‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale [electronic resource]Chapitre 488 sur 580 · TURBITH · texte numérisé non relu

TURBITH

Turbith végétal. Racine de Turbith. — Radix Turpelhi.

Le Turbith des pharmacies est donné par les racines de 1’/pomœa Turpethum R. Brown, plante originaire des Indes Orientales, de l’Australie et de toute la Polynésie.

Dans le commerce, le Turbith se montre en morceaux de 15 à 20 centimètres de longueur, de diamètre variable entre 1 centimètre 1/2 et 3 centimètres, quelquefois droits, le plus souvent tordus sur eux-mémes. Tantôt la racine existe tout entière avec le corps du bois, d’autres fois, on ne retrouve que l’écorce débarrassée de la zone ligneuse. La surface extérieure est d’un jaune-fauve cendré, ou rougeâtre; elle est marquée de sillons et de points saillants longitudinaux. Sur la coupe transversale, l’écorce montre une couleur d’un blanc-sale, et, si la coupe est ancienne, la surface se trouve recouverte d’une matière résineuse jaunâtre.

Surles fragments jeunes, d’un petit diamètre, cette écorce,qui

526 DES RACINES. — CONVOLVULACÉES.

a environ le quart du rayon, ne présente rien de particulier à l’œil que les larmes de résine : mais sur les morceaux plus âgés^ ayant 2 centimètres de diamètre et au delà, elle est devenue beaucoup plus épaisse et présente (//</. 237) très-manifestement des portions ligneuses, qui sont enfermées dans son tissu et qui

Fîff. 237.

orment un ou même plusieurs cercles irréguliers, à éléments distants les uns des autres. Ces fragments de tissu ligneux sont parfaitement reconnaissables au nombre considérable de pores qui en criblent la surface : le même caractère se remarque dans la zone ligneuse centrale, qu’on voit, dans les jeunes rameaux, coupée en quatre ou cinq fragments cunéiformes par de larges rayons médullaires ; et qui, chez les morceaux de plus grand diamètre, ne renferme plus que un ou deux de ces rayons et même quelquefois pas du tout, le bois ayant absorbé tout l’espace compris à l’intérieur du cambium.

L’écorce, examinée au microscope, présente, de dedans en dehors, une couche subéreuse de cellules cubiques ou tabulaires appliquées les unes contre les autres; au-dessous, un parenchyme de cellules étendues assez irrégulièrement dans le sens

Fig.H1. — Coupe transversale d'uiie racine de Turbilh montrant de nombreux faisceaux ligneux contenus dans l’écorce.

TURBITII.

tangenliel et remplies de grains d’amidon et d’une quantité considérable de cristaux en rosette d’oxalate de chaux. Dans ce parenchyme se trouvent isolés et rangés en un cercle irrégulier des groupes de 5 à 8 cellules libériennes de forme polyédrique, à parois épaissies, mais laissant dans leur milieu une cavité assez évidente. Vers la zone cambiale, le parenchyme cellulaire se remplit d’un nombre considérable de grosses cellules contenant des larmes de résine jaunâtre. Ces cellules sont moins considérables cependant que dans le Jalap officinal ; elles sont étendues dans le sens tangentiel et forment plusieurs cercles interrompus.

Sur la coupe longitudinale, on voit un certain nombre de ces cellules placés les unes au-dessus des autres, et il arrive souvent que les cloisons transversales de séparation se résorbent et qu’il se forme ainsi des espèces de vaisseaux propres d’une certaine longueur.

Quand l’écorce est jeune, on n’y trouve que les éléments précédents. Plus tard, on y rencontre le tissu ligneux dont nous avons déjà parlé, qui s’y montre en groupes isolés, formant une ou plusieurs zones circulaires. Ce tissu ligneux est composé de gros vaisseaux à ouverture large, à parois rayées ou ponctuées, entourés d’un nombre considérable de fibres ligneuses, à parois peu épaisses, aussi ponctuées ou rayées. Tout autour de ces fragments ligneux, on trouve quelquefois des cellules à résine formant un cercle irrégulier.

La zone centrale, en dedans de l’écorce, est formée du corps ligneux principal, dont la structure est identique à celle des fragments renfermés dans l’écorce : de larges rayons médullaires, en nombre variable, généralement d’autant moindre que la racine est plus âgée, coupent cette zone ligneuse en 2, 3, 4 ou 5 segments très- développés. Ces rayons sont formés d’un parenchyme analogue à celui de l’écorce et contiennent les mêmes éléments amylacés et minéraux (cristaux d’oxalate de chaux en rosette). Ils aboutissent à une moelle centrale de structure

DES RACINES. — CONVOLVULACÉES.

analogue, qui n’existe généralement pas dans les racines de moyen ou de petit diamètre.

Le Turbith n’a pas d’odeur marquée ; sa saveur est d’abord fade, puis nauséeuse. 11 contient 4 pour 100 environ d’une matière résineuse, de l’huile essentielle et de la matière colorante jaune. La matière résineuse est un mélange de 1/20 de résine soluble dans l’éther et d’une autre résine insoluble dans ce véhicule. On nomme cette dernière Turpéthine.

Page 1