantanément à l'approche d’une bougie, et produit aussitôtunetrès-belleflamme , brillante, uniforme, et qui brûle sans le moindre bruit: la pureté du gaz est facile à vérifier, puisqu'il ne salit point les orifices des tubes du métal qui lui servent d’issue. Une feuille de papier blanc, et même la surface d’un corpspoli n’en éprouveraient point la plus légère altération ; 1l ne s'en échappeaucune flammèche, aucune sorte dematièrecombustiblenonconsumée, cequi,

(86) « dans les autres luminaires, est une source « perpétuelle d’accidens.

« Les produits de la combustion sont de l’eau «et du gaz acide carbonique (1). Les belles « expériences du docteur W. Henry ont dé- « montré, dela manièrela plussatisfaisante, que « la flamme du gaz hydrogène carburé produit « beaucoup moins d'acide carbonique que n’en « fournissent l'huile , le suif où la ‘cire (2). « Ceci réfute suffisamment les notions absurdes

(1) L'eau qui s’exhale en vapeur imperceptible est engendrée par une partie de l’oxigène de l’atmosphère avec l'hydrogène qui compose en grande partie le gaz du charbon. Le gaz acide carbonique est produit par l'union d'une autre portion d’oxigène avec une trèspetite quantité de carbone, qui est l’autre partie constituante du gaz.

(2) Cent pouces cubes d'hydrogène carbure, tiré du charbon de terre, ont besoin , pour se brüler, de deux cent vingt pouces cubes d'oxigène, et produisent cent pouces cubes d’acide carbonique. Cent pouces cubes du même gaz, tiré de la cire, se combinent, en brûlant, avec deux cent quatre-vingts pouces cubes d’ox'gène, et produisent cent trente-sept pouces cubes d’acide carbonique. Cent pouces cubes du même gaz, tiré de l’huile à brûler, emploient cent quatre-vingl-dix pouces cubes d’oxigène, et engendrent cent vingt-quatre pouces cubes d'acide carbonique.

: Nous avons extrait ce qu’on va lire de la declaration

(87) « qui se sont répandues sur les propriétés pré- « tendues malfaisantes de l'éclairage par Le gaz « mflammable. »

Mais si le gaz est mal préparé, ou s'il n’est pas pré de la portion d'hydrogène sulfuré qu'il contient d'ordinaire , 1l jette de vives éuincelles et produit une certaine quantité d'acide sulfureux par la combinaison de l’oxigène de l'air avec le sulfure tenu en dissolution dans le gaz. Il en résulte une odeur suffocante que l'on remarque principalement dans les régions supérieures des appartemens où le gaz est brûlé. Un pareil fluide ternit tous les corps métalli-

de M. Lee devant la chambre des communes, lorsqu'il fut interrogé sur ce sujet.

Demande. x La santé de vos ouvriers est-elle affectée « par l’usage du gaz?

Reponse. « Aucunement ; sans cela, j'y aurais re- « noncé. Je crois avoir expliqué au comité, que j'ai com- « mencé à essayer, dans ma propre maison, cette mé- « thode d’éclairage.

D. « N’avez-vous pas remarqué la moindre éiétion « dans la santé de vos ouvriers ?

R. « Point du tout; car si je m'en étais apercu , il en « serait résulté une objection fatale contre le procédé.

“D. « N’avez - vous reconnu aucun mauvais effet de « l'emploi du même gaz dans votre intérieur ?

R. « J'affirme que je n’ai reconnu aucun mauvais. « cflet. »

ques; il décolore les peintures préparées avec des oxides métalliques , et répand toujours une odeur fétide extrêmement nuisible à la santé. On purge cet air de son hydrogène sulfuré, et on le rend propre à l'éclairage , en le faisant passer, à plusieurs reprises , par des solutions de sous-acétate de plomb, de sulfate de fer ( ou couperose verte), de chaux vive ou de muriate de chaux.

« Quant à la clarté de la flamme, tous ceux « qui en ont été témoins (1) peuvent afirmer « combien elle est supérieure à celle de la meil- « leure bougie ou à la lumière des quinquets.

