‹ Traité pratique de la construction, de l'ameublement et de la décoration des églisesChapitre 59 sur 234 · II · texte numérisé non relu

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lait la peine d*ètre consigné à Tendroit même du mirada, oonuno il 1*a été par des inscriptions spéciales.

L*aTitorité ecclésiastique a reconnu rauthenliciié de ces divers miiMoles et a en conséquence autorisé la fête des Prodiges do l:i Viorge, qui se célèbre chaque année le 9 juillet.

l\'\\\ autres Madones ont également leur histoire. L^nnè, peinte par Simon Memmi, au xiv' siècle, était autrefois placée SiUis le portique ile lanciennc basilique Yaticane ; elle forme maiîïît'raut le retable d'un des autels do la crypte. Des individus k\\\\ jvv.iaieut s'ir la place Saint-Pierre, dans un moment d<' e(>!rr'\ lantv*>reut leurs boules de bois au visage de la Madoiw. Le ^auir eo'.i\i et cinq gouttes tombèrent sur deux dalles du pivi^ où elles ont laissé eu creux leur emprciute rougeâli\\ (!i\- marbres, oons'Tvés aussi, sont protégés par des grilles (]•; î'tT ili'rr*. pour enip^o^er que la main indis'îrète des visiteurs ne les mutile. La Vierge de Memmi a reçu depuis le si;ri. »in pupiiliiire de Madone des boules, Madonna délie hoccie.

L'.'iiiîre Ma Joue passe pour avoir pleuré, et c'est pour cela (jno r« glise où elle a été exposée et qui a été construite en son i.i.iiijeur, a pris comme elle le nom de Santa Maria dd Pi*rn*n. Vw jn'î* — elle était à Tenlrée du Ghetto — l'aurait friii.]) i' au visag(», et aussitôt les larmes do la Vierge insultée -lin l'Mit t'oiilé a])oudammcnt. Comme presque toutes les Mai!''ri- «iu xiv" sii-ole, eello-ci est peinte à fresque et assise sur nii faiiU.'uil à haut dossier; son nimbe se détache en relief

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'*. A Ilnme, eliaquc Madone a sou titre ; chacune a donc îii- ! sa réîe, rar tout litre demande à être honoré d'une mari iè.n» spéciale.

(!rs fétfîs souî ou privées ou publiques. Domestiques, elles se passent dans Tintérieur même de la maison, et la Camille seule y prend part. Ce sont alors des décors nouveaux, des illuminations qui réjouissent surtout les enfants, et des chants en chœur. La féto se termine par quelques fusées, feu d'arliûce abrégé, que Ton tire sur la terrasse de la maison.

LES DËeuNiiANces. 227

La dévolïon publique a ses manifestations quotidiennes et annuelles. Certaines Madones plus en vogue que d'autres sont, chaque jour, l'objet d'un culte spécial. Le voyuguur surpris rencontre, le soir, dans les rue.", quelque temps après la tombée de la auit, des groupes d'hommes qui partent d'une église et s'en vont, tète nue, deux à deux, récitant le chapelet à haute vois sur lo ton de la psalmodie. Les dizaines sont accentuées par le chant du refrain populaire . Evviva Maria, Maria evviva. Evviva Maria e cki la creo. « Vive Slarie et celui qui l'a créce I »

La procession, h laquelle se Joignent quelques ecclésiastiques, s'arrête devant la Madone qu'elle a choisie. Des cierges ou des lampes sunl allumés, 1l>s voisins se rendent à la pieuse réunion, et anssilùt commence le chant des litanies de Loi-ette. Après le De pi-nfundis récité pour les morts, et le chant répété de VEvviva Mirrîa. tous se retirent en paix, heureux d'avoir placé leur mit i-i U'ur rrpos, ainsi que to;it ce qui leur est cher, sous la protection de Marie.

