to
««8. M. Lévy a éj^lement résumé dans le tableau suivanih coDdilions dans lesquelles s'est exéculé le fonçage de onze aiaicresscs par le même système.
Si
JS
oS
aa
aa
tk
SI
SS
fi
Si
SI
rr
sa
co
SI
ss.
lî
gR
Si
en
en
es
ce
eo
co
cr
co
sa
Si
"Sa
a o en
es
cr
CO
co
en
«ïl
co
iO
Od
290 CHAPITRE YI.
Accidents et réparations au cuvelage dans les puits exécutés
par le système Kind et Cbaudron.
••!• On a souvent manifeslé des craintes à l'égard des ruptures auxquelles peuvent donner lieu les tronçons mélalliques dont la rigidité se prête peu aux mouvements de terrains que provoquent les travaux d'exploitation. L'expérience a^ en quelque sorte, justifié ces craintes, en ce sens que, sur une quarantaine de puits cuvelés, jusqu'à ce jour, par le procédé Kind et Chaudron, on peut en citer cinq ou six dans lesquels des cassures se sont produites; mais on peut également dire, par contre, que tous les accidents de celle nature constatés jusqu'ici ont pu être répands sans trop de difficultés.
Au puits Sainte-Barbe, à Péronnes (Belgique), le cylindre inférieur de la colonne métallique, (celui qui constitue la boite à mousse\ se brisa pendant la descente même du cuvelage, sans pour cela empêcher le tassement de la mousse: les suintements qui s'en suivirent furent arrêtés au moyen d'un faux cuvelage composé de panneaux en fonte, qui isola la cassure. D'autres ruptures qui se sont manifestées dans le même puits ont pu être réparées en rivant des plaques de cuivre, puis en armant les tronçons de cercles, et en montant, à l'intérieur de la tour en fonte, une colonne de cuvelage en tôle armée de fer en ^. A Yun des puits de l'Hôpital, des cassures produites dans les brides par le tassement des terrains, ont été réparées au moyen d'un fourreau en fonte emboîtant le joint; des feuilles de plomb de 0",005 furent interposées entre le cuvelage avarié et ce fourreau et elles furent matées aux extrémités.
L'accident qui s'est produit en 1875, à la suite du foneage, par le procédé Kind et Chaudron, de la fosse n» A de Bruay, a vivement préoccupé les ingénieurs; il a pu, comme les autres, être réparé. Voici dans quels termes cet accident est raconté dans les comptes rendus du Congres tenu à Douai en 1876 par la Société de rindustrie minérale (*) :
(•) Bulletin de la Société de l'Induttrie minérale^ 2' scrîe, t. Vf.
« Le bétonnage avait été terminé le 5 janvier 1876. Quelque emps après, on se mit à épuiser Teau; le l*^** mars 1876 on avait .baissé la surface à la profondeur de 48 mètres, lorsque tout à oup cette surface monta rapidement et malgré tous les efforts, eau reprit son niveau primitif. Il était clair que le cuvelage l'était malheureusement plus étanche, qu'une fuite venait de s'y léclarer; une pièce du cuvelage s'était-elle fissurée? La boite à nousse avait-elle cessé de bien tenir les eaux? Il était impossible le le savoir. Bref, on n'a pas tardé à se décider à monter une machine d'exhaure pour mettre le puils à sec, aller voir ce qui était réellement arrivé et y porter remède.
Lors du passage du Congrès, cette machine était en moulage; elle devait actionner deux pompes aspirantes et soulevantes, Tinférieure de0™,60,la supérieure de 0™,S6 de diamètre au piston; la hauteur pour chaque jeu était de S8 à 60 mètres ; le piston à vapeur avait l'",46 de diamètre et devait fournir une course de 2'",80 ; on comptait marcher à six coups par minute; la maîtresse tige avait 0",2JJ d'équarrissage.