« Cette flamme est vive, serrée et d'une agréa- « ble blancheur. Elle est parfaitement calme, « lorsque le jet est d’un volume modéré. En « grandes masses, elle est sujette à des ondu- « lations, comme toute flamme qui excede des « dimensions données : cela tient à l'agitation « de l'atmosphère.

« La flamme n’a absolument aucune odeur, « quoique le gaz ait lui-même une odeur

( 1) Tout ce passage est encore tiré de la brochure de M. Pillan. Mais cette phrase : Tous ceux qui en ont été témoins, à été substituee à celle-ci : Tous ceux qu ont eté témoins des expériences de M. Winsor. (Note

du trad. )

x assez désagréable avant de brûler. C'est « ainsi qu'une bougie, une chandelle ou une « lampe nouvellement éreintes , répandéntdes « émanations désagréables. Cette concession «ne prouverien contre la flamme elle-même, « qui est parfaitement inodore. Un mouchoir « blanc qu'on y a fait passer, à plusieurs re- « prises, et qu'on applique auprès du nez, n’ex- « cite aucune espèce de sensation dans lor- « gane de l’odorat,.

« Un autre avantage particulier à cette « flamme, c’est qu'on peut la tourner dans tou- « tes les directions imaginables ; 1l n’y a point « d’égouttures à craindre; et comme le gaz est « poussé par une force qui reste constamment « la même, il brûle aussi bien dans le sens « horizontal que dans le sens vertical : ainsi « se trouvent écartés deux défauts des chan- « delles ou lampes ordinaires , dans lesquelles « la lumièreest toujours dirigée de bas en haut, « c’est-à-dire vers la partie de Îa chambre où « onena le moins besoin , sans parler de lom- « bre extrêmement incommode du chandelier « OU auires supports, » |

Le volume, l'intensité et même la forme de la flamme sont réglés par le simple jeu du robinet, qui fournit du gaz au bec de lampe, On

Va

peut à volonté obtenir un jet tellement brillant qu'il éclaire toutes les parties de l’appartement, ou tellement faible qu'on a de la peine à l’apercevoir. Nous n'avons pas besoin de dire de quels avantages peuvent être de semblables lumières dans les écuries , dans les dortoirs , ou dans les chambres des malades.

La facilité avec laquelle le gaz peut être con-

duit dans les directions que l’on désire, et les formes variées dont la flamme est susceptible, font qu'aucun autregenre d’éclairagen’est mieux approprié à de brillantes illuminations.

. Veul-on alimenter, avec le gaz, un lustre placé au milieu d’un appartement ? la meilleure disposition est celle qui consiste à faire passer les tuyaux par le plafond, immédiatement audessus du lustre. Rien de plusfacile qu'une telle préparation, sans nuire à la maçonnerie.

Lorsqu'on a besoin de chandeliers ou de lampes d’appliques, les tubes ne paraissent pas aux yeux du spectateur ; 1ls sont caclrés dans la muraille ou sous le parquet. Si l’on veut

‘éclairer des transparens, pour augmenter l'effet

des décorauons , il sufhit de faire passer la clarté

par différens milieux colorés, ou à travers des

surfaces peintes et diaphanes.

Quand on a pratiqué de petits trous à l’extré-

Con)

mité d’un bec d'éclairage, il en sort autant de jets de feu qui ont les plus belles apparences. Dans le cas où l’on désire que la lumière soit transmise à une certaine distance, il faut construire les becs d’après la même méthode que ceux des lampes d’Argand. Ce sont des cylindres de métal dans lesquels on ménage deux courans d'air ; l’un intérieur, l’autre extérieur (1). | |

En comparant la flamme du gaz à celle d’une chandelle, quelle qu'en soit la grosseur, celle-ci paraît jeter une flamme jaune et obscure, de même qu'une lampe commune pâlit auprès d'une lampe d’Argand. La blancheur et l'éclat de la flamme du gaz ne manquent jamais d’exciter la surprise et l’admiration de ceux qui en sont témoins pour la première fois.

