‹ Traité pratique de l'éclairage par le gaz inflammable contenant une description sommaire de l'appareil et du mécanisme employé pour l'illumination des rues, des maisons et des manufactures ... à l'aide du gaz hydrogène carburéChapitre 19 sur 28 · REMARQUES SUR LA MANIÈRE D'EMPLOYER CETTE SORTE DE COMBUSTIBLE · texte numérisé non relu

REMARQUES SUR LA MANIÈRE D'EMPLOYER CETTE SORTE DE COMBUSTIBLE

Le charbon de terre existe en Angleterre par couches tellement nombreuses , que , pendant plusieurs centaines de générations , les mines pourront en être regardées comme inépuisables. Cecombustible convient siadmirablement aux usages domestiques et aux besoins desarts, qu'on le considère avec justice comme une partie constituante et essentielle de la richesse nationale de ce pays. Semblable à toutes les autres substances. bitumineuses, il se compose d'une base carbonatée fixe ou de bitumeréunis à plus ou moins de matière terreuse ou saline, laquelle constitue les cendres qui restent après que le charbon est consumé. Les préparations de ces parties varient considérablement dans les différentes espèces de houilles; et suivant que les unes ou les autres diminuent, le char-

bon est plus ou moins facile à brûler, et plus ou moins parfait. C'est ainsi qu'il existe une multitude de nuances depuis l’espèce la plus inflammable , le canel-coal, jusqu’au charbon de pierre de Kilkenny. Il dégénère enfin en substances terreuses ou pierreuses qui, bien que suscepubles d’être brûlées, ne méritent point la dénomination de charbon de terre.

De là résulte la division de ce combustible en plusieurs classes.

La première classe comprend toutes les variétés de charbon qui sont principalement composées d’asphalte ou de bitume qui prennent feu aisément et brûlent avec vivacité, en répandant , depuis le commencement jusqu'à la fin, une flamme brillante, forte et d’un blanc jaunâtre ; qui n’ont pas besoin d’être attisés ; qui ne produisent point de scories, et qu'une seule combustion réduit à l’état de cendres blanches et extrêmement légères. La plupart de ces Charbons, surpris par la chaleur, se fendent et se réduisent en éclats, sur-tout si on ne les expose pas sur le feu dans une direction perpendiculaire à celle de leurs lames.

Les charbous que l’on trouve à Wigoan, dans le comté de Lancastre, et presque tous ceux qu'on exploite sur les côtes occidentales

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de l'Angleterre , appartiennent à cette classe. Le canel-coal mérite, parmi eux; le premier rang ; 11 se trouve, parfois, dans les mines de Newcastle. Le splent-coal d'Ecosse est une variété grossière du canel-coal, et la plus grande partie des charbons écossais est de ce genre. Cette classe de charbon de terre convient à merveille pour produire le gaz tuminateur ; il faut moins de chaleur pour le carboniser que celui de Newcastle. Le gaz qui en résulte se purifie très-promptement; il donne aussi, pendant là combustion, beaucoup moins d'hydrogène sulfuré, et produit une lumière vive et blanche. |

Cette même classe de charbons fournit une multitude de variétés; les charbons connus dans les marchés de Londres sous les noms de Hartley, Cooper's-main, Tanfield-moor, Eigh ton-main, Blythe et Pontops, sont évidemment de cette classe , si on les considère chimi: quement. On les vend en masses plus considérables que les autres charbons.

La seconde classe renferme toutes les variélés qui contiennent moins de bitume et plus de carbone. Ils brûlent avec une flamme moins vive ét d’une couleur jaunâtre. Après quelque séjour sur le feu, ils s'amollissent, se gonflent

et passent à une sorte de demi-fusion, Ils adhèrent les uns aux autres, se boursoufilent et jettent des scories tuberculaires avec de petites énussions de flamme accompagnées d’un sifllement. |

Ce charbon doit être brûlé sur des grilles découvertes , de peur que l’aggluunation et la tuméfaction n'interceptent le passage de Pair.

