COLOMBO
versale {fig, 204) montre deux parties nettement séparées par un cercle brunâtre, et se détachant quelquefois Tune de l’autre. Toutes deux ont une couleur d’un jaune citron, qui est cependant surtout développée dans l’écorce. Cette partie extérieure montre à l’œil, au-dessous de la mince couche subéreuse foncée, une zone assez épaisse, ayant environ le tiers du rayon total, dont la couleur jaune se fond peu à peu avec le gris biunâtre du cambium, qui la sépare du bois. La zone ligneuse
Fig. 20 i. Fig. 205.
ne mérite point ce nom par son apparence : elle est formée d’un tissu analogue à celui de l’écorce, d’une couleur jaunâtre, montrant vers sa périphérie de légères stries rayonnantes, non continues, qui sont les seules traces du bois proprement dit. Tout le reste du tissu, aussi bien dans l’écorce que dans la
Fig. 204. — Coupe transversale de la Racine de Colombo, montrant l’ensemble de la structure.
Fig. 205. — Coupe transversale de la même Racine, montrant les détails de la structure. — s, suber; p, parenchyme cellulaire gorgé d’amidon; fl, faisceanv libériens séparés par de larges rayons médullaires; fo, faisceaux fibro -vasculaires de la zone ligneuse; m, parenchyme médullaire de la zone ligneuse.
44i DES RACINES. — MÉNISPERMÉES.
partie centrale, est gorgé d’une quantité considérable d’amidon, qui se décèle facilement par la coloration violette que lui donne la teinture d’iode, et qui, au microscope, se montre en grains considérables atteignant de 0““,08 à 0““,09 ; ces grains sont ovoïdes arrondis et portent sur le milieu de l’ovale un hile, ayant en général la forme d’une fente longitudinale.
Les tissus examinés au microscope {fig. 205) montrent : dans l’écorce, le subers formé de cellules tabulaires; au-dessous, une couche discontinue de cellules à parois épaisses jaunes qui limitent extérieurement un parenchyme p à cellules polyédriques, un peu allongées tangentiellement et remplies d’amidon en même temps que de matière colorante jaune. La portion interne de l’écorce montre des faisceaux libériens à parois peu épaisses, d’un diamètre peu considérable, placées au milieu d’un parenchyme à cellules carrées.
Quant è la zone centrale, elle est formée d’un parenchyme m amylacé, au milieu duquel se trouvent en stries étroites et rayonnantes des groupes de tissu ligneux contenant des vaisseaux d’un gros diamètre à parois jaunes, entourés de cellules ligneuses, étroites, de même couleur que les vaisseaux. Ce tissu ne forme pas du reste de séries continues, mais scs éléments sont disposés en groupes isolés d’autant plus élargis qu’ils sont plus rapprochés du centre de la racine.
Le Colombo a une odeur peu prononcée et une saveur amère et mucilagineuse. 11 contient trois substances amères : de la Colombine^ de la Berbérine, de Y acide Colombique et en outre de l’amidon en quantité.
On donne aux États-Unis le nom de Colombo à la racine d’une plante de la famille des Gentianées, le Frasera Walteri Midi. {Frasera Carolinensis Walt.), qui croît dans l’Ohio, la Caroline et la Pensylvanie. Cette racine se distingue facilement du vrai Colombo : elle a une couleur d'un jaune orangé assez uniforme, et ne montre pas sur la coupe transversale la séparation si nette de l’écorce et du bois. Elle ne contient d’ailleurs
RACINE DE BERBÉRIS.
4 ici
pas d’amidon, de sorte que la teinture d’iode ne lui donne pas du tout la couleur bleue qu’elle communique au vrai Colombo. La saveur est légèrement amère et nullement mucilagineuse.
BERBERIDÉES.
G. RACINE DE BERBÉRIS.
Racine d’Epine-Yinetle. — Radix Bei'beridis.
Nous avons déjà décrit les feuilles et les baies du Berbevis vulgai'ù L. (voir pages loO et 276). On trouve aussi parfois dans les pharmacies les racines de la plante.
Cette racine est de dimension considérable, ligneuse, recouverte d’une écorce mince, gris-jaunâtre à l’extérieur, d’un beau jaune orangé intérieurement. Le bois lui-même est jaune, formé de couches concentriques annuelles, traversées par des rayons médullaires.
L’écorce est formée à l’extérieur d’un suber à cellules remplies de matière brun jaunâtre, qui recouvre une parlie interne bien développée, feuilletée, où l’on remarque les éléments suivants : un parenchyme à cellules étendues dans le sens tangentiel, contenant des grains d’amidon ; des rayons médullaires coupant perpendiculairement ces couches et, dans l'intervalle, répandus çà et là, des faisceaux jaunes de cellules fibreuses. Une couche de cambium sépare le bois de l’écorce. Les couches ligneuses sont formées d’un tissu fibreux de couleur jaune, renfermant des vaisseaux spiralés à petite ouverture, nombreux surtout dans la portion interne de chacune des couches annuelles. Des rayons médullaires, à cinq ou six rangées de cellules, traversent ce tissu.
La racine de Berbéris a une saveur fortement amère. Elle contient une matière colorante jaune, cristallisable, qu’on a nommée Berbérme, et, en outre, une substance amère et âcre, également cristallisable, VOxyacanthine.