‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale [electronic resource]Chapitre 501 sur 580 · RACINE DE SASSAFRAS · texte numérisé non relu

RACINE DE SASSAFRAS

laissant souvent des vides entre elles et contenant de plus grosses cellules à huile essentielle. Ce parenchj^me devient plus régulier vers les parties internes; le tissu y est moins spongieux, et il est parcouru par un grand nombre de rayons médullaires à plusieurs rangées de cellules radiales. Entre ces rayons, le parenchyme brunâtre est môlé de nombreuses cellules assez grosses, contenant de l’huile essentielle. En outre, on y voit beaucoup de cellules libériennes, à parois épaisses, tantôt isolées, tantôt groupées par trois ou quatre. Le parenchyme et les cellules des rayons médullaires contiennent de la fécule.

L’écorce de Sassafras a une odeur douce et aromatique qui rappelle celle du Fenouil et de l’Anis. La saveur est aussi aromatique.

Quant au bois {Lignum Sassafras), il est facilement reconnaissable à son odeur, qui rappelle celle de l’écorce, seulement moins prononcée. 11 est d’un brun grisâtre ou rougeâtre et d’une texture assez grossièrement fibreuse. Il montre des couches concentriques de 1/2 à 1 centimètre d’épaisseur, finement striées par de nombreux rayons médullaires rapprochés les uns des autres, et percés d’une foule de pores trèsvisibles à la loupe, qui se pressent surtout dans la partie interne de la zone annuelle.

Au microscope, on voit les rayons médullaires formés de 2 à 3 rangées de cellules radiales, de couleur foncée, renfermant des grains d’amidon. L’intervalle entre deux rayons est rempli par des cellules ligneuses, rangées assez régulièrement en files radiales, entourant de gros vaisseaux. Çà et là se montrent de grosses cellules oléifères.

L’écorce de Sassafras contient environ 3 p. 100 d’huile essentielle; le bois est un peu moins riche en essence.

POLYGONÉES.

Les Racines de Polygonées, que nous avons à décrire dans ce

540 DES RACINES. — POLYGONÉES.

chapitre, sont loin d’avoir toutes la même importance. Les Racines d’Oseille ne sont que rarement employées, et nous ne les citons presque que pour mémoire, parce qu’elles sont mentionnées dans notre Pharmacopée française. Les Racines de Patience et les Rhubarbes sont au contraire dans tous les droguiers et méritent une attention plus spéciale. Elles présentent un caractère commun, qui nous a permis de les réunir ensemble dans notre tableau : elles contiennent une matière colorante jaune, qui passe au rouge sous l’influence des alcalis. En outre, elles ont une odeur particulière et une saveur à la fois astringente et amère, qui permet de les reconnaître. Mais, à côté de ces traits généraux, elles ont des caractères qui les distinguent très-nettement les unes des autres : les Rhubarbes étant en gros morceaux, marbrés de blanc et d’un jaune plus on moins rougeâtre ; les Racines de Patience étant recouvertes extérieurement d’une écorce brunâtre et n’ayant pas dans le tissu intérieur les couleurs tranchées des Rhubarbes.

o4. RACINE D'OSEILLE.

L’Oseille {Rumex Acetosa L.) dont nous avons déjà décrit les feuilles (pag. 120) a des racines astringentes et amères, qu’on emploie à l’état frais et qu’on trouve aussi quelquefois à l’état sec dans les droguiers.

Cette racine pivotante porte souvent à son sommet plusieurs têtes d’où s’élèvent les tiges aériennes. Le corps principal, long de 2 décimètres environ, a, dans sa partie moyenne, de 1 à 2 centimètres de diamètre. 11 est recouvert d’un suber brun rougeâtre, strié longitudinalement, qui, à l’état frais, se détache assez facilement des parties sous-jacentes. Le reste de l’écorce, dont l’épaisseur est considérable, a une couleur blanchâtre sur le frais ; des stries radiales nombreuses s’y font remarquer sur presque toute la largeur, mais surtout dans la zone interne. La zone centrale de structure fibreuse est égale-

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