‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale [electronic resource]Chapitre 504 sur 580 · RHUB AUBES · texte numérisé non relu

RHUB AUBES

Racines ou liges de Rheum. — Radix Rhei.

Sous le titre général de Rimbariies nous réunissons ici les produits des espèces de Rheum, qu’on trouve dans nos droguiers sous les noms de itiiuimrbcs et de Riiapoutics. Diverses parties de Taxe de la plante peuvent donner ces drogues

DES RACINES

POLYGONÉES.

Fig. 244. Fig. 245. Fig. 24G

qiies, coniques ou plans-convexes de couleur jaune ou jaunerougeâtre. La surface externe montre sur le fond coloré de nombreuses stries blanches {fîg. 24o), ou des lignes de cette couleur tantôt parallèles entre elles {frg. 244) tantôt croisées en losanges {fig. 246) assez réguliers. A l’intérieur on trouve un tissu très-

Fig. 244.— Surface latérale d'une Rhubarbe indigène, provenant d’un rhizome de Rheum Rlioponticum, L.

Fig. 245. — Surface latérale de Rhapontic.

Fig. 246. — Surface latérale d'un échantillon de Rhubarbe de Chine.

simples : c’est tantôt la racine ou une portion du rhizome comme dans les espèces que la culture a depuis longtemps introduites dans nos jardins; c’est tantôt la partie aérienne de l’axe, comme M. Bâillon l’a montré pour la Rhuharhe officinale, si bien que, pour être très-exacts, nous aurions dû transporter l’étude de cette dernière substance au chapitre des Tiges. Nous avons cru cependant devoir laisser rapprochés des produits qui ont tant de rapports entre eux et les réunir ensemble dans la division des Racines, où on les a placées jusqu’ici.

Tous les produits des Rheum sont facilement reconnaissables. On les trouve dans nos droguiers en morceaux cylindri-

RHUBARBES.

oio

caractéristique, marbré de blanc et de jaune plus ou moins rougeâtre, qui colore la salive en jaune. L’odeur est particulière et la saveur à la fois astringente et amère.

A ces caractères tirés de l’aspect extérieur ou des propriétés organoleptiques, se joignent des caractères de structure. La coupe tranversale montre deux parties nettement séparées par une ligne foncée de cambium : l’écorce et la zone ligneuse. L’écorce, dont les couches extérieures ont été enlevées, a dans sa partie interne, qui touche au cambium, une structure radiée très-évidente, due â la présence de rayons médullaires jaunes rougeâtres, assez régulièrement parallèles entre eux. La zone ligneuse n’est jamais dure et résistante, elle est formée d’une masse blanche, que nous verrons représenter le tissu ligneux proprement dit, et qui renferme une grande quantité de fécule et de l’oxalate de chaux. Cette masse est parcourue de lignes jaunes rougeâtres, qui sont des rayons médullaires, dont les cellules sont remplies d’une matière colorante particulière susceptible de rougir par les alcalis. Tantôt ces lignes sont bien distinctes {fig. 249), d’autres fois elles sont intriquées entre elles et difficiles à débrouiller (Jig. 247), mais dans tous les cas leur couleur indique nettement leur présence. Au centre se trouve parfois une masse cellulaire plus ou moins étroite qui représente une moelle.

Deux groupes bien distincts peuvent être établis dans les TUiubarbes. Les unes montrent une intrication extrême des “rayons médullaires, et en outre sur les tranches horizontales {fig. 247) la présence de taches étoilées, qui se rangent assez régulièrement en cercle; la coupe longitudinale met en évidence (/?^. 248) les mêmes taches, quelquefois très-nombreuses. La surface latérale des morceaux est remarquable par la disposition des lignes blanches qui la strient : ces lignes s’entre-croisent entre elles et forment des losanges réguliers analogues à ceux de la figure 246. Ces Rhubarbes proviennent du plateau central de l’Asie, où elles sont produites probablement par une seule et même

l’LANCHOîf. — Drogues simples.

DES RACINES. — POLYGONÉES.

espèce de Rheum, que nous connaissons seulement depuis quelques années, le Rhewn officinale Bâillon (1). Nous les décrirons sous le nom commun de itimbarbes d’Asie, en opposition à celles qu’on a appelées assez improprement Rhubarbes

FUj. 2i7. Fig. 248.

Fig. 247. — Coupe transversale d'une nliubarbe de Chine, montrant très-nettement la ligne de Cambium et les taches étoilées.

Fig. 248. — Coupe longitudinale d'une Rhubarbe de Chine montrant de nombreuses taches étoilées.