Une manufacture , ou un vaste édifice éclairé par le gaz, comparé à un bâtiment du même genre éclairé par des lampes ou par des

chandelles , rappelle la différence qu y a

(1) Au Lyceum, en 1804, et dans ma maison de Pall-Mall , depuis 1806 à 1812, il y avait des ornemens assez variés, pour donner une idée de toutes les manières d'éclairer une maison, pour la commodité de ceux qui

Vhabitent. ( Vote du trad.)

gntre l’aspect des rues d’une grande ville, les jours d’illumination, et l'aspect des mêmes rues éclairées par de simples réverberes. |

L'intensité de la flamme des lampes à gaz employées actuellement à Vélairage de Eondrés , est, relativement à l'intensité de la flamme des lampes, comme douze est à un.

« Un des principaux emplois du gaz est, « sans contredit, d'éclairer les rues, les bou- « tiques et les maisons. » Si cet éclairage réunit la sûreté à l'économie , c’est tout ce que peuvent demander les plus chauds partisans du nouveau système. En effet, les lampes à gaz employées pour l'éclairage de Londres, coûtent incontestablement moins cher que les lampes à huile. Cette manière d'éclairer a donc de prodigieux avantages sur l'emploi de l'huile et du suif. ù

« Tout ce qu'il faut considérer dans la dé- “ pense, c'est ce qu'il en coûte une fois pour « établir le fourneau et construire les tyyaux « conducteurs. La préparauon du gaz lui- « même est une spéculation lucrative, qui peut « seule payer les dépenses avec l'intérèe du « capital, et donner encore du profit.

« La possibilité de substituer le gaz du char- « bon aux lampes et aux chandelles, pour illu-

| ( 95 ) + miner les maisons etles boutiques, n'est plus «un problème. » Déjà une partie considérable de Londres est éclairée par le gaz de la

houille (1).

(1) Le quartier de Norton-Falgate, jusqu'a Bishopsgate , est éclairé avec le gaz, à partir des bureaux de la Compagnie de l'éclairage. Des tuyaux conducteurs s’é= tendent jusqu’à l’extrémité occidentale de Cheapside et dans toutes les rues au nord de ce grand quartier.

À l’extrémité occidentale de Londres, les principaux tuyaux s'étendent dans les plus belles rues, savoir : depuis l’établissément de la Compagnie dans Peterstreest a Westminster, dans la ligne qui règue de Pall-Mall à J'emple-Bar. Cette ceinture d’illumination entoure com plètement la paroisse de Saint-Martin-des-Chainps. De gros tuyaux sont également places dans Hay-Market, Coventry-Street, Long-Acre, Saint-Martin’s Lane, et dans les principales parties des paroisses de Saint-James et de Sainte-Anne.

A lorient de la capitale, des tuyanx conducteurs s’étendent de Cornhiil à Saint-Paul ,Wood-Street, Fore- Street, etc. La Compagnie d'éclairage a obtenu l’autorisation d’étabhr des conduits de gaz dans les paroisses Saint-Stephen-aux-Charaps , Saint-Paul, Covent-Garden, Sainte-Mary-le-Sirand , Saint-Clément-le-Danois, Saint-Georges’s Bloomsbury, Saint-Gilles-des-Charips, Saint-André de Holborn , au-delà des barrières, une parte deg paroisse de Sainte-Marie-la-Bonne , et plusieurs autres quartiers qui comprennent la totalité de la cité et des faubourgs de Westminster,

« C’en est donc assez pour démontrer la pos- « sibilité d'éclairer avec le gaz inflammable les «maisons ct les rues ; Ce qui aurait été re- « gardé, 1l y a vingt ans, comme un extrava- « gant paradoxe. »

L'église de saint Jean l’'Evangéliste, à Londres, est éclairée avec le gaz depuis plus de deux ans. Les becs dont on y fait usage remplacent trois cent soixante chandelles de huit à la livre. Les avenues de la chambre des pairs et de la chambre des communes, Westminster-Hall , le pont de Westminster, la maison et les bureaux du président de la chambre des communes , l'Hôtel de ville et plusieurs autres lieux méritent d’être cités comme ayant déjà adopté ce genre d'illumination.

