‹ Traité pratique de la construction, de l'ameublement et de la décoration des églisesChapitre 154 sur 234 · LES ES-VOTO · texte numérisé non relu

LES ES-VOTO

1. Ex voto est une locution latine, conservée dans notre langue, qui signifie en accomplissement d'un vtpu, en manière de remerdment pour un bienfait obtenu.

L'objet otTert témoigne, clfectivemeni, de la reconnaissance du fidèle envers le saint qu'il a invoqué et qui l'a secouru.

2. Kn Italie, il se fait indifféremment en cire', en métal ou en toile peinte.

Le tableau, large d'un pied environ, représente le fait qui a motivé l'offrande : accident, chute, incendie, etc. Pans un coin, au ciel, on voit apparaître le saint protecteur, qui a assisté au moment du danger.

Le métal présente généralement la forme d'un cœur. Il est

' ■ Ego H c«ra faaua amo plctnram pieUU* «rgo faetom > (S. l. ChryM»ton.)

marcpié, ainsi que le tableau, des trois initiales P. G. R., qni ▼ealent dire Pro gratta recepta.

On monle en cire ou même on fait en .métal * des Mrps, des bvas, des jamlies, des pieds, des yeux, des seins, etc., pour exprimer une gnérison générale ou seulement partielle*. Nous repoussons, comme indécentes, les exhibitions de seins et de ventres, en cire coloriée et au naturel, qui sont si fréquentes dans le royaume de Naples. Plus qu'ailleurs, la déeence est de rigueur à l'église.

Ou offt^ encore des bijoux, des parures, des décorations, ete.

9. Ces objets ne doivent pas encombrer la châsse, Tautel on limage que l'on veut ainsi honorer. En toutes choses, il faut tenir compte de la question de goût.

A Rome, on fixe sur le mur des tablettes de bois peint auxquelles s'accrochent les vœux. Quand ils deviennent trop nombreux, comme il importe de faire place aux nouveaux, on les dépose à la sacristie ou même on les vend au proQt du culte du sainte s'ils ont quelque valeur.

4. La S. C. des Évoques et Réguliers autorise, en effet, la vente après le décès des donateurs, à la condition toutefois qu'ila ne s'y opposent pas formellement ' et qu'il n'en résul-

t Une chnrte du 5 novembre 1335, réglant une eostestatlon entre Tévéquè •t le chapitre de Notre-Dame de Paris, mentionne les divers ex-voto qui étaient offerts à la cathédrale. C'étaient des images d*or et d'argent, des flgares quelconqaeè, des dents, des fils et des cœurs de métal précieux : « De oblationibas aiitem in massa, ac imaginibus aurais et argentels, et figuris quibuscumqne, que fient in dicta Parisiensi ecclesia, dicimus et ordinamus, quod taies oblaciones suut et esse debent fabrice ecclesie Parisieusis, exceptis denttbds et filis aureis et argenteis, si qui ponantur vel oflérantur in dicta eccle •ia, qui erunt dirti doraini episcopi, et exceptis cordibus aureis et argenteis, •i qua offerantur ibidem, que dividentnr inter dominum episcopum et fabricam commnniter. » (Gnérard, Cartulaire de Notre-ùame de Paris, tom. IH. p. «71.;

* Théodoret, évéque de Cyr en Mésopotamie, écrivait an comniencement du V* siècle : « Manifesta niminum adeptœ sanitatis indlcia : nam alil quidcm oenlorum, alii porro manuum simulacra suspend unt ex argento auroque confecta. w (ùe cur, Grjecor. affect,)

' « Sacra Congregatio, attenta relatione P. Procuratoris generalis ordinis.

438 LITEŒ TREIElËm.

tera atMtm icanA^ Bten «ottiiidii, serobt «seeptét'ls» «t^eto

d'ivrt ou d'histoire, (ju'il est utile de conserver, par exemple Vépée d'jin général victorieux, iin draponii pris sur l'ennemi, l'oavoi d'uu papo ou d'un souverniu, etc. Mais ponrquoi liondrnît-on à ee qui fst vulgaire et enlaidît l'église?

