FÈVE DE CALABAR
Fève d’Épreuve du Calabar. Éséré.
La FèYe du Calabar cst produite par le Phijsostigma vénenosuni Balfour, plante qui croît sur les bords des rivières de Calabar, qui viennent se jeter dans le golfe de Biafra, portion du grand golfe de Guinée. Les naturels du pays emploient ces graines dans leurs épreuves judiciaires, et c’est de là qu’elles ont été, depuis bientôt une trentaine d’années, transportées en Europe, où la thérapeutique les utilise maintenant.
Telles que nous les avons dans les droguiers, ces graines sont sensiblement réniformes, longues de 2 à 4 centimètres, larges de 1 , 5 environ, épaisses de près de 1 centimètre. Le bord convexe du rein est bien prononcé, le bord opposé est tantôt concave, d’autres fois presque rectiligne. La couleur de la graine est d’un brun châtain plus ou moins foncé ; la surface chagrinée. Une bande de couleur rougeâtre, et parfaitement lisse, se détache très-nettement sur ce fond : elle suit toute la longueur du bord convexe et représente le bile ; elle est large d’environ 2 millimètres , bordée par une sorte de saillie arrondie du testa, qui lui donne l’apparence d’un sillon, et parcourue en son milieu par un très-mince cordon qui la divise en deux parties symétriques. Vers l’extrémité la plus grosse de la graine, et séparée du hile par un très-mince intervalle, se trouve une toute petite cavité, au fond de laquelle est le micropyle. — Au-dessous de son épisperme, la Fève du Calabar contient un gros embryon, à radicule, tigelle et gemmule trèspetites, et qui est surtout formé de deux gros cotylédons, cons vexes sur leur face dorsale, laissant un intervalle entre les deux faces ventrales. Ces cotylédons sont charnus et remplis de fécule.
L’étude anatomique de l’épisperme montre trois couches, qui n’ont pas un très-grand intérêt au point de vue de la ma-
FÈVE TONKA.
lière médicale. Les cotylédons sont formés d’un tissu parenchymateux, à cellules polyédriques, qui contiennent, comme la plupart des graines de Légumineuses, une matière granuleuse, jaunissant par l’iode, et des grains nombreux de fécule sphériques ou réniformes prenant une belle couleur bleue sous Lact ion de ce réactif.
La Fève du Calabar contient un alcaloïde toxique, cristallisable, que M. Vée a nommé Ésérine, et qui agit sur la pupille en la contractant.