(1) Les racines de cette plante ont été envoyées par M. Dabry, à la Société d’acclimatation. Elles sont arrivées dans un état de putréfaction trèsavancée. Cependant, quelques bourgeons ont pu être sauvés et ont donné des plantes dans le jardin d’un amateur, M. Giraudeau, et dans le jardin botanique de la Faculté de médecine. Les pieds du jardin de M. Giraudeau ont fleuri on 1871, et M. Raillon a pu donner de la plante la description que nous l’eproduisons plus bas. Le fait de végétation le plus curieux, c’est le développement peu considérable des racines, et très-marqué, au contraire, de la tige. Une portion de cette tige est souterraine, mais lapins grosse partie s’élève hors de terre, en forme de cône, tout è fait comparable à un gros obus. De nombreuses écailles brunes, qui sont les restes des feuilles ou des ochrea recouvrent cette portion. Des bourgeons quelquefois gros comme une noisette se font remarquer à l’aisselle de ces écailles ; ils- reproduisent facilement la plante, quand on les place dans des conditions convenables d’humidité et de chaleur.

Les racines ont une structure, qui ne s’éloigne pas sensiblement de celle de nos Rhapontics : la partie qu’on emploie et qu’on nous envoie de Chine est évidemment la grosse tige renflée, tant dans sa partie souten-aine que dans sa partie aérienne. On la monde des ochrea et de la portion exté-

RHUBARBES.

d Europe OU Rhubarbes indig^ènes, et qu’oil obtient, dans les cultures, des espèces de Rheum transportées à diverses époques de la Sibérie, de la Chine ou de l’Hymalaya. Ces Rhubarbes ou Rbapoutics se recounaissent en général à ce que la zone ligneuse est régulièrement striée par les rayons médullaires, qui vont directement du centre à la circonférence, en lignes sensiblement droites. On n’y voit pas non plus d’ordinaire les taches en étoiles, que nous avons signalées dans les Rhubarbes asiatiques. Cependant quelques sortes font exception à cet égard; c’est ainsi que certaines Rhubarbes anglaises, montrent un certain nombre de taches éparses çà et là. Mais dans aucun

rieure de l’écorce et elle donne alors les Rhubarbes que nous décrirons sousle nom de Rhubarbes d’Asie.

Nous ajoutons à ces quelques renseignements la description de la plante,, telle que l’a donnée M. Bâillon dans VAclansonia, t. X, 2i7.

Rheum officinale. — Planta e basi valde ramosa, caule ramisque brevibus crassissimis (humani brachii v. cruris crassitudine) supra terrain parum prominulis frutescentibus, cicatricibus v. vestigiis parum (atro-fuscatis) foliorum ocrearumque notatis, extus fuscatis, intus carnosis vel sub-pulposis succoque lutescente v. subaurantiaco rhabarbari officinalis scatentibus. Folia alterna approximata ampla (rubescentia juniora), ocrea obovoidea glabra (pallide virescente) sublucida, demum inæquali-fissa, involuta ; petiolo (ad 1/2 metrali) e basi valde (lat. 4-5 1/2 cent.) dilatata compressa subcylindrico, intus haud sulcato, nunc paululum ad medium complanato, albido-pubescente ; limbo (ad 1 metr. et ultra) longo latoque, sæpc paulo latiore quam longioi'e orbiculari-subreniformi, basi 5 nervio subflabcllato, ambitu breviter 5 lobo; lobis inaequali-incisis ; terminali lateralibus haud longiore; nervis venisque reticulatis subtùs prominulis crassis, uti pagina inféra tota, sed ditius, pube albida tenui villosulis ; nervis inferioribus 2, extùs ad basin (inde spurie cordatam) nudatis ; parenchymate petiolum summum haud attingente ibique nunc inde subauriculato. Ramuli nunc juniores e stipite assurgentes herbacei, foliis paucis parvis remote alternis instrucli (inflorescentiæ (?), ut vidctur, abortivæ). Inllorescentiæ (ad 2 1/2 metr. altæ) foliatæ, ad apicem ramosæ ; ranhs apice nutantibus flores crebros (pallide virescentes) cymosos gerentibus ; pedicellis gracilibus ad basin articulatis; bracteis brevissimis (pedicello 5, 6-plobrevioribus), demum fuscatis. Sepala subhypogyna oblongoobovata; intcriora 3 paulo latiora. Discus e glandulis constans 2, 3 plus minus crenato-lobatis carnulosis (dense viridibus). Stamina !), subhypogyna ; antheris ovatis, apice muticisve marginatis; loculis basi liberis.caducissimis. Gynœceum perianthio brevius; germine 3 gono (viridi): styli 3 partiti ramis (albidis) recurvis, apice stigmatoso suborbiculari-dilatatis, intùs subreniformibus et centro nunc nonnihil depressis. Ovulura ui in genere; cæteris hucusque ignotis.

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DES RACINES. — POLYGONEES.

cas, ces Rhubarbes indigènes ne montrent les losanges caractéristiques de la surface externe : ce sont ou des stries ponctuées, ou de véritables lignes parallèles sur une grande longueur.

t)6. RHUBARBES D’ASIE.