Le numhre des lùlcs consacrées à la Vierge par la liturgie est considérable ; j'en compte jusqu'à quaranle-deiix. Plus considérable est à Home le total des églises dédit'-es à la mi're de Dieu, puis:jii'il s'élève à soixaiitc ci une. Chaqni (';z\Uii a son tllrc qui coiTCspond à une rèto consignée dans la liturgie. Les î!iiadonos des mes parlicipent à ce mouvement [lieux. Leuraniiivcrsriîre est célébré avec pom.pe. Dés la veille, l'imago vénérée est entourée de draperies : des chandeliers plus nombreux et des fleurs nouvelles sont disposés sur les gradins do l'autel ; une illumination en verres ou en lanternes de couleur se prépare, et, le soir arrivé, un prêtre, debout sur une estrade improvisée, harangue lo public.

Le sermon est suivi de chants en partie, quelquefois avec orchestre. Et comme lo peuple a toujours sa part dans les fêtes de Rome, aux litanies et aux cantiques, le refrain lui est abandonné, pour qu'il puisse mêler sa voix à ce concert de louanges.

Pour le ntarchand, sa boutique est toute sa nuûsoD. La

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porte est toute grande ouverte, car il faut convier les passants à entrer et surtout à acheter. L'habilet^^ du commerçant consiste précisément à bien disposer toutes choses de manière à faire croire à chacun qu'il a besoin de ce qu'il 8*arréte à voir. L'envie suit do près la curiosité. L'italien est très-dévot à la Madone. Il lui fait une espèce de trâne et entretient, jour et nuit^ une ou plusieurs lampes allumées devant son image, au fond de la boutique, dans l'endroit le plus apparent.

Les pizzicaroli représentent à la fois ce que nous nommons en France charcutier et épicier. Leurs Madones vivent au milieu du lurd rance et du fromage odorant, parfum d'un nou- . veau genre. Chacun donne ce qu'il a et comme il peut :. au ^ond, il n'y a pas de mal à cela, mais le résultat produit sur lies oricanes trop rafflnés une impression désagréable. Autre* fois, que Ton faisait maigre strictement pendant tout le carême et que l'on ne mangeait ni viande ni laitage, le retour de Paqiios était pour ces commerçants de charcuterie et d'épinuie une véiilable l'été qui leur permettait de reprendre leur négoce niornaitanémont interrompu. Maintenant que Ton fait gras et (pK!, à pari le jeune, la sainte quarantaine ressemble à tout autre. l«'inps de Tannée, celte petite fêle n'a plus sa raisou d'élre. (Icp^Midant, tandis que la société se modiûe, la tradition demeurer [M)ur nous enseigner les austérités dos années écoulées. Dés les premiers jours de la semaine sainte, la bontique est honlevcrsée do fond en comble. Los meules de fro— mage sont entassées en piles au premier plan ; aux murs sont^ accrochés les jambons noircis par la fumée et les tranches de^ lard blanc ; les saucissons pendent au plafond avec leur enve — loppe arjrtjntée et les saucisses s'arrondissent en festons. Tout^ cela est éfriiyé et parfumé de laurier vert, de fleurs printa — nières et d*herbes aromatiques. Du papier découpé barioler aussi la charcuterie et la rehausse de ses vives couleurs. En — ■ fin, autour du trône où resplendit l'image de la Vierge, dei^ chandelles de suif blanc s'alignent comme une avenue pro-^ fonde ou encadrent Timage de longs rayons éteints. Le soir*' dû jeudi saiut, l'illumination commence : elle est disp<^é»

avec tant de goût qu'au retour de la visite des sépulcres et de ce foyer ardent de lumières dont le Bernin a embrasé la chapelle Pauline au Yatican, quoique fatigué par la longueur et la multiplicité des cérémonies, on consacre volontiers quelques instants à contempler cette réclame innocente et cet hommage insolite. Les trois jours suivants, rUlnmination se répète encore, mais sans attirer le public, pour qui, trop souvent, il n*y a de beau que ce qui est nouveau.

