‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale [electronic resource]Chapitre 371 sur 580 · MOUTARDE NOIRE · texte numérisé non relu

MOUTARDE NOIRE

elles paraissent chagrinées à la surface, au moins lorsqu’elles sont sèches. Si on les met dans l’eau, leur enveloppe extérieure se gonfle, et toute la graine s’entoure d’une sorte de revêtement transparent qui égalise toutes les petites saillies de la surface. Au-dessous des enveloppes de la graine se trouve un embryon, (jui forme à lui seul toute l’amande de couleur jaunâtre. Il est composé de deux gros cotylédons appliqués l’un contre l’autre et dont les bords se relèvent de chaque côté en une gouttière, dans laquelle vient se loger la radicule.

Examinée au microscope, cette graine présente dans ses diverses parties les détails suivants :

Les enveloppes sont formées d’une première couche de cellules à parois minces étendues dans le sens tangentiel, incolores et transparentes. Cà et là des fragments de cette enveloppe extérieure se séparent des parties sous-jacentes et forment de toutes petites pellicules blanchâtres. — Au-dessous se trouve la couche brun-rouge, qui donne sa couleur spéciale à la surface. Cette couche est dense, formée de cellules étendues dans le sens du rayon, à parois latérales et interne fortement épaissies et colorées, à paroi externe beaucoup plus mince et susceptible de se gonfler dans l’eau. A des distances régulières des groupes de ces cellules un peu plus allongées forment de petites saillies et donnent ainsi à la graine son aspect chagriné. Cette couche est intimement unie à une trèsmince ligne de cellules tangentiellement étendues, à contenu rouge-brun, qui se relie intimement à la seconde enveloppe ou enveloppe interne de la graine. Cette dernière se compose de deux couches, dont la plus externe à cellules assez grosses, étendues parallèlement aux faces, remplies d’un contenu granuleux brunâtre, et la plus interne formée d’une série de cellules très-fortement aplaties et étendues tangentiellement.

L’embryon est formé d’un parenchyme de cellules polygonales à parois peu épaisses, qui contiennent dans leur inté-

DES GRAINES. — CRUCIFERES.

rieur des goultelettes d’une matière grasse et une substance granuleuse.

La Graine de moutarde est inodore, tant qu’elle est sèche ; mais lorsqu’on la broyé avec une certaine quantité d’eau, elle développe immédiatement une odeur très-piquante. Ce phénomène est dû à la présence d’une huile essentielle, qui se produit, au contact de l’eau, par l’action de la myrosine sur le myronate de potasse. Cette essence très -âcre et rubéfinnte est le principe actif des sinapismes ; elle contient du carbone, de l’hydrogène, de l’azote et du soufre et représente par sa composition du Sulfocyanure d' Allyle. La quantité d’huile grasse contenue dans l’amande est de 32 pour 100.

Les" graines qu’on pourrait mêler à la Moutarde noire sont assez faciles à distinguer. La Sanve ou lloutanle saii-vage {Sinapis arvensis L.) donne des semences plus grosses, de 4 ““‘,23, qui deviennent d’un brun très-foncé ou noirâtres à la maturité, et sont beaucoup plus finement ponctuées que la Moutarde noire. Les graines de îVaTette {Brassica asperifolia Lam., oleifera DC.) et de Colza (brassera Napus L., oleifera DC.) sont beaucoup plus grosses que la moutarde ; elles ont 2 millimètres de diamètre, sont arrondies, noirâtres, si finement chagrinées, qu’elles paraissent lisses à l’œil. Elles n’ont pas d’ailleurs, lorsqu’on les mâche, la saveur piquante de la graine officinale.

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