Rhubarbe officinale. — Radix Rhei officmalis.

Les ichuiiariics d’Asie proviennent du plateau central qui s’étend dans l’empire chinois, et particulièrement des provinces de Tangout et du Kansou. Elles sont produites là par une espèce, que nous avons depuis quelques années dans nos jardins, et qui a été décrite par M. Bâillon sous le nom de liheim officinale.

Nous avons déjà indiqué l’ensemble des caractères distinctifs des Rhubarbes d’Asie ; nous allons les reprendre en détail en insistant sur les plus importants.

Ces produits sont en gros morceaux, cylindriques, arrondis, anguleux ou plans-convexes. Leur couleur est d’un jaune plus ou moins foncé, légèrement rougeâtre. La surface est

i'ig- Fig. 260.

généralement pulvérulente et d’ordinaire très-nettement marquée, au-dessous de la couche de poussière, de lignes blanches

Fig. 249. — Coupe transversale de Rhapontic.

Fkj. 2S0 — Morceau de Rhubarbe de Chine vu par la face supérieure.

RHUBARBES D’ASIE.

croisées en losange [fg. 240). La surface enfermée dans le réseau polygonal est de couleur jaune, striée de courtes lignes et de ponctuation blanches. La coupe transversale {fig. 247) montre quelquefois une portion trés-mince d’écorce, séparée du reste du tissu par la ligne plus foncée du cambium. Souvent Técorce a disparu tout entière, et on ne voit alors que la zone ligneuse. Des rayons jaunes, striant le fond blanc du tissu, partent de la circonférence de la racine et se dirigent vers le centre, placées presque parallèlement à côté l’un de l’autre. A une certaine distance ils s’entre-croisent entre eux et se perdent ensuite au milieu d’un système de taches ou d’étoiles, qui forment soit un cercle assez régulier, soit un certain nombre de cercles placés sans beaucoup d’ordre dans la racine. En dedans, ils forment des marbrures jaunes irrégulières.

Dans les morceaux plans convexes, la surface longitudinale plane (/f^. 248), qui a été coupée au couteau, ne présente pas de trace du réseau losangique de la surface latérale convexe. On y voit à une certaine distance du bord le système des taches étoilées, qui peuvent apparaître en très-grand nombre et se retrouver sur presque toute la surface.

En examinant au microscope une coupe de Rhubarbe on se rend compte de la nature des divers tissus. La partie blanche est formée d’un parenchyme de cellules hexagonales, qui contiennent une quantité considérable soit de grains de fécule, soit de gros de cristaux étoilés d’oxalate de chaux. Çà et là on aperçoit des pores, qui sont l’ouverture de gros vaisseaux, entourés de cellules fibreuses à parois minces et non incrustés. Cette masse blanche représente donc le tissu ligneux. Les lignes jaunes, qui sont des rayons médullaires, sont formées d’un certain nombre de rangées de cellules étendues dans le sens radial : ces cellules ont des parois minces et sont remplies d’une matière colorante jaune, rougissant par les alcalis, et qui est tantôt à l’état de petites larmes solides, tantôt à l’état demi-liquide.

Les taches étoilées, qui se montrent dans les Rhubarbes asia-

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DES RACINES. — POLYGONEES.

tiques, ont une structure très-particulière. A l’œil ou à la loupe {fuj. 251), on les voit formées sur un fond blanc de rayons colorés, jaune orangé, qui divergent du centre de la tache au nombre d’une dizaine environ, et vont se perdre en serpentant dans le tissu environnant. A une certaine distance du centre.

ils sont coupés par une ligne circulaire un peu plus foncée. En somme ils représentent en petit une racine de rhubarbe avec son tissu blanc, ses rayons médullaires et sa zone de cambium. L’étude microscopique {fig. 252) montre dans les rayons

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Fig. 251,

Fig. 252.

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médullaires rm une structure tout ù, fait analogue à celle que nous avons déjà décrite dans les rayons placés en dehors des étoiles. La zone de cambium c est formée de plusieurs rangées de cellules étendues tangentiellement. Le tissu blanc tb est un parenchyme rempli d’amidon et d’oxalate de chaux, dans lequel se trouvent, en dedans de la ligne cambiale, des cellules fibreuses à parois peu épaissies; et, au dehors seulement, des vaisseaux à

Fig. 251. — Groupe tic tâches étoilées d’une Rhubarbe de Chine.

Fig. 252. — Coupe transversale d’une étoile de Rhubarbe de Chine ; t b, tissu blanc ; rm, rayons médullaires jaunes ; c, zone cambiale.

RHUBARBES D’ASIE.

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large ouverture entourés par quelques cellules ligneuses à parois non incrustées.