Voici maintenant ce qui s'est passé depuis: mise en marche dans le courant de novembre,la pompe a asséché le puits sans difileulté, n ayant eu affaire qu'à un débit de 35 litres par seconde, soit 126 mètres cubes à l'heure. On a pu aller constater que le mal était venu de la boite à mousse, qui n'avait pas convenablement fonctionné , et donnait passage à l'eau. En descendant, la pièce inférieure de cette boite s'était placée en travers, laissant ainsi tout le jeu compris entre elle et la paroi du puits, d'un seul côté de cette paroi. On essaya d'abord de la remettre d'aplomb en agissant sous elle à l'aide de douze vérins, reposant sur une croisée en bois placée à un niveau inférieur : mais malgré des efforts poussés jusqu'à la dernière limite, la bonne position ne put être complètement regagnée. Alors on s'est décidé à fermer le joint irrégulier compris entre cette pièce inférieure et la précédente, à l'aide d'une espèce de stufflng-box; pour cela on a fait usage d'un anneau en cuivre qui a été maté à fond; on a placé dessus un cercle complet en caoutchouc qu'on a comprimé énergique-
ment à l'aide d'un cercle en fer, en prenant point d'appui sur !*; collet d'un faux cuvelage rapporté en dedans de la boileàmoosd Cette réparation a parfaitement réussi et depuis le 7 février 1877 Fapprofondissement a été repris, le cuvelage étant terminé. ^
Sondages de grand diamètre; forage des ptiits de mine i niveau plein el à pleine section par MM. Lippmann et C
9tt&. D'habiles sondeurs, s'appliquant à perfectionner de plos en plus leur outillage et à en augmenter la puissance, n'ont pââ craint d'aborder des forages de grands diamètres et de les pousse! à de très-grandes profondeurs.
M. Kind a exécuté de 1855 à i 861 le puits artésien de Pass}. poussé à S87 mètres avec un diamètre final de 0™,70; MM. Degousée et Laurent et MM. Dru frères ont, plus récemment, e\^ eu té pour la ville de Paris les forages plus remarquables enccft: de la place Hébert et de la butte aux Cailles; le diamètre de deoi mètres pour les forages de cette importance n'effraie plus h entrepreneurs. De là, à forer, de la même façon, les puils c mine, il n'y avait qu'un pas que MM. Lippmann et C^^ ont fnuh chi en exécutant, avec l'outillage qu'ils ont exposé au Champ d: Mars en 1878, le foneage du puits de Rhein-Elbe, sur 4™,30dr diamètre et à 100 mètres de profondeur; ils ont entrepris égakment, en Westphalie, un puits semblable, le puits de Kœnigsbour qui doit être poussé à 200 mètres de profondeur. Du resU. MM. Kind et Chaudron avaient ouvert la voie des forages 1 grande section; on devait s'attendre à leur trouver des imitateurs parmi les grands entrepreneurs de sondages.
Les figures 392 et 393, planche XXIII représentent le grac^ trépan de 4™,3S de MM. Lippmann et O^ ; ce trépan est sumionit de sa coulisse dont le jeu s'explique suffisamment par rinspecti*^ du dessin.
Le fût proprement dit est en fer forgé et pèse environ iM kilogrammes; le dessin le représente en une seule pièce, et itî
juMI a été employé dans le fonçage du puits de Rhein-EIbe, mais, à cause de la diflQculté de constniction, MM. Ed. Lippmann d C^^ ont dû. dans leur nouveau fonçage Je transformer et rendre i ndépendantes les deux fourches latérales qui se subdivisent ellesxnêmes en deux parties pour s'assembler sur le porte-lames. Le i.répan ainsi formé est composé de trois pièces solidement clavefées à la naissance des branches; il a donné à Kœnigsbour de bons résultats.