« Une applicauon non moins avantageuse, « est celle de À emploi du gaz pour les eds « et fanaux maritimes (1).

« L'éclat et la variété des formes dont cette « flamme est suseepuble , la rendent extrême- « ment propre à servir de signaux. Un seul « fourneau peut en produire la quantité suffi-

(1) Au moyen du gaz, j'ai exécute deux télégraphes d'une nouvelle construction, propres à servir la nuit :

peut-être seront-1ls adoptés quand mon brevet sera expiré. ( Vote du trad.)

santé péndant toute une nuit d'hiver, et procurer des fanaux supérieurs aux plus remarquables qui existent, soit sur les côtes d'Angleterre, soit ailleurs.

« Avec la moitié des dépenses actuelles, on pourrait établir un de ces fanaux en remplacement de ceux qui existent aujourd'hui, et l'effet en serait beaucoup meïlleur. Le bon marché de ce genre d'illuminatiôn, ferait multiplier les phares , et contribuerait essenuellement à la sûreté de la navigation. Le gaz ne produit point cette fumée qui obscur- Cit trop souvent les reflecteurs des fanaux ordinaires. | « La facilité avec laquelle on éteint subitement la flamme la plus volumineuse, par la seule fermeture du robinet, et la prompttude avec laquelle le gaz reprend feu à l’approche d’un papier allumé, sont encore des propriétés recommandables pour la trans-

«mission nocturne des dépèches télégraphi-

ques. Enfin, aucun éclairage ne convient mieux pour les baraques, les arsenaux, les chantiers et les autres établissemens où l’on a besoin de beaucoup de lumière dans un petit espace.

« La dépense annuelle que coûte l'éclairage

| ( 96 ) | «x des barraques ou casernes dans la Grande « Bretagne, est estimée à environ 50,000 liv. « sterling. Une dépense beaucoup moins forte « produirait une lumière plus pure et plus sa- « lubre. |

« Tous les avantages dont nous venons de « parler, nous justifient d’attacher autant d’im- « portance à la découverte. Si on la mettait en. « pratique dans toute l'étendue du royaume, « d'immenses capitaux se trouveraient em- « ployés de la manière la plus productive.

« L’utilité n’est pas moins évidente pour l'in- «térieur des familles. De nombreuses expé- « riences attestent, à la fois, l’économie et « l'élégance qui en résultent.

« Au moyen du gaz, nous avons sans cesse « à notre disposition une lumière aussi pure « qu'agréable. On la trouve sous sa main avec « autant de facilité, que l’eau, dans les maisons « quisont pourvues de machines hydrauliques.

« Un avantage singulièrement précieux, c’est « que les lampes à gaz peuvent brüler sans « danger pendant des heures entières, à un « pouce de distance des corps les plus combus- « tibles, parce qu’elles n’ont pas l'inconvénient + de couler comme les chandelles, ou de jeter « des étincelles. Cette propriété rend un pareil

« genre d'éclairage désirable à bord des yaisa « seaux de guerre où l’on élude fréquemment « les règlemens sévères qui ont pour objet de « prévenir les incendies (1). On pourrait allu: « mer de ces becs dans les magasins de l’entre: « pont et jusque dans la sainte-barbe. Le capi- « taine aurait la complète disposition du lumi- « naire, en tenant sous sa main la clef qui ou- « vre et ferme le principal robinet. On. éta: « blirait pour cet objet, et à peu de frais, un « très-simple appareil (2). » |

(5) Dans les boutiques, dans les comptoirs et dans les bureaux, le gaz procure une lumière blanche comparable à celle du jour, et, de plus , une chaleur qui rend celle du foyer presque inutile : le tout sans fumée , sans

(1) J’ai fait dans ma maison à Pall-Mall, un grand nombre ‘d'expériences relativernent à cet objet ; il est beaucoup plus difficile d'allumer de la poudre ‘avec la flamme du gaz qu'avec une étincelle lancée œ une chandelle ou une lampe...