5. La dévotion en général se manifeste par des actes. Le sentiment dont le cœur est pénétré a besoin de s'épancher au dehors et de revêtir une forme sensible. Or Tacle le plus simple et le plus naturel, celui qui exige le moins de temps et d'apprêt, consiste à se découvrir et à rendre ainsi à la plus sublime d'entre les créatures le premier des devoirs que prescrit la bienséance.

Mais se découvrir est un acte purement extérieur, et le fidèle serviteur de Marie y ajoute volontiers une parole qui transmette la pensée intime de son cœur.

Penser à Marie, c'est la prier, et par l'invocation la glorifier ici-bas. Or la prière la plus ancienne comme la plus populaire est le salut.

Le mot salut a changé d'acception^ liturgiquement parlant, mais n'est pas nouveau dans notre langue, car ce qu'il signifie est déjà ancien dans nos usages.

Le premier salut vint de l'ange Gabriel lui-même, lequel» dès qu'il fut en présence de Mario, la salua par ces mots : Ave^ gratia plena^ Dominus teciim^ benedicta tu in mulieribus. Aussitôt, ajoute révangéliste saint Luc, la Vierge se troubla^ ne comprenant pas le sens de cette salutation.

Le moyen-âge se plaisait aux jeux de mots. Il a trouvé que le nom latin d'Eve signifiait malheur, et que, retourné, on y lisait le salut de l'ange, présage de bonheur. De laces formules si fréquemment répétées où l'Eve nouvelle, qui rachète le genre humain par sa maternité miraculeuse, est mise en opposition avec la première Eve, cause par son péché de la perdition générale.

Voici un exomple emprunté au Spicilége du savant cardinal Pitra :

« Porta salntis, ave. Per te patet exitus a vae. Yenit ab Ëva vbb ; quod quia tollis» ave. »

Sans cette oonnaissanco du symbolisme usité au moyenâge, la seconde strophe de l'hymne Ave^ Maris Stella^ resterait iuintelligible : Toffice liturgique qui l'a conservé n'en donne pas ailleurs l'explication. Il y est dit à Marie : u Vous qui, en recevant col Ave de la bouche de Tange, avez changé le nom d'Eve, établissez-nous dans la paix. »

u Sumen4 illud Ave Gabrielis ore, Funda nos in pace, Mu tan s Evœ nomen. »

Tout pèlerin qui allait saluer Mario dans un de ses sanctuaires en rapportait, pieux souvenir, une enseigne de plomb qu'il attachait à son bonnet ou à sa jaquette. La devise tonte naturelle de ce médaillon était empruntée à la prière même qu'il avait adressée à l'image vénérée. Aussi je n'ai pas été étonné de voir Y Ace Maria tracé autour d'une enseigne de cette sorte que possède le musée chrétien du Vatican.

G. L'amour est expausif et communicatif de sa nature. Prouver à Marie qu'on Taime, ce n'est pas assez pour le Adèle. Il lui faut de plus qu'elle soit aimée et par conséquent saluée par tous ceux qui la verront ou passeront devant son image. Ce sentiment pieux a fait naître un genre d'inscriptions qui méritent d'être signalées, moins à cause de leur structure, qui est très-simple, que de la pensée qui les informe toutes.La formule en est peu variée, mais suffisamment cependant pour que les redites ne choquent pas par leur fréquence. Le nom seul de Marie est si poétique qu'il inspire ordinairement des vers à ceux qui célèbrent ses louanges.

Yoici par quelques cilaiious une idée de ce que j*ai recueilli à Rome sur ce sujet :

La vie du couvent est consacrée à la prière ou aux actions méritoires devant Dieu. Qui s'en écarte volontairement est coupable et n'a droit à aucune récompense. L'avertissement est dur, mais, comme compensation, les Trinitaires déchaussés ont eu Tattention de placer au-dessus de ces quatre vers, dans leur cloître si pittoresque de Saint-Charles aux quatre fontaines, une délicieuse statuette d'albàtre :

NON ARBITROR ABSQUE LABE

NhC DICNUM M1«JÏCEDE AMORIS

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