Le fût est claveté sur le porte-lames dont la forme est très- Tavorable à l'attaque du fond; la disposition des lames est telle que dans Tempreinte formée sur le fond du puits par une révolution complète fournie par huit positions, tous les points d'un secteur sont régulièrement recoupés. L'ensemble du trépan et du porte-lames qui forment le poids de chute dans le battage est d'environ i 8.000 kilogrammes.
Les figures 594 et 595 montrent comment est disposée la caisse à soupapes dont MM. Éd. Lippmann et C>» font usage pour le forage des puits de grand diamètre.
Fonçage des puits sous stot.
\. L'approfondissement d'un puits de mine, sans interruption du service de l'extraction, s'opère en retenant, pendant toute la durée du creusement, les eaux dans l'ancien puisard ou hougniou sous lequel on laisse momentanément, à cet effet, un massif protecteur (un stot), suffisant pour résister aux chutes de cages, de berlines, etc., et pour empêcher toute filtration. Ce stot est destiné à être abattu lorsque, le fonçage terminé, il ne restera plus qu'à opérer le raccordement des deux tronçons et à achever les dernières appropriations. On creuse, à une petite distance du puits à approfondir, un petit puits, ou beurtia, auquel on donne une profondeur en rapport avec l'épaisseur à réserver au stot, et que l'on réunit, par des galeries au sommet, c'est-à-dire au niveau de l'ancien accrochage, et à la base, c'est-à-dire à la naissance de l'ap-
profondissement. Les déblais provenant de rapprorondissemeDt sont élevés, au moyen de deux treuils, au niveau de Fancien accn> chage, d'où on les expédie au jour avec les produits de rexlra«'tion; cette triple élévation, et le roulage obligé dans la galerie de recoupe inférieure, sont des opérations embarrassantes et coûteuses; de plus le raccord rigoureux des deux tronçons exige de> opérations géométriques délicates et présente des chances d^însuccès.
Pour obvier à ces inconvénients, M. Lisbet a employé aux mines de Liévin, pour le raval des puits n^ i et 2, une méthode qui participe à la fois de l'approfondissement direct et de l'approfondissement sous stot. Elle consiste à établir, à travers le slot. deux petits puits artificiels en fonte ou en tôle, à l'aplomb du goyau par lequel s'opère alors, du jour, l'extraction des déblais: l'un des tubes a un diamètre suffisant pour le passage des hommes et des vases d'extraction; l'autre, plus petit, sert au retour daîr. Le pourtour de ces tubes est naturellement cimenté. L'approfondissement des puits de Liévin exécuté sur 81 "",80 par le procédé imaginé par M. Lisbet a procuré une économie de 19.000 francs sur la dépense à laquelle eût donné lieu l'application de l'ancien système.
•e7. La Compagnie des Mines de Maries a réalisé la même idée, en établissant en prolongement du petit compartiment, dans le bougniou, une cloison solide et étanche ab (Gg. 397, pi. XXIII}. ce qui lui a permis d'accorder une section plus grande au service de l'extraction des déblais et d'assurer une certitude plus complète pour un raccordement rigoureux. Le retour d'air s'opérait par un beurtia latéral foncé en prolongement d'un puits spécial d'aérage qui, dans la traversée du terrain houiller, remplace à cette fosse le goyau. L'extraction des déblais se faisait à laide d'un treuil à vapeur alimenté par une chaudière à vapeur, placés tous deux au niveau de l'accrochage. Les figures 397 à 400 montrent les dispositions générales adoptées par la Compagnie de Maries.
f 8" Leçon*
LES MÉTHODES d'eXPLOITATION.
II. — Considérations générales sur l'ensemble des travaux d'une mine et sur les méthodes d'exploitation.
ses. Nous avons vu, dans les chapitres précédents, comment se présentent, dans la nature, les différentes sortes de gisements, à quelles modifications leur allure est fréquemment soumise et c]uels sont les principes qui dirigent le mineur quand il se trouve vn présence de diOicultés souterraines dues à des phénomènes géologiques qui ont affecté la continuité du gite ou altéré la nuture des roches qui le composent. Nous avons ensuite passé en revue les considérations qui guident l'explorateur et les moyens mécaniques que l'art met à sa disposition pour la recherche des gisements industriels, puis nous avons vu comment s'opèrent Tabatage des roches et le soutènement des diverses excavations auxquelles donne lieu l'exploitation des mines. Enfin le fonçage des puits de mines à travers les terrains ébouleux et aquifères a été traité pendant trois leçons avec tous les détails que comporte cette importante question.