Sans celte précaution, le feu s'abaisse et s’éteint facilement, silon ne brise de temps en temps avec le poker (espèce de fourgon outringle de fer) les charbons qui conronnent le faite de la pile. Les cendres qui résultent de ces charbons sont plus pesantes que celles de la première classe, et d'une couleur grise ou rougeâtre. Les charbons rendent. des scories poreuses. et grises qui, étant exposées à une nouvelle combustion par dessus du charbon nouveau, procurent une chaleur intense et durable. La couleur de la flamme de cette classe de charbons n’est jamais si blanche’, ni si brillante que celle de la première classe. La deruière poruon. de la flamme qui paraît après le dégagement de toute la partie bitumineuse, est toujours bleue et basse. Le gaz qui s’exhale, pendant la combustion, est principalement du gaz oxide de carbone mêlé avec une: portion

d'hydrogène et d'acide carbonique. Le coke, ou charbon de terre épuré qu’on en obtient, est plus compacte que celui de la première classe, et résiste mieux au jeu des soufllets de forges dans les opérations métallurgiques. Les charbons de cette classe sont connus dans Îles marchés sous le nom de charbons à flamme Jorte. La différence de pesanteur spécifique comparée aux autres variétés, est de vingt-huit à trente livres par sac. Les charbons dits de Walls-end méritent d'être placés à la tête de la seconde classe. Les variétés bien conues sont le Russels Wall-end , Xe Bells Wallend,, le Bomick’s Wallend, \e Wrown's Wallend, le Wellingion-main, \e Temple-main,\e Beatonmain, le Kéllingsworth-main. Les petites espèces de charbons de cette classe sont préférées par les forgerons, parce qu'elles souuennent mieux le choc de Pair émis par les soufllets, et qu’elles donnent la plus forte chaleur etles meilleures cendres. Les charbons de Swanseaappartiennentaussi à cette classe. Quelques variétés abondent en pyrites, d’autres sont entremèlées de couches minces de pierre calcaire et de coquillages. On retrouve ces substances en parcelles ou en cailloux parmi les cendres. . | rl |

Ïl faut plus de chaleur pour carboniser ces combustibles que ceux de la première classe.

Le gaz hydrogène carburé qui en résulte est ordinairement chargé d'hydrogène sulfuré. Le fluide qu'on en ure par la disüllation contient une portion considérable de sulfate , de carbonaie et d’'hydrosulfure d’ammoniaque.

Un mélange bien entendu des deux classes de charbons produit le combustible le plus économique et le mieux approprié aux usages, soit des appartemens , soit des cuisines. Deux parties du charbon fort et gras de la deuxième classe, mêlé avec une parte du charbon léger de la première classe, est la combinaison la plus favorable. Plus on augmente la proportion du charbon léger, plus le feu est facile à conduire, et donne une flamme vive et gaie; mais aussi l'intensité et la durée de la chaleur diminuent dans la même proportion. R

Les charbons de la troisième classe sont ceux qui sont à peu près dépourvus de bitume : ils consistent presqu’entièrement en carbone, dans un état particulier d'aggrégation, combiné chimiquement avec beaucoup de terre.

Cette classe de charbons exige , pour entrer en ignition , une température beaucoup plus élevée. La fumée est peu considérable , et pres-

(155 ) que nulle. Ils brülent avec une flamme faible et basse ; 1l est même quelques variétés qui ne donnent point de flamme du tout, et qui produisent seulement une lueur rouge semblable a celle du charbon de bois ; ils se consument jusqu'à la fin, sans former d’agglomérations. Ce combustible laisse très -peu de cendres ; soumis à la disuillauon, il rend fort peu de goudron. La petite quantité qu'on en recueille n’a guère que la consistance de la poix ; il s’en exhale en outre un mélange gazeux de gaz oxide de carbone et d'hydrogène. Les, charbons de la troisième classe ne peuvent donc être employés pour la disullation du gaz propre à l’éclairage. Cependant le coke qui en résulte est excellent. Les charbons fossiles de Kilkenny, du pays de Galles , et le charbon de pierre appartiennent à cette classe. |

Il y a une multitude d'opinions relativement à l’origine ou à la formation du charbon. de terre. Les sayvans qui semblent les plus pro-. pres à en juger, sont dans une contradiction complète.

La pesanteur spécifique considérable, la dureté , la contexture et la difficulté que certaines varlélés éprouvent pour brüûter, ont fait | croire à d'habiles minéralogistes que le char-

bon de terre est une substance terreuse, fortement imprégnée de pétrole et de bitume.

