MUSCADES
quelle un grand nombre de lignes assez larges de couleur foncée s’avancent jusque vers le centre. Ce sont des espèces de fentes tapissées par la membrane qui règne tout autour de l’amande et qui s’enfonce ainsi dans le tissu de l’albumen. Au milieu des espaces irréguliers circonscrits par ces processus, on voit souvent des lignes courbes plus claires, presque blanchâtres, enfermant certaines parties du tissu. Elles contribuent â donner â l’albumen son aspect marbré spécial. A la base de cet albumen se trouve un embryon {fig. 186) large de 1 centimètre, haut de i à 5 millim. environ et d’une forme particulière. Une radicule trèscourte, surmontée d’une petite gemmule, porte deux cotylédons évasés, plissés et lobés sur le bord, opposés entre eux de manière à former par leur ensemble une sorte de coupe irrégulière à bords très-fortement ondulés.
La membrane qui est adhérente à l’albumen est l’enveloppe interne de la graine ou tout au moins sa couche intérieure. Elle est en effet formée de deux couches distinctes dont l’externe composée de cellules lâches 'et pâles est restée en grande partie adhérente au testa et ne se montre que par places sur la muscade du commerce. La seconde, ou la plus interne, est formée de petites cellules, de couleur brun foncé, fortement serrées l’une contre l’autre, et parcourues çâ et là par des faisceaux fd)ro-vasculaires. Au niveau de chacune des fentes, le tissu de la membrane pénètre profondément dans l’albumen. Dans la partie médiane de la fente il reste avec son caractère de tissu dense, et il est parcouru par des faisceaux vasculaires horizontaux ; mais vers les bords de la fente le parenchyme devient plus lâche ; un grand nombre de cellules s’agrandissent, et contiennent dans leurs parois minces de l’huile essentielle. Fréquemment même le tissu disparaît en grande partie et laisse vides ces sortes d’anfractuosités.
L’albumen est essentiellement formé d’un parenchyme à cellules dont les parois étroites limitent une cavité polyédrique et arrondie, remplie de grosses gouttelettes de matière grasse et de
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grains d’amidon arrondis, tantôt isolés, tantôt réunis de 4 à 6 ensemble. Çà et là des cellules se font remarquer par leur couleur brune. Quant aux parties pâles et comme blanchâtres de l’albumen elles ne contiennent pas la matière grasse des portions foncées.
L’odeur de la Muscade est forte et aromatique ; sa saveur aromatique et légèrement amère. Elle contient un corps gras, connu sous le nom de Beurre de Muscade, que nous décrirons plus loin; une huile essentielle qui existe dans la proportion de 6 p. 100; de l’amidon, etc., etc.
La Muscade est sujette à être piquée aux vers : il faut la choisir lourde, tombant au fond de l’eau, d’une saveur et d’une odeur bien marquées.
Les iiu§caiies de Cayenne qui proviennent de la même espèce que celle desMoluques, mais cultivée en Amérique, sont beaucoup moins estimées. Elles arrivent dans le commerce enveloppées de leur testa, presque noirâtre; la noix n’est point blanchâtre dans les sillons, et ses dimensions sont moindres. L'odeur et la saveur sont moins développées.
Quant à la ilu§cade longue des Moluques {Muscade sauvage ou Muscade mâle) , qui est produite par le Myristica fatua lloutt. , elle se distingue facilement par sa forme beaucoup plus allongée : elle atteint en effet 4 centimètres de longueur sur 2 à 2,5 centimètres de large. Elle arrive toujours pourvue de son lesta brun, parcourue de quatre impressions assez régulières répondant aux branches du Macis. L’amande est presque unie à la surface, d'une couleur rougeâtre uniforme. Elle est moins odorante et d’une saveur moins marquée que la Muscade ofiicinale.