Nous allons maintenant aborder l'exploitation proprement dite et poser une série de principes généraux sur lesquels repose l'organisation des travaux d'une mine.
Travaux de premier établissement. — Travaox préparatoires. —
Travaux d'exploitation.
^ Dans l'ensemble des travaux qu'exige Fexploitation raticonelle d'un gisement, on distingue :
1® Les travaux de premier établissement; 2<» Les travaux préparatoires ; 3® Les travaux d'exploitation .
Les travaux de premier établissement sont ceux qui doivent être faits tout d'abord et une fois pour toutes, pour atteindrf 1^ gîte et organiser les moyens d'extraction, d'épuisement, de ventilation, sur les points où l'exploitation a été décidée.
Les travaux préparatoires, qui succèdent aux travaux de premier établissement, ont pour but d'assurer une production déterminée, et de mettre cette production à l'abri des fluctuations qt/n la rencontre d'accidents géologiques ou l'épuisement des zont^ exploitées pourraient faire naître. Ils comprennent les galeries à travers-bancs ou bowcttes qui recoupent, à différents niveaux. !e> couches connues, et se prolongent à la rencontre de veines nouvelles ^ ils comprennent encore les approfondissements suaîes>'f^ que les puits doivent subir, au fur et à mesure que s'épuisent et s'abandonnent les étages supérieurs, les premiers mis en cipioîtation. Ils ne constituent pas, comme les premiers, une période unique, la période préliminaire, mais ils ont, au contraire, un caractère de permanence qui les distingue, car ils doivenl con-
stamment prendre l'avance sur l'exploitation du moment, et ]»*<" parer l'exploitation future dans une mesure que détermine l'* degré de rapidité avec laquelle s'épuisent les zones en voie de pi^ duction. L'avenir d'une exploitation dépend de la sagacité avec laquelle sont conduits les travaux préparatoires. En raison d^ leur caractère de continuité, les dépenses auxquelles donnent lieu les travaux préparatoires, sont toujours admises comme oa
des éléments du prix de revient, elles sont régulièrement amorties par l'exploitation.
Les travaux d'exploitation s'étendent dans les différentes couches en relation avec un même puits; ils alimentent la production immédiate.
Sièges d*extractlon. — Cbamp d'exploitation attribué à un puits d'extraction.
S70. Les travaux qu'on développe dans un gite exploitable se groupent autour d'un ou de plusieurs sièges d'extraction. Dans les pays accidentés, ces centres de production sont parfois constitués par des galeries débouchant au jour; mais, dans la plupart des cas, le siège d'extraction est un puits que l'on arme de moyens mécaniques suflSsants pour faire face à l'extraction des produits que peut quotidiennement fournir la surface ou le champ d'exploitation que ce siège est appelé à desservir.
L'étendue du champ d'exploitation réservé à un puits d'extraction dépend: l^^ de la production dont le gisement est susceptible par mètre carré de surface horizontale ; 2^ de la profondeur à donner à ce puits et des difficultés plus ou moins grandes que présente son exécution. Les puits profonds exigent des installations puissantes et coûteuses et les puits d'une exécution diflieile entraînent, on Ta vu, à des dépenses de fonçage qu'il faut répéter le moins souvent possible : on cherche donc à étendre, autant que faire se peut, leur champ d'exploitation, surtout quand la production, par mètre carré de surface concédée, est peu considérable.