5, En France, la mode est maînlonaiit d'encaalrer dos plaques de marbre dans les murailles. On dégrade ainsi Icdifl/'O sans raison, pour une pure satisfactiou personnelle, ce qui n'est pas admissible. L'aspect général est celui d'une série d'afflcIiBS, qui ne disent absolument rien et n'ont nu«m intérêt pour la masse des fidèles. Elles offrent, dn plus, l'inconvénient d'ètro à demdure, comme si elles devaient faire corps avec l'édifice. Il y a lA un abus regrettable et le conseil municipal de Paris a bien agi quand il a empêché ce vandalisme k Saiut-Sulpice.

CRAPITRE ni

LES UÉDAILLE3

1. La médaille, nummna, eat od honnear reodu^i Di«a et ans saints, en même temps qu'une protectioa sollicitée par le fidèle pour lui-mâme. Dans la vie elvile, c'est un simple Bouvenir.

3. Les médailles sont de deux sortes, piâuses où comOiémoratives. Les premières sont ordinairement de forme ovale, les secondes sont généralement circulaires.

On les fabrique en matière solide et résistante, ctûvre^ plomb, bronze, argent et or.

b«Di|iDe rammtgit nuncio 4po*tolico Polonis, nt veris etc., et danimodo quoad oola, benefactorea deceaBeriut, et non obstet illannn volnatu nuUomque timeri posait acaDdalam ex iDoram aHeDatiotie, petiLam IkenltatMB pro BDo sHiilrio et conacienUa impertiatnr. itktamen al pretjtnn «x venditlonfl redigendqm in censam In predbna expreaium inl«|^ et Udelita- epogotor aub pcBiui contra aUenantea twnt regnlarinm alfttuti*... Romn, S jnMl 1179. ■

Rome est renommée pour la beauté de gravure de ses coins vraiment artistiques.

3. Les médailles de dévotion ne doivent porter Tempreinti que de sujets pieitx. Les seuls saints autorisés sont ceux qu< le Saint-Siège a inscrits au Martyrologe Romain ou dans le Martyrologes diocésains révisés par la S. Congrégation dei RHes.

Les indulgences sont réservées à celles qui réunissent cei deux conditions ou qui ne représentent pas des bienheureux * pane qu'ils ne sont pas en possession d'un culte universel

Les médailles se bénissent par un seul signe de croix, sans eaa bénite, en vertu d'un induit qui permet d'y attacher lei mAmes indulgences que donne le pape lorsqu'il bénit les ob Jets de piété. Cotte bénédiction est nécessairement privée e non solennelle.

L'évèque aussi peut y attacher des indulgences.

Pour suspendre les médailles, on ajoute une bélière ai sommet, afin d'y passer une chaîne ou un ruban : alors oi les porte au cou ou sur ses vêtements, on les place dans s^ chambre ou le lieu qu'on veut protéger, on les fixe à soi ijhapelet, etc.

Autrefois les enseignes de pèlerinages se cousûent aus balrtts ou au chapeau.

La mfVdaille de saint Benoit a une ornementation propre dont il n'est pas loisible de s*écarter. On consultera à ce su Jet la constitution de Benoit XIY et l'opuscule de Dom Gué ranger.

Il est regrettable que la plus populaire des médailles de Ii Yierge en France représente ce qu'on appelle la médaill miraculeusty dont Teffigie inusitée repose uniquement sur l vision d'une religieuse, laquelle n'a pas reçu la sanction d

1 • Nam expédiai permittere sacra numismata cum beatorum imaginibui •iva aUoram sonctoram in romano martyrologio minime descriptorum, quibn indnlsenti» applicari possint? — Indulgentius non esse concedendas i postorom, niai sanctis descriptis in martyrologio et canonizatis. » (S. R. C.,i Ufbis, 16 jon. 1674.)

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l'Église et a été traitéo avec sévérité lievaut k S. Congrégation (les Rites.

4. Les médKillescomiuiimoratîvos no se bénisseut pas. On les frappe pour perpétuer le souvoaii' d'évéuemeuts remarquables, érections de monuments, fondations pieuses, fuies oxreptioQnelles, etc., pu encore pour distribuer aux membre» d'une même association.

Nos évêques, avant la révolution, étaieut dans i'iiabitude de lancer au peuple, à leur sacre ou Jt leur prise de possession, des jotous de joyeux avénemi^ut. I) serait à désirer qu'on reprit cet usage : do pareilles oiédailles pourraient servir aux bêuédictious de première pierro ou aux distributions de prix. D'un cflté était le portrait du prélat en buste, avec ses noms et titres en exergue ; de l'autre, ses armoiries.

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