SAFRAN
des goutteleltes d’hiiile essenlielle et de matière grasse. Vues à la loupe sous un grossissement un peu considérable les crénelures irrégulières du sommet paraissent couvertes de fines papilles allongées qui leur donnent un aspect très-finement frangé. Des papilles coniques s’observent aussi sur la surface des branches.
Le Safran a un pouvoir colorant très-considérable, tel qu’une partie de la substance donne une teinte jaune encore appréciable à 200,000 parties d’eau. Cette coloration est produite par une- matière de couleur rouge lorsqu’elle est sèche, et qu’on a décrite sous le nom de Pobjchroite, de Safranine et de Crocine. En outre le Safran contient de l’huile essentielle, etc.
L’on distingue un grand nombre de sortes de Safran. En général la substance est d’autant plus estimée qu’elle contient moins de fdaments jaunes et qu’elle a plus de couleur et d’odeur.
Le Safran «l’Orient est asscz illégalement apprécié : celui de Perse, formé uniquement de stigmates débarrassés des styles et d’un rouge pourpre, est le plus estimé; le Safran turc, au contraire, de couleur noirâtre et enduit d’une subslance grasse, étrangère aux Crocus, est peu goûté.
Après le Safran de Perse, vient comme valeur le Safran «le iinssie, qui lui ressemble beaucoup.
Le Safran «l’Autriche, que l’on Cultive dans la basse Autriche, est débarrassé des styles et présente par suite une coloration assez uniforme d’un brun pourpre. Il est d'une grande valeur.
Les Safrans français contiennent les filaments jaunes qui appartiennent au style. Celui du Gâtinais (Loiret) est une très-bonne sorte, de beaucoup supérieure â celle des environs d’Avignon et surtout au Safran d’Angoulôme, qui est d’une couleur pâle, presque blanchâtre dans les parties inférieures du stigmate et du style.
Les ^afrans «le Bavière prennent place â côté de ceux du Gâtinais.
DES FLEURS. — IRIDEES.
Les Safran» Kaiieii» soiit de couleur pliis claire et viennent peu dans le commerce. Enfin, l'Espag^ne fournit des sortes assez variées, dont les meilleures prennent place entre le Safran du Gâtinais et celui d’Angoulême; tandis que les inférieures, enduites de matières grasses, doivent être rejetées.
De tous ces Safrans, ceux que le commerce exploite le plus, et môme presque exclusivement sur une grande échelle, sont les Safrans français du Gâtinais. Les autres servent presque exclusivement dans les régions où on les recueille.
La cherté du Safran a été cause de nombreuses falsifications. Il serait trop long d’énumérer toutes les substances qu’on a substituées au Safran lui-même. Nous n’en indiquerons que quelques-unes, en insistant sur ce fait, qu’il est extrêmement difficile de donner à un corps quelconque la forme des stigmates du Crocus sativus L.,et impossible de lui procurer par des moyens artificiels la puissance de coloration si remarquable que nous avons ci-dessus constatée. En tenant compte de ces deux caractères et les mettant en évidence en humectant le safran, on pourra dans tous les cas démasquer toutes les fraudes.
Le Carthamus tinctorius L., dont il a déjà été question plus haut, porte le nom vulgaire de Safran bâtard et de faux Safran, et en effet, vus en masses, les fleurons de cette espèce présentent un peu l’aspect du Safran, à cause surtout du mélange des deux couleurs rouge pourpre des corolles et jaune des étamines. Mais il est inutile d’insister pour montrer les différences si frappantes, qui peuvent exister entre une fleur et un stigmate. (Voy. plus haut la description du Cartharne.) D’ailleurs le Garthame n’a pas l’odeur caractéristique du Safran.
Nous ne nous arrêterons pas non plus sur les nombreuses falsifications qu’on a tentées en fendant en trois bandelettes des languettes d’un certain nombre de Composées {Calendula, Scoli/mus, etc., etc.), artificiellement colorées en rouge. Jamais on n’est arrivé à leur donner la forme si caractéristique de cornet.
SÂFUAN.
frangé et papilleux aux bords ; pas plus que le pouvoir colorant de la vraie subsUnce.
Les stigmates du Crocus vernus L. {fig. 115 a) sont plus courts, plus jaunes, finement denliculés sur le bord supérieur, largement ouverts sur les côtés de la partie évasée {fig. 115 ù), et d’ailleurs sans odeur. Enfin, les débris de st}Me du Ct'ocus
saiivus colorés artificiellement, qu’on a quelquefois donnés dans le commerce sous le nom de Féminelle, sont bien reconnaissables à leur forme de fil et à leur couleur plus pâle.
Quant au safran épuisé de sa matière active par Palcool, et mêlé au véritable, on le reconnaîtra à sa teinte bien plus pâle qui formera de nombreux filaments aplatis sur le reste de la matière beaucoup plus foncée.
Fig. 114. — Safran, a. Style et stigmates. — b. Partie siipdrieure du stigmate.
Fig. 115. — Crocus vernus, a. Style et stigmates. — b. Partie supérieure du stigmate.
DES FLEURS. — ASPARAGllNÉES.
En règle générale, il convient de ne pas prendre de Safran humecté soit d’eau, soit de sirop de sucre, soit de matières grasses, et d’exiger qu’il ait une teinte foncée et une odeur trèsprononcée. La saveur du Safran est aromatique et amère.