D’autres ont pensé qu'il tire son origine dur séjour de la mer, et qu'il s’est formé de graisse ou de matière sébacée, déposées successivement par les innombrables familles d'animaux qui peuplent l'Océan. Cette masse de matière se serait accumulée , et aurait fini par former différentes couches, en raison des changemens qu'ont subis la surface du globe et les réservoirs des eaux de l'Océan. Tel est Pavis du docteur Hutton (1): il est persuadé que le charbon de terre doit son origine, en partie, au dépôt des matières grasses provenant de la dissolution des divers animaux marins, et pour le restant, aux végétaux qui sont continuellement en detritus sur la surface de la terre, ou au fond de la mer. | 8

Quelques naturalistes se sont eflorcés de prouver que les mines de charbon de terre viennent de la décomposition où de la dislo-

(1) L'opinion du docteur Hutton parait la plus vraïsemblable, vu que la liqueur ammoniaeale, qui est une partie constituante d’un huitième jusqu’à un dixième. de charbon de terre , est un alkali animal, et qu’au contraire les bois fournissent un acide vegetal. ( Voie du trad. )

cation de certaines montagnes. M. Kirwan est de cette opinion. | .

Il est étranger à l’objet de notre traité de prononcer sur le mérite de ces systèmes et de beaucoup d’autres. Nous nous bornerons à dire que l'opinion qui semble la mieux fondée sur l'observation, est celle qui consiste à regarder le charbon de terre comme un produit du règne végétal. Lorsque l’on considère la situation du charbon de terre et des couches interposées par filons qui annoncent évidemment un dépôt formé graduellement au sem des eaux, On est tout disposé à reconnaître dans le charbon de terre une origine sous-marine.

Par-tout où existent des mines de ce fossile, on est sûr de trouver de nombreux vestiges de végétaux. Les morceaux compactes offrent souvent une apparence ligneuse. Enfin l’on remarque une transition régulière et successive du bois imprégné de bitume, à l’état de charbon plus ou moins parfait ; et tout cela suflit certainement pour attester que cette substance provient de la décomposition des végétaux.

Quant au mode précis et aux agens par le moyen desquels la combinaison est opérée, et quant aux époques successives de la formation de différentes couches , ce sera éternellement

la matière de théories plus ou moins probables, ou plus où moins bizarres. Très-éloignées sans doute de la vérité, elles sont cependant utiles pour exciter l’ardeur des recherches, et pour rassembler les faits les plus importans et les plus curieux de la géologie. Entrer dans cette discussion, ce serait nous éloigner trop de l’objet qui doit nous occuper.

Voici un calcul qui prouvera combien de temps, selon toute probabilité , les seules rivières de Tyne et de Weare pourront fournir du charbon de terre à la Grande-Bretagne :

1° Les filons de ce fossile, que l’on exploite actuellement à Newcastle et à Sunderland, ont quinze milles de largeur sur vingt de longueur ;

2° Chaque filon a pour terme moyen quatre pieds et demi d’é épaisseur ;

3° Il suffit d’en conserver un sixième pour les piliers qui soutiennent les galeries des mines ; 4 L'expérience a prouvé qu'une verge (trois pieds anglais) cube pèse un tonneau ou deux milliers. La consommation totale du charbon de terre par les rivières de Tyne et de Weare , est, d’après les registres , en chaldrons de Londres chaldrons. (mesure de trente-six boisseaux), de. « . 2,300,000 Nombre des tonneaux , dans la quantité ci-dessus , en estimant le chaldron de Londres à vingt-sept quintaux. . +. . . 3,100,000

Nous avons dit qu’un tonneau pesant de

charbon occupe dans la terre l’espace d’une

verge cube.

Le nombre de verges cubes par mille

DUNTC CRU: 7 et ete Lab 7. … r-1 0008 Les filons de charbon de terre ont gene-

ralement quatre pieds et demi d’épaisseur,

ce qui augmente le nombre ci-dessus de

verges cubes par mille carré , de la moitié

de la quantité des verges cubes, et par cou-

Nénent de. 2 4. LU Sa late MS Se De là résulte que le mille carré de char-

bon de terre contient en verges cubes et

tonneaux de charbon. . . . . . . . 4,645,000 Sur quoi il faut déduire, pour le sixième

formant les piliers destinés à soutenir les

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