CHAPITRE II
l’amict
1. L’amict, amiclus , sert à couvrir le col de la soutane. Il appartient en propre aux sous-diacres, aux diacres, aux prêtres et aux chanoines, mais nullement aux enfants de chœur ou autres.
2. Le sous-diacre le reçoit, à son ordination, des mains de l’évêque, qui lui apprend par là à châtier sa voix.
« Pontifex sedens... amictum qui in collo ordinandorum jacety imponit super caput , singalis dicens :
« Accipe amictum per quem designatur eastigatio vocis. »
Le prêtre complète ce symbolisme en récitant cette prière, lorsqu’il le met sur sa tête avant de l’abaisser sur ses épaules1 :
idcirco, ut quod usque ab Ecclesiæ primordiis quoad sacra indumenta etsuppellectilia ob reales et mysticas signifîcationes inductum est, retineatur, restituatur, et in posterura omnino servetur ; declararunt et decreverunt, ab antiquo more sub quolibet prætextu, colore ac titulo non esse recedendum ; et eadem sacra indumenta ac suppellectilia confîcienda esse ex lino, aut cannabe, non autem ex alia quacumque materia, etsi munditie, candore ac tenuitate linum, aut cannabem æmulante et æquante : aliqua tàmen indulgentia utentes, permiserunt ut amictus, albæ, tobaleæ, mappulæ, si quæ ex gossipio babentur, adhiberi interea possint, usque «lum consumentur sed cum hujusmodi suppellectilia renovanda erunt, ne ex alia materia fiant, nisi ex lino, vel cannabe præceperunt. Districte vero jusserunt ut corporalia, pallæ, ac purificatoria, post lapsum unius mensis a præsentis decreti publicatione, linea omnino sint, vel ex cannabe, interdicto et vetito aliorum usu, quæ ex gossipio supererunt. Et ita decreverunt, ac ubique locorum, si Ssmo Dno nostro placuerit, servari mandarunt. Die 15 maii 1819.
1 « Ac primum accipiens amictum circa extremitates et chordulas, osculatur illud in medio ubi est crux et ponit super caput et mox déclinât ad coilum et eo vestium collaria circumtegens, ducit chordulas sub brachiis et circumducens per dorsum ante pectus reducit et ligat. » (. Ruhr • Miss al.) — « Primo offerunt episcopo amictum osculandum in medio, ubi est designata parva crux.... mox ilium diligenter aptant circa collum episcopi ita ut vestium summitates, quæ vulgo collaria vocantur, omnino tegat ; deinde eordulas ex eo pendentes post tergum ductas, ante pectus reductas, stricte colligant » (Car. episc., lib. II, cap. vin, n. 12.)
LA LINGERIE
« Impone, Domine, capiti meo galeam salutis ad expugnandos diabolicos incursus. » L’amict est donc un casque salutaire, contre les attaques du démon.
3. Les chanoines, comme les cardinaux, quand ils se parent, prennent Tamict sur le rochet et sous les ornements sacrés.
4. Il est toujours en toile de lin ou de chanvre et bénit. A Rome, on le fait très-ample, afin qu’il entoure bien le cou et les épaules. On brode une petite croix au centre, c’est elle que l’on baise quand on le prend ou qu’on le quitte : elle ne doit pas être placée au milieu du bord supérieur, ce qui est une fausse interprétation de la rubrique.
Les cordons sont fixes ou mobiles. Ils partent des deux bords supérieurs et sont assez longs pour se croiser sur la poitrine, ainsi qu’en arrière et revenir pour être noués en avant.
5. L’amict, qui sert les jours de fêtes, est plissé avèc soin, entouré sur trois côtés d’une petite dentelle et muni de deux cordons en soie, ordinairement rouge, verte ou jaune.
6. On a cherché, en Angleterre et en Allemagne, à revenir à la forme du moyen-âge, qui se complique d’un orfroi d’étoffe ou brodé en couleur. Il n’y a pas lieu d’adopter une pareille innovation, sans consulter préalablement le Saint-Siège.