RACINE DE LIVÈCHE
Racine d’Ache. — Badix LevUtici. Radix Ligustici.
La LiTùche [Levisticum officinale'KoQh., Ligusticum Levisticum L.) est une plante des montagnes de l’Europe méridionale (Pyrénées, Midi de la France, Apennins), qu’on cultive dans les
RACINE DE LIVÈCIIE.
jardins. Elle donne à la matière médicale des racines formées d’un pivot central court, muni d’un certain nombre de ramifications latérales. La partie centrale est en général longue de 3 à 4 centimètres, épaisse de 1 à 2 centimètres; elle porte souvent vers le haut la trace de gaines foliacées, et est marquée au-dessous d’un certain nombre d’impressions annulaires. Les ramifications qui s’en détachent ont une longueur variable de 5 à 10 centimètres et une épaisseur de 3 à 10 millimètres. Toutes ces parties sont de couleur gris-brune ou jaunâtre, elles sont fortement sillonnées dans le sens de la longueur.
La coupe transversale [fîg. 217) montre une écorce d’un jaune sale, qui peut acquérir par l’immersion dans l’eau la moitié du rayon total. Le
Fig. 217. 218.
corps ligneux est spongieux, de couleur jaunâtre; des lignes ondulées brunes foncées en parcourent le tissu, du centre vers la circonférence. Ces lignes s’anastomosent entre elles vers la partie centrale, et, partant delà pour diverger en éventail vers la ligne de séparation du bois et de l’écorce, elles se prolongent dans l’é-
Pig.'iiT, Coupe transversale de la racine Livèche, montrant l’ensemble de la structure.
pig^ 213. Portion plus grossie de la même coupe : s, suber; p, parenchyme de l’écorce
moyenne; l, liber; b, zone ligneuse.
DES RACINES. — OMBELLIFÈRES
corce, jusque vers les couches externes, en rayons ondulés. Examinées à la loupe, elles montrent dans le bois des ouvertures de vaisseaux assez nombreuses, dans l’écorce des larmes de matière oléo-résineuse disposées en séries régulières.
Voici quelle est la structure de ces diverses parties.
L’écorce {[îg. 218) est formée extérieurement d’un certain nombre de couches de cellules subéreuses s à parois minces, fortement aplaties et tassées les unes contre les autres. Audessous, un parenchyme p dont les cellules, à parois de moyenne épaisseur, contiennent de l’amidon et une matière colorante brune dans les couches externes; de nombreuses lacunes avec des déchirures se font souvent remarquer dans cette zone qui est du reste relativement très-étroite. La zone interne / qui occupe à elle seule les deux tiers ou même les trois quarts de l’épaisseur totale de l’écorce est formée de rayons médullaires à cellules allongées dans le sens radial qui limitent entre eux des faisceaux longuement cunéiformes, formés par un parenchyme particulier. Les cellules de ce tissu n’ont qu’une épaisseur moyenne, elles sont arrondies-polyédriques sur la coupe transversale, allongées verticalement. Au milieu de ces cellules se trouvent des réservoirs oléorésineux, fusiformes, de 0,1 millimètre de diamètre sur 2à3 millimètres de hauteur verticale. Ils contiennent rarement de la substance brune oléo-résineuse, qui le plus souvent est passée dans les cellules environnantes, qu’elle colore en jaune-brun. Ces glandes sont disposées en séries irrégulièrement circulaires. L’écorce est séparée du bois par une très-mince couche de cellules cambiales.
Quant à la zone ligneuse, elle est parcourue de larges rayons médullaires dont les cellules à parois étroites sont souvent résorbées, ce qui donne une apparence spongieuse h la racine. Le tissu ligneux proprement dit est formé de vaisseaux rayés à diamètre à peu près égal à celui des réservoirs oléo-résineux de l’écorce, entourés de cellules ligneuses brunes à parois peu épaisses, contenant de l’amidon. Dans la racine principale on