(2) Ici on a supprimé ce que dit M. Pillan. #7. H'inso a déjà fait de nombreuses applications qu’il-n’a pas publiées, mais qu'il desire exécuter avec une compagnie établie par une charte. (Note du trad.)

(5) J’ai donne tous les argumens suivans dans mes lectures publiques et dans mes brochures, et je les ai appuyés de mes expériences. ( Voie du trad.)

ôdeur, sans vapeur et avec une grande économie de travail. |

La chaleur qu'exhalent les lampes à gaz est évidente pour tous ceux qui s’en approchent.

Les personnes versées dans la connaissance de la chimie (et de nos jours il est peu de personnes qui n'aient à cet égard des notions plus ou moins étendues), n’en seront point étonnées, lorsqu'elles réfléchiront que la combustion du gaz condense beaucoup plus d'air atmosphérique que celle du suif ou de Phuile, et par conséquent doit engendrer plus de calorique.

La flamme du gaz peut avoir un volume assez considérable pour échauffer, en même temps’ qu'elle illumine, les appartemens les plus spacieux. ÿ

Si le gaz s'échappe par une gorge circulaire de douze pouces de diamètre (1), il forme un énorme quinquet. On conviendra qu'unéflamme de trois pieds de pourtour doit échauffer l’air

ms

(x) Les quinquets dont je ne servais dans mes expériences, avaient 5 à 6 pouces de diamètre ou 16.à 18 de circonférence. En ouvrant plus ou moins le robinet , je pouvais produire une clarté égale à celle que répandent depuis une jusqu’à cent chandelles. ( Note du trad.)

très - rapidement , et ayec tant d'umformité qu'on n'a plus besoin de se presser auprès d’un foyer, qui n’échautle que partiellement les personnes groupées tout autour (1). Une pareille lampe, au centre d’un vaste appartement, avec un peu de feu dans la cheminée, afin Fi procurer le renouvellement successif 4 l'air, donne une température saine et délicieuse.

D'aprés les tpélences que jai faites sur ce Sujet, je puis affirmer que trois quinquets, consumant cinq pieds cubes de gaz par heure, suffisent pour tenir une chambre de dix pieds en carré, à la température de cinquante-cinq degrés au thermomètre de Farenheit, lorsque Fair, au dehors, est au degré de la glace (2).

se

(1) [l'y avait, en 1806 et 1807, dans la salle de mon comité, un globe de verre de trois pieds de diamètre, qui d’un côte représentait la moitié du globe terresire, et de l’autre, la lune, Il était supporté par un atlas de quatre pieds de haut , qui, tournant sur un axe, faisait réflechir alternativement sur une grande glace , la terre et la lune ; ce globe servait à éclairer et à chauffer la salle.

(Vote du trad. )

(2) La méthode de M. Dalton, pour comparer la quantité ou les effets de la chaleur qui se dégage pendant la combustion des différens gaz inflammables ou des autres substances qui brülent avec flamme (voyez

( 100 ) Dans tous les procédés des arts où l’on a besoin d’une chaleur modérée, la flamme d’une

son Système de chimie, t. 1, pag. 76), mérite d’être recommandée à tous ceux que ce sujet intéresse. Voici le detail de ce procédé , qui est simple , facile et exact dans ses résultats :

Prenez une vessie d’une grosseur quelconque (nous supposons ici une vessie d’une capacité équivalente à trente mille grains d’eau) ; après y avoir adapte un robinet et un petit ajutage , remplissez-la du gaz combustible dont vous désirez connaitre le degré de chaleur dans la combustion. Ayez ensuite un vaisseau étamé avec un fond concave de la même capacité. Versez-y la quantité d’eau égale à la capacité de la vessie , et dans le cas dont nous parlons, trente mille grains d’eau. Cela fait, allumez le gaz jusqu'à ce qu'il soit totalement brûle. L'augmentation de la température de l’eau dans le vaisseau etamé, mesuree avec exactitude avant et après l'expérience , vous fera connaitre à quel degre le gaz-est susceptible d’échauffer. |