Dans le pays de Charleroi, on atteint des profondeurs de 800 à 900 mètres, et l'on se préoccupe, depuis longtemps déjà, des moyens d'exploiter pratiquement la houille (c'est-à-dire sans une augmention de frais trop sensible, et une diminution notable de production), à plus de 1.000 mètres, profondeur à laquelle des puits sont parvenus dans certaines mines métalliques d'Allemagne.
Dans le bassin de la Loire et sur d'autres points du centre de la France, où le terrain houillcr affleure à la surface du sol et où l'on n'a pas de niveaux diflieiles à traverser, on réservait autrefois un périmètre d'exploitation assez restreint aux puits d'extraction, qu en raison de leur faible profondeur et de leur facile exécution on creusait à des intervalles peu éloignés. Mais^ au fur et à mesure que la profondeur des puits a augmenté, on a été conduit à en diminuer le nombre et à armer les sièges d extraction d'un outillage plus puissant, répondant à une production journalière plus considérable.
Dans les districts houillers du Nord de la France et de la Belgique, où les sièges d'extraction sont d'une exécution dispendieuse, on les écarte fréquemment de 4.000 à 2.000 mètres, ce qui revient à dire que le champ d'exploitation réservé à une fosse s'étend de chaque côté du puits, suivant la direction générale des veines à une distance qui varie de 500 à 1.000 mètres. Il est bon, du reste, de remarquer, en passant, que la nature friable des roches et les difficultés de soutènement dans les mauvais terrains peuvent amener l'exploitant à restreindre, dans une certaine mesure, le champ d'exploitation d'un puits, pour diminuer les frais d'entretien des galeries qui le desservent.
Desserte d*un champ d'exploitation par un ou par plusieurs puits.
aîi. Dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, dans la région houillère de Newcastle ainsi que dans les bassins de la Ruhr et de Sarre-et-iMoselle où l'épaisseur des morts-terrains et leur nature essentiellement aquifèrerend rétablissement des puits de mine fort dispendieux, les exploitants sont autorisés à déhouiller un champ d'exploitation étendu par un puits unique qui sert à la fois à l'extraction de la houille et des déblais ou terres ainsi qu'à l'épuisement des eaux, à la descente et à la remonte des ouvriers et enfin à la ventilation que rend possible une cloison verticale réservant pour le retour d'air un com-
DIX-Hl'ITIÈME LEÇO?I. 299
parti ment d'aérage ou goyau. Mais il convient de ne considérer cette autorisation que comme une simple tolérance dont on ne doit user que tant qu'il est impossible de faire autrement. Toutes les fois que les conditions de Texploitation se prêtent à la mise en communication de deux puils pouvant desservir une même zone minérale, on ne doit jamais hésiler à établir cette communication dont l'importance, déjà grande dans les circonstances ordinaires, devient plus grande encore quand il s'agît de mines dégageant beaucoup de grisou. Il est avantageux dans ce cas de supprimer les goyaux et de faire servir l'un des puits à l'entrée de Tair fniis tandis que l'autre sert à la sortie de l'air contaminé par sa circulation dans les chantiers souterrains. J'aurai, par la suite, occasion d'insister sur les avantages qu'offre cette suppression des goyaux au point de vue de la ventilation et de montrer le danger d'exploiter, par un puits unique, des veines dégageant du grisou; mais les catastrophes résultant des explosions souterraines ne sont pas les seules conséquences fâcheuses auxquelles on ws'expose en desservant une mine par un seul puits; lu production de cette mine se trouve compromise toutes les fois qu'il se produit un accident exigeant une réparation importante à la colonne du puits ou aux appareils d'extraction, d'épuisement et de ventilation. Dans une mine, les conséquences d'un chômage prolongé sont toujours graves et celles d'une suspension de travail de peu de durée affectent même le prix de revient d'une façon sensible; on évite ces difficultés quand deux puits en communication sont munis des appareils nécessaires pour assurer les services divers que comporte une exploitation.
