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OBJETS VIEILLIS ET PROFANATIONS

Benoît XIII termine le long chapitre que j'ai dû diviser par un dernier conseil que je vais reproduire textuellement :

« La propreté, non moins que le respect dû aux choses sacrées, exige que Ton combatte la profonda ignorance des recteurs (paix aux savants !) qui tiennent les sacristies et les

églises encombrées de croix, statues ou autres images, mutilées, difformes et d'ornements lacérés, consumés et en somme impropres au service. Il y a indécence à les conserver et c'est un respect mal entendu que de ne pas les brûler, puisque c'est par respect qu'on les livre aux flammes, suivant la disposition des saints canons, cap. SignaZl, Allaris 38, de consecr.^ dist. 1. Les cendres se jettent dans la piscine, selon la commune observance de la sainte Eglise, appuyée sur lie sentiment des saints Pères, les prescriptions des Souverains Pontifes et des conciles généraux. »

Avant de détruire un objet, déclaré par Févêque indécent ou inepte, le recteur fera bien de le soumettre à l'appréciation de gens compétents. Si c'est un objet d'art ou un don, il faut absolument le conserver ; s'il n'a aucune valeur, ni archéologique ni historique, on peut le sacrifier sans hésitation. Tout ce qui a été mis ainsi au rebut pourrait avantageusement trouver place dans une des salles de la sacristie ou du clocher et constituer un musée local; sinon, on assignerait un refuge définitif au musée diocésain.

« Les autels dégradés et abjects seront profanés. »

Préalablement, on doit y être autorisé par l'évêque sur un exposé de motifs, puis en rédiger le procès- verbal.

« Les objets sacrés ne pouvant être convertis en usages profanes, le respect oblige qu'on les^ brûle. Pour les saintes images, on suivra cette méthode :

« Le recteur s'agenouille, puis dit tout bas un Pater et un Ave, ajoutant à haute voix l'oraison du saint ou du mystère dont on a l'image. Il la dégradera ensuite révérentieusement, de façon à lui faire perdre Taspect de ce qu'elle représentait ; par exemple pour une croix, il ôtera d'abord les traverses. Puis il la posera sur le feu^, dans un lieu à part et en ayant recueilli les cendres, il les jettera dans la piscine ou autre lieu convenable, où elles ne seraient pas exposées à être foulées aux pieds.

« Si l'on devait profaner un autel, on dirait d'abord les prières ci-dessus, puis le tableau et les autres ornements sa-

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crés suaient enlevés et transportés en lieu convenable. L'autel serait ensuite entièrement découvert et on lèverait la pierre sacrée, sans la rompre, ce que fera le recteur ou un autre prêtre délégué par l'évêque, de ses propres mains ; il la nettoiera alors avec de l'eau qu'il versera dans la piscine. Les ouvriers pourront, ceci fait, démolir le massif de l'autel.

« S'il s'agissait de profaner une église, on enlèverait tous les autels dans la forme prescrite. Le lendemain^ on exhumerait tous les corps des défunts qui y ont été ensevelis, ce qui se ferait également si l'on devait profaner le cimetière. Après qu'ils ont tous été réunis ensemble, en présence du recteur ou du délégué épiscopal, on fait une prière, tourné vers le maître-autel et on les transporte processionnellement dans la nouvelle église, où l'on dira pour eux la messe des morts. L'église étant ainsi profanée, on prendra garde qu'elle ne soit pas affectée à des usages sordides, comme écurie ou chose semblable ; autrement, il faudrait en faire démolir les murs par les maçons, laissant au milieu une croix bien fixée et solide, en souvenir de ce qui fut, comme le commande le saint concile de Trente. »

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