Voici les resultats qui ont eté obtenus :

Le gaz oléfiant produit dans le volume d’eau (d’après le thermomètre de Farenheit) une éha- UE Me. FU. Mas de 0 +R UE La gaz hydrogène carburé tire de la Ban ste Von LU ce Ne

L’oxide de carbone. . . .

Où

LRPEMEEUEQUT Un Re +: « Dix grains d'huile de spermaceti, brûlés

das une 180pe7 CE

lampe à gaz sera très-avantageuse. On peut même l’employer d’un très-fort volume. Le gaz a des avantages quene présentent point les combustibles qui brülent avec flamme, lorsqu'on a besoin d’une grande délicatesse dans le iravail. En eflet , la flamme d’une lampe à huile ne saurait être dirigée comme celle du gaz. Les combustibles crdinaires privés du courant d'air convenable ne produisent point de flamme, mais une espèce de suie vaporisée. Si le courant d'air est très-fort, la chaleur devient aussi trèsactive. En effet, une flamme violente, poussée par des tourbillons de vent, occasionne une ardeur excessive.

Dans les expériences en petit, la flamme du gaz ne développe pas une grande énergie. Elle brûle tranquillement; l’air ne se trouve point immédiatement en contact avec elle et n’agit que sur la surface extérieure, c’est-à-dire sur une très-médiocre superficie.

Mais en grand, lorsque la flamme se mêle à un courant d'air considérable, son ardeur devient plus forte. Elle a, danscecas, la propriété

Le suif e °. ° °. L « ° ° .- 0 ® 5 degrés.

: gL La cire e ° . . . ° « « ° ‘ e 5 506 L'huile de teérehenthine. . . . . 3

L'esprit de vin. 4°. 4e . 14 à

(022 d'échaufler à un haut degré des substances d’un gros volume. L'uulité en est évidente, dans le cas où il y aurait de l'inconvénient à exposer les objets à la flamme d’un combustible solide.

« La flamme du gaz pouvant prendre tous « les degrés d'intensité et toutes les formes , « sans qu'il y ait d'égouttures où de flammèches « à craindre, on peut lui faire faire toutes sortes « de dessins et s’en servir pour d’élégantes illu- « Minations. » |

Les planches 3, 4 et 5 sont ies dessins de différentes lampes à gaz, de chandeliers, de lustres , de caudéiabres, etc., tels qu'on les emploie déjà à Londres.

Planche 1IT. La figure 1 représente une lampe à tube vertical. Le gaz est conduit par le tube À dans une lampe en forme de quinquet , entourée d’une cheminée de verre C , renflée à son extrémité inférieure. Nous avons indiqué plus haut la construction de ce bec.

Dans les becs construits d'après les principes dela lampe d’Argand, la flamme doit se trouver de tous côtés en contact avec l'air atmosphérique, €t le courant d’air doit être dirigé vers l'extrémité supérieure de [a flamme. On y parvient en faisant élever perpendiculairement un

courant d'air du fond de la cheminée de verre, lequel suit le col de la cheminée dans son rétrécissement. Mais il ne faut pas qu'aucun autre courant d'air puisse affecter la flamme. S'il s’en mêlait avec elle plus qu'il ne faut pour la complète combustion du gaz, la chaleur en serait nécessairement diminuée , et l’on aurait moins de lumière (x). ;

La figure 2 est une lampe à tube setieal et à branche. Le gaz traverse la verge À et une partie de la branche B également creuse, pour arriver au bec de la lampe. La cheminée de verre C que l’on voit dans ce dessin, n’est pas aussi propre à l'entière combustion du gaz que la cheminée renflée vers la base dans les figuies 1, 3, 5, 6. En effet, le courant d'air ascendant n’est point détourné de sa direction perpendiculaire et concentré immédiatement dans la partie supérieure où la combustion du gaz est moins parfaite. Le courant extérieur qui entre par le fond de la lampe s'élève avec une vitesse proportionnée à la longueur du cylindre et à la raréfaction de l'air dans cette cheminée ; mais il n’est point poussé vers la

(1) Joyez le tableau des forces caloriques et iumineuses, ajouté à la fin de mon ouvrage.( Vote du trad.)