Prodaction d*un puits; usage des puits Jumeaux.
99t. Les installations primitives dont les puits de mine étaient pourvus il y a trente ou quarante ans ne permettaient guère d'extraire plus d'un millier d'hectolitres par jour. Aujourd'hui les appareils puissants et perfectionnés dont on munit les sièges
d extraction dans les charbonnages sont susceptibles d*eitraif« un tonnage journalier considérable : les productions de 4.O00 à 6.000 hectolitres par puits sont ordinaires dans notre région industrielle; celles de 8.000 à 10.000 hectolitres deviennent de plus en plus fréquentes dans les bassins houillers importants; elles sont, dans certains cas, dépassées.
Les fortes productions que Ton aborde aujourd'hui dans h mines de houille, ont amené beaucoup d'exploitants à écarter tout ce qui, dans un puits d'extraction^ peut entraver le montage du charbon. Combinant ce désir avec la nécessité d'avoir deoi puits en communication pour un même champ d'exploitation ils en sont arrivés à l'usage fréquent des puil^ jumeaux^ c'està-dire de deux puits voisins. Tantôt chacun de ces puits sert ^ l'extraction, l'un desservant un étage supérieur, l'autre un éta? inférieur de l'exploitation pour éviter les lenteurs et les manoeovres qui résultent d'une extraction à plusieurs étages par u: même puits; tantôt, et c'est le cas le plus fréquent, l'un dtr^ puits sert particulièrement à la descente des bois et du remblai, à la remonte des terres et à la circulation des ouvriers, tandis que l'autre est exclusivement réservé ù l'extraction de la houilk
Ce qu'on entend par méthodes d'exploitation : eUes se dWiseot
en trois catégories.
^vs. Les travaux de premier établissement d'une mine élaai terminés et les travaux préparatoires ayant découpé le gîte a étages d'une hauteur déterminée, on aborde la période productive en attaquant les champs d'exploitation partiels. Les travâiu d'exploitation qui caractérisent cette période productive, seitécutent suivant une série de principes rationnels et théoriquts applicables à des gisements placés dans des conditions bien reconnues et bien déterminées.
L'ensemble de ces principes constitue les méthodes d'explot tation. Ces méthodes peuvent se ranger en trois catégorie^:
i^ Les méthodes par remblais; 3t^ Les méthodes par dépilages; 3^ Les méthodes par piliers aba
I — ^ abandonnés.
Dans les méthodes par remblais, la matière utile du gite est enlevée en totalité et le vide compris entre les épontes est remblayé complètement ou partiellement, soit avec les roches stériles du gisement lui-même, soit avec des remblais descendus de la surface. Dans les méthodes par dépilages, le gite est découpé en piliers que les mineurs cherchent à reprendre ultérieurement en battant en retraite et en laissant le toit s'ébouler derrière eux. Quelles que soient les précautions prises dans l'application des méthodes par dépilages, il est difficile, sinon impossible, de ne pas perdre une certaine quantité de matière utile ; lorsqu'il s'agit de houilles friables, pyriteuses et d'une inflammation facile, leur abandon dans les éboulements provoque des combustions spontanées et des incendies souterrains. En un mot, ces méthodes qui disloquent profondément le terrain et produisent des dégradations à la surface, ouvrent la porte au gaspillage et présentent souvent des dangers; aussi les abandonne-t-on de plus en plus; elles ne sont d'ailleurs applicables qu'à des gites de puissance moyenne exploités à de grandes profondeurs.
Quant aux méthodes par piliers abandonnés , elles consistent, comme leur dénomination l'indique, à découper le gite par des traçages en piliers qui restent comme soutiens. Ces traçages constituent ainsi la seule exploitation productive. On sacriGe généralement, avec ces méthodes, une partie qui peut varier du quart à la moitié de la matière utile du gite; elles s'appliquent de plus en plus rarement à des gisements ne contenant que des matières de peu de valeur, et quand on ne peut facilement se procurer les remblais qui seraient nécessaires pour une explpitation plus parfaite.
