‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale [electronic resource]Chapitre 473 sur 580 · RACINE DE PISSENLIT · texte numérisé non relu

RACINE DE PISSENLIT

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est cylindracée, conique ii sa partie inférieure, quelquefois ramifiée, recouverte d’une couche subéreuse brune, qui se fonce par la dessiccation. L’écorce est épaisse (2 fois plus que le diamètre entier de la zone ligneuse dans la racine récente ou gonflée dans l’eau). Cette partie corticale est très- blanche dans la racine fraîche, et elle est marquée de traits un peu foncés rangés en cercles réguliers, au nombre de 12 ii 20, d’où s’échappe un suc laiteux blanchâtre abondant.

Dans la racine sèche, le suber est plus foncé, et fortement sillonné ; la teinte de l’écorce est blanchâtre, et les traits qui forment les couches concentriques deviennent d’une couleur brune. Les intervalles qui existent entre ces traits sont généralement striés de lignes régulières rayonnantes de façon à figurer comme des rayons médullaires qui parcourraient l’écorce. Le bois très-étroit est pâle dans la racine fraîche, jaunâtre dans la racine sèche.

Examinée au microscope, ses diverses parties montrent la structure suivante ; Des couches de tissu subéreux à cellules cubiques, légèrement aplaties de dedans en dehors, et colorées en brun. Au-dessous un parenchyme à cellules ovales, légèrement étendues dans le sens tangentiel et çà et lâ au milieu de ces cellules quelques vaisseaux laticifères isolés. Plus intérieurement se trouvent plusieurs rangées de cellules arrondies ou hexagonales sur la coupe transversale, qui, sur la coupe longitudinale, se montrent allongées et disposées en étages trèsréguliers. Ces cellules ne sont pas d’égal diamètre : les plus larges sont rangées en zones de 5 à 10 séries, elles ne contiennent pas d’ordinaire de suc laiteux ni d’Inuline ; ces zones alternent avec des zones beaucoup plus étroites de 3 à 5 séries de cellules d’un moindre diamètre , qui contiennent au printemps du suc laiteux, en automne et en hiver de l’inuline. C’est au milieu de ces cellules que se trouvent distribués assez régulièrement les vaisseaux laticifères, qui forment les traits foncés dont nous avons parlé. Ces vaisseaux sont d’un diamètre assez

DES RACINES. — COMPOSÉES

étroit (0,013 millimètre), ils s’étendent en long et envoient des ramifications à droite et à gauche, mais jamais en dedans ou en dehors. Ils sont formés d’une membrane propre très-mince et contiennent un suc blanchâtre à l’état récent, brun à l’état sec. Delà disposition que nous venons d’indiquer résultent ces couches alternantes de tissu dense formé par les cellules remplies de matière solide et de tissu plus lâche, formé de cellules à diamètre plus large et généralement remplies d’air et non de produits solides ou liquides. Ce tissu se détruit même quelquefois et donne un aspect spongieux à l’écorce.

Une couche assez large, mais assez mal délimitée, sépare l’écorce du bois, qui est formé de nombreux vaisseaux réunis par un petit nombre de fibres ligneuses à parois peu épaisses.

La racine de Pissenlit contient un suc laiteux à la fois doux etamer qui lui donne sa saveur particulière. Ce suc varie du reste beaucoup en quantité et en qualité suivant l’époque de l’année et aussi suivant le terrain où la plante est venue. Au printemps il abonde ; il diminue beaucoup en automne, où il semble remplacé par l’Inuline, qui manque avant la floraison. Le suc domine dans la saison du développement de la plante, la matière amère en automne. Les terrains gras développent le suc laiteux et la saveur douce de la racine ; les terrains maigres augmentent son amertume.

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