( 104 ) pointe dela flamme, comme cela arrive dans les cheminées renflées.

La figure 5 est une lampe d'applique. A est le tube conducteur, B est Le robinet du même tube.

La figure 4 est une lampe suspendue. Le gaz y est introduit par un tube A enfoncé dans le plafond. Ba cheminée B est en forme de tuhipe, et cette disposition n'est pas plus favorable que la précédente.

La figure 5 est une lampe suspendue, à double branche. Le gaz traversant le tube perpendiculaire À pénètre dans les tubes recourbés BB , et de là dans la cheminée C.

La figure 6 est une lampe à tige mobile.

À est le tuyau conducteur avec son robinet. B une genouillère de cuivre communiquant avec le tuyau A. C est un tube recourbé, hermétiquement scellé à la genouillère B, communiquant avec le bec de la lampe, de manière à permettre qu'elle ait un mouvement horizontal.

La figure 7 est la construction de la genouillère de la pee 6 , et le tube C de la même lampe.

La figure 8 est une lampe à éperon de coq,

également mobile, et construite sur le même

(1077) plan que celui de la figure 6. Ces deux lampes sontexcellentes pour éclairer les comptoirs dans les maisons de commerce.

La figure 9 est un robinet avec une boule et une genouillère qui permet au tube de s’incliner dans toutes les directions.

La figure 10 présente la coupe du robinet et de la genouillere. (

La figure rx est la genouillère ds la figure 9 en perspective.

Planche IV (1). La figure r est un candélabre. Le tuyau conducteur est fixé dans le parquet de l'appartement. Le gaz monte par la couronne À et aboutit au bec de la lampe.

La figure 2 est une lampe à éperon de coq, suspendue et enjolivée. Le gaz est transmis aux becs CC par le tuyau A.

La figure 3 estune lampe d’Argand à piédes-

(1) Les lampes à gaz, représentées dans cette estampe , sont employées dans la librairie , dans le comptoir, le magasin et les bureaux de M. Ackerman (*).

(*) M. Ackerman assista à mes lectures et à mes expériences en 1807, et vit la variété des modes d'éclairage de mes appartemens, ce qui lui fournit les premières idées des diverses dispositions de son éclairage en 1811; cela vérifie ce que j'ai dit dans mes lectures : « Que mes séances fourniraient aux artistes de « nombreux moyens d'exercer leur talent ; maïs qu'aucun n’ont « encore pu imiter mes lumières mébiles au moyen de tubes « flexibles, (Note du trad.)

( 106 ) tal. A représente le tuyau et le robinet qui laissent passer le gaz , ou interceptent à volonié la communication.

La figure 4 est uñe lampe à éperon de coq et à piédestal. À est le tuyau avec son robinet.

La figure 5 est une lampe de fantaisie, dont l'objet est de prouver que le gaz, en arrivant au bec du conducteur, est absolument incolore et invisible. À est un vaisseau de verre, muni à son orifice d’un ajutage C et d'un globe perforé de cinq trous, par lesquels s'échappe la flamme du gaz. B est le tube qui conduit le gaz dans le vaisseau de verre À.

La figure 6 est une lampe d’Argand, tournant sur elle-même. À et B sont les tubes qui commüuniquent avec le bec.

Les figures 7 et 8 sont des lampes d'appliques horizontales. A est le tube que l’on suppose caché dans le plafond, B est le tube de communication, lequel, avecsacontinuation C, fait un angle droit avéc les ajutages DDE qui contiennent les becs.