En définitive les méthodes d'exploitation par remblais sont à la fois les plus rationnelles et les plus répandues; leur supériorité
sur les autres méthodes est d'autant plus grande qu'il s'api giles plus puissants et que la matière qui remplit les éponlf une plus grande valeur.
Généralités sur le choix et sur rappllcation des méthodes d*ezploiUI
994. Quelle que soit la méthode à laquelle sarréte Hnj nieur, il doit s'efforcer de faciliter Tabatage par une bonne position des chantiers^ chercher à réduire à leur minimura développement des galeries à entretenir, procurer aux travai une ventilation suffisante et s'attacher, par une concen I ration bii entendue, à rendre la production par zone importante et la veillance des chantiers facile; enfin il doit, et c'est sans eonti le point le plus important, conduire avec mesure et sagacité b travaux préparatoires.
Etant donné un gisement, on doit l'exploiter avec prévoyanrt économie, sécurité : il faut, pour cela, bien choisir la méthixif d'exploitation qui lui convient, mais la méthode une fois choisiV. il faut surtout l'appliquer rigoureusement. Un praticien habil. M. Devillaine.aditet a même imprimé qu'une méthode médiocn. mais pratiquement bien observée, offre peut-être plus d'avanla^r qu'une méthode théoriquement excellente, mais imparfaiteineot appliquée.
Dans le choix, comme dans l'application d'une méthode i'nploitalion, l'ingénieur doit tenir compte : i^ de la puissance du gite; 2^ de sa nature; o^ de sa structure tant au point de vue da clivage des roches qu'au point de vue de la quantité de remblais que fournit le mètre d'avancement; 4° de lïnclinaison ; 5« de la régularité de l'allure; 6^ de la nature, de la dureté et de la solidité des épontes; 7° de la quantité d'eau que donne le gîte; S'^dts précautions à prendre pour raérage,s'il s'agit, par exemple, d'ooe mine qui dégage du grisou ; 9"^ de la nécessité d'éviter les incendies, conséquence d'une combustion spontanée, s'il s'agit dun combustible qui se délite et s'échauffe facilement. D'autres circonstances telles que le prix des bois, les difficultés de la main-
rceuvre, etc.. etc., peuvent influer sur la manière dont il conrieni d'exploiter un gisement.
En ce qui concerne Tordre dans lequel les diiïérents étages loivent être attaqués dans une mine exploitée par une méthode |iielconque, on admet généralement Tordre descendant, c'est-àlire qu'on commence d'abord par Télage supérieur. Bien que ce ne soit pas là une règle absolue, elle devient une obligation pour les giles puissants et inclinés, car elle permet de soustraire les parlies intactes à Taction des tassements qui s'opèrent dans les parties exploitées. Il va sans dire, d'ailleurs, que lorsque la richesse d'un étage n'est pas suffisante pour alimenter un centre de production, on n'hésite généralement pas à exploiter simultanément plusieurs étages.
Quant à Tordre dans lequel les difi'érentes couches d'un même gisement doivent être mises en exploitation , il ne présente un réel intérêt que s'il s'agit de couches puissantes et rapprochées; dans ce cas et pour la raison exprimée au paragraphe précédent, c'est-à-dire pour soustraire à Taction des parties exploitées les parties encore vierges, il convient d'adopter Tordre descendant, c'est-à-dire d'exploiter d'abord les veines du toit. Mais lorsqu'il s'agit de couches minces ou de puissance moyenne, assez éloignées les unes des autres. Tordre d'exploitation devient indifférent; la plupart du temps, dans de pareils gisements, l'exploitation n'est du reste avantageuse qu'à la condition de la développer simultanément dans plusieurs veines.
§ 2. — Méthodes d'exploitation applicables aux filons
et aux amas.
