‹ Traité pratique de la constructionChapitre 118 sur 234 · La cappa se décompose en deux parties : la robe ou man · texte numérisé non relu

La cappa se décompose en deux parties : la robe ou man

« 3. An hiijusmodi consuetudo toleranda sit, cum ob majorem catliedralis ecclesiîE capitulique decorem, tum etiam ad evitandam omaem avaritiae suspicionem?

« Yâ s. cadem C ccnsuit : Quoad 1, habentibua usuin cappae uon Hcere wli ulmutio. Qiio vero ad 2 et 3, remisitad suosjudices. Die 13 JuUi 1G75. »

teau, avec sa longue queue et le chaperon, avec son capuchon.

Il y a deux sortes de cappa : la cappa épiscopale et la cappa canoniale. L'une et l'autre n'ont de jdifférence que pour la coupe du manteau, la couleur et l'étoffe restant identiques.

L'évêque, dans son diocèse, porte la cappa déployée, en signe de juridiction et d'autorité. Les chanoines, au contraire, la tiennent retroussée sous le bras gauche, pour témoigner leur sujétion et leur infériorité.

4. La cappa canoniaile, ainsi que s'en sont formellement exprimés plusieurs fois les souverains pontifes, doit être semblable à celle qui distingue les chanoines de Saint-Pierre du Vatican. Ainsi, le chaperon est en hermine, sans mouchetures^ avec une doublure de laine violette et de la soie rouge à l'intérieur du capuchon, qui s'attache vers l'épaule droite. Le corps même de la cappa est en laine violette (mérinos, escot), jamais en drap, ni en soie, matière interdite à l'évêque et propre aux cardinaux. 11 est réduit à une large bande plissée, avec une queue qui se plie et se ramène sous le bras gauche, où elle est suspendue à un ruban de soie violette. Cette queue prend le nom significatif de tortillon, qui, ainsi relevée, en indique très-nettement l'aspect. Les chanoines ne peuvent ia baisser que le vendredi saint, pour l'adoration delà croix.

5. Afm de pouvoir porter une cappa différente, par exemple déployée, en drap ou en soie, il faudrait un induit spécial. Dans le premier cas, la concession est toujours subordonnée au bon plaisir de l'évêque, qui pourrait être froissé de voir cette altération d'un de ses droits essentiels.

6. Pour avoir une cappa qui ne soit ni singulière ni mal faite, le mieux assurément est de la commander à Rome, où les fabricants ont sous les yeux des modèles qui ne changent, pas. Ce type, une fois importé dans un diocèse, ne peut plus varier et il est indispensable de s'y conformer strictement. Il n'appartient pas aux indultaires, par goût ou par caprice, de modifier, même dans le plus menu détail, l'objet de la conces-

sion^ qui doit rester telle qu'elle a été libellée par la chancellerie pontificale.

7. En été (on entend cette saison pour sa durée conformément au Cérémonial des évêques)^ le chapitre quitte la cappa et met alors la cotta^ garnie de dentelles, pardessus le rochet, costume d'une rare élégance, que nous serions heureux de voir introduire en France.

Quelques chapitres préfèrent la cappa d'été à la cotta. C'est leur droit, mais pour ceJa ils doivent adresser une supplique au Saint-Siège qui leur délivre un induit à l'effet de les autoriser à ce changement sur lequel il ne leur est plus loisible ensuite de revenir. Dans c(^ cas, le chaperon, dépouillé de son hermine (car l'hermine ne se prend, même en bordure, qu'à raison du froid), est en laine violette par-dessous et en soie rouge par-dessus. Ce rouge n'est pas le rouge écarlate (improprement nommé pourpre^ car la vraie pourpre est violette), mais le rouge épiscopal, de couleur foncée et cramoisie, th-ant sur Vamaranthe.

Telles sont les règles de droit commun sur l'usage de la cappa canoniale, qui est un vêtement aussi chaud et commode que riche et artistique.

Page 1