Planche V. La figure 1 est un candélabre dans lequel le gaz monte du parquet de l’appartement. Les branches latérales communiquent avec le tube central.

La figure 2 est un chandelier arabesque. Le gaz descend du haut du plafond dans un tube qui représente la corde d’un lustre; il pénètre, par des tubes voûtés, dans le cercle creux et horizontal C. |

La figure 3 est un chandelier romain. Le gaz s'introduit par la ehaîne creuse et inflexible A, dans le tuyau central B, qui alimente les becs par les branches latérales CC.

La figure 4 est un chandelier gothique. Le gaz est transmis aux becs par la corde À qui renferme un tube, et la communication avec les becs s'établit par les branches latérales.

La figure 5 est une lampe à piédestal représentant une figure. Le gaz est conduit par un tuyau dans le corps de la figure , et s'échappe par le grillage en forme de plateau construit de tubes de cuivre creux et percés de petits trous à l’extrémiie. |

La figure 6 est une lampe dont le piédestal a la forme d’un vase. Le tube entre par une des griffes qui composent les pieds du piédestal en forme d’autel antique ; ilse divise ensuite en plusieurs tuyaux qui traversent le bocal de verre À , et le gaz s'échappe par des becs en forme d’épis B.

La figure 7 est une girandole. Le gaz entre

dans le tube recourbé À, et est conduit aux becs par les tubes descendans BB.

La figure 8 est un candélabre à tuyau central, à travers lequel le gaz est conduit au bec supérieur.

RAA VS RAR RL RAR URI UURAA/AAABAUA AR

NOTICE

Sur les divers produits que lon obtient du charbon de terre, tels que le coke, le goudron , l'huile essentielle , etc.

Anis avoir examiné la nature du gaz tiré du charbon, comme propre à remplacer les lumi-

naires actuellement en usage , nous devons nous occuper plus particulièrement des autres produits qui résultent de la même distillation,

tels que le coke, le goudron, une liqueur ammoniacale etc.

Core. La substance appelée coke est la base carbonacée , et constitue , à proprement parler, le squelette de la houille. Elle reste dans la cornue après que tous les produits qui peuventse volatiliser en ont été expulsés. |

Il est assez connu que le coke est un combustible beaucoup meilleur Re le charbon de terre qui le proûuit.

« Aussi en prépare-t-on en grand des quan- « tités considérables ; mais le gaz et les autres « substances se perdent dans les procédés

« Le on emploie pour carboniser la houille (1 à “& Le coke resté dans les cornues après Ja

« distillation du gaz, est beaucoup plus volu-

« mineux et plus léger que le coke ordinaire.

« Dans quelque état que le charbon de terre

{i) Voici la méthode que l’on suit pour obtenir le coke. On amasse sur la terre une certaine quantité de gros charbon , et l’on en fait une meule ronde de douze à quinze pieds de diamètre, et deux pieds de hauteur. On mét aux extrémités le plus possible de gros morceaux, afin de ménager des passages à l'air. Par-dessus, on jette les petits morceaux et le poussier. Au milieu doit se trouver un espace vide d’un pied de largeur, où l’on place quelques fagots destinés à embraser cette masse. On fait tout autour quatre ou cinq ouvertures semblables , et sar-tout du côte exposé au vent. On est, toutefois , rarement obligé de se servir de bois pour al- Jumer la houille, parce que d’autres masses se trouvant en même temps au fen., les ouvriers jettent quelques pellées de charbon embrase dans la meule qu’on veut allumer. À mesure que le feu fait des progres , la masse augmente de grosseur. Elle se boursouffle, devient spongieuse et légère , se réunit en un seul corps , perd enfin toutes ses parties volatiles, et ne jette plus de fumée. Alors cette masse en. ignition prend une couleur rouge, uniforme et blanchätre. Des qu’on y voit pratiquer des fentes et des crevasses , il faut couvrir bien vite le monceau avec des cendres, et l’on a exprès pour cela une provision de cendres suffisante, dans tous les lieux où

se prépare le coke.

Page 1