995. On doit distinguer parmi les méthodes d'exploitation applicables aux gisements d'origine (ilonnienne, celles qui sont spéciales aux filons de faible puissance, et celles qui sont réservées aux filons puissants et aux amas. En ce qui concerne les gisements qui se rangent dans celte deuxième catégorie, il faut
encore considérer deux cas : l*» celui où le gîle fournit les matériaux nécessaires au remplissage des vides, c'est le cas le pins fréquent; 2» celui où, au contraire, on ne trouve dans le gisement qu'une quantité insuffisante de remblais. Quant aux g^tes peu puissants, les matériaux stériles nécessaires au remblayage complet des excavations ne fait généralement pas défaut, car ou a vu, dans la première leçon, qu'un des caractères distinctifs des filons est la dissémination de la matière utile au milieu d'une gangue habituellement abondante.
1° Filons de faible puissance.
tve. On applique aux filons métalliques dont la puissance ne dépasse pas 2™,S0, deux méthodes d'exploitation basées sur le remplissage complet des vides; elles comportent toutes deux les mêmes travaux préliminaires, c'est-à-dire que leur application est précédée d'un système de traçage identique.
Le gîte ayant été recoupé par une série de galeries à traversbancs qui divisent le terrain en étages de 15 mètres a 50 mètres de hauteur verticale, on chasse à chaque niveau, à droite et à gauche du point où le filon a été atteint, des galeries en direction qu'on pousse jusqu'aux limites du champ d'exploitation et qui marquent dans le plan de la couche la base et le sommet de chaque étage. Ce premier système de galerie est recoupe par des voies montantes poussées suivant l'inclinaison du filon; celui-ci se trouve ainsi découpé en piliers ou massifs rectangulaires ayant la hauteur d'un étage et une longueur qui est au moins de io mètres et qui parfois dépasse 50 mètres. Cette division du gite en piliers est représentée (fig. 401 et 402, pi. XXFV).
Les deux méthodes qui nous occupent diffèrent l'une de l'autre par la manière dont s'opère le dépilage de chacun de ces massif^.
DIXrHlJITlÈME LEÇON. 305
Méthode par gradios renversés.
9. Dans la mélhode par gradins renversés, l'attaque des massifs se fait par l'un des angles inférieurs (fig. 40i, pi. XXIV). On prend à la naissance d'une cheminée une première taille horizontale de 1™,50 à 2 mèlres de hauteur en abattant le faite de la voie de fond. Le minerai abattu tombe sur le sol où un triage est opéré par le mineur qui rejette les matières stériles sur un fort plancher ou sur une voûte couronnant la galerie.
Quand cette première taille est avancée de quelques mètres, on en commence une seconde au-dessus de la première, en partant de la même cheminée. Les mineurs qui mènent cette deuxième taille en s'avançant sur les remblais de la première, jettent derrière eux les matières stériles, tandis que le minerai est dirigé sur la voie de fond où il est chargé dans des wagonnets pour être transporté au puits d'extraction ou bien à une galerie à travershancs aboutissant au jour. Une troisième taille est ensuite prise au-dessus de la seconde et ainsi de suite, de telle sorte que pour les mineurs placés sur les remblais, l'ensemble des fronts de taille offre laspect d'un escalier qui serait vu par-dessous, ce qui justifie la dénomination de gradins renversés, donnée à cette méthode d'exploitation.
On peut, en partant d'une même cheminée, attaquer à la fois deux massifs, comme on le voit en a (fig. 401). On peut encore, au lieu de partir d'un angle de massif, s'élever dans le milieu par un montage qui se poursuit pendant qu'on développe les tailles à droite et à gauche (comme on le voit en 6). Enfin, on évite le plus souvent de faire descendre le minerai de gradin en gradin, en ménageant des cheminées dans les remblais ; celles-ci peuvent être munies, à la partie inférieure, d'une trappe ou d'une trémie permettant de charger rapidement les wagonnets sur la voie de fond, disposition que nous verrons également appliquée