Quant au réseau <à mailles losangiques blanches, on prévoit, d’après ce que nous avons dit, comment il est formé. Les lignes blanches, qui se croisent, sont du tissu de la zone ligneuse, réduit parfois à un simple parenchyme cellulaire; mais, lorsque la racine n’est pas profondément mondée, ce tissu renferme de véritables cellules libériennes unies entre elles et remplies de grains de fécule fortement tassés les uns contre les autres. La surface que circonscrivent ces mailles est formée du tissu blanc fondamental, sur lequel de nombreuses stries jaunâtres représentent la coupe longitudinale des rayons médullaires.

Toutes les Rhubarbes d’Asie présentent ces caractères essentiels, et les différentes sortes, qu’on a reçues à diverses époques dans le commerce, ne se distinguent réellement entre elles que par des signes artiQciels et qui ne paraissent pas correspondre â des origines botaniques différentes. Nous allons les indiquer rapidement.

1°, Rhubnriic rte iioscovic. — Rhubarbe de la Couronne, Rhubarbe russe. Rhubarbe de Bucharie ù.e,lslmT?iy . Radix lihei optimi. — Radix Rkei Moscovitici.

Pendant longtemps le gouvernement russe a monopolisé le commerce de la Rhubarbe; un commissaire, chargé de recevoir la substance, était établi à Kiatcha, sur la frontière de l’Empire Céleste, au Sud-Est du lac Baikal, et il rejetait rigoureusement tous les échantillons de qualité inférieure. Pour les vérifier, on agrandissait le trou, par lequel passait la corde qui avait servi â suspendre la rhubarbe pendant sa dessiccation; on vérifiait aussi par cette large ouverture l’état de la racine â l’intérieur ; on mondait tout ce qui pouvait avoir soufl'ert. Il en résultait une sorte choisie, et naturellement plus estimée que toute autre, qui arrivait en Europe par Moscou et Saint-Pétersbourg.

Cette Rhubarbe ne vient plus dans le commerce depuis que

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le monopole a cessé, vers 1863 ; il en existe encore des échantillons dans les droguiers, mais ils n’ont vraiment qu’un intérêt historique.

Ces morceaux sont irréguliers, anguleux, profondément mondés, et présentent par suite à leur surface les lignes losangiques, mais sans les libres qu'on remarque dans les échantillons de Chine, à demi mondés. Parfois le réseau losangique lui-même a disparu, et le couteau a pénétré jusque dans la zone étoilée. Ces échantillons sont percés d’un trou très-élargi, de couleur nette, nullement noirci et ne contenant aucun débris de corde. La couleur la plus générale est d’un jaune orangé foncé ou d’un jaune clair, devenant brunâtre par l’humidité. Les taches étoilées sont le plus souvent très-régulièrement rangées en un cercle, qui limite la masse centrale parsemée d’autres étoiles. La Rhubarbe de Moscou est légère, d’une cassure peu compacte et recouverte d’une poussière fine d’un beau jaune. Son odeur est très-prononcée ; sa saveur amère et astringente. Elle colore la salive en jaune safrané et croque sous la dent.

2° Riiuiiarbe de Chine. — Rhubarbe de Canton. Rhubarbe du Nord et du Sud de la Chine. — Emt Indian Rhubarbe des Anglais.

Cette Rhubarbe arrive du plateau central, par la voie de Canton et des autres ports de la Chine ouverts au commerce.

Cette sorte, dans ses bons morceaux, ne diffère pas essentiellement de la Rhubarbe de Moscovie et a tout autant de valeur. Mais on a longtemps donné spécialement ce nom a une sorte un peu moins estimée, parce qu’elle n’avait pas été choisie, à la suite d’un contrôle sévère comme celui des commissaires russes de Kiatcba. — Les échantillons portent encore des traces de la corde qui avait servi à les suspendre; de plus ils sont moins profondément mondés à la surface, par suite moins anguleux, et présentent souvent des traces de la ligne du cambium. Les mailles losangiques blanches de la face conve.xe renferment souvent du tissu fibreux, formant un réseau qui

RIIUnARBES D’ITALIE.

peut se séparer du parenchyme ligneux. Enfin le tissu de la substance est plus compacte, d’une couleur plus terne, plus rougeâtre. Cette Rhubarbe croque sous la dent ; elle a une odeur spéciale et une saveur amère. Elle colore la salive en jaune orangé et donne une poudre d’une couleur presque jaune.

3° Rhubarbe île Perse. — Rhubarbe de Turquie. Rhubarbe d’Alexandrette. Dutch trimmed Rhubarbe. Batavian Rhubarbe des Anglais.

Guibourt a décrit sous le nom de Rhubarbe iie Perse, une sorte qui venait autrefois par la Perse, ou par la Syrie, mais que les Anglais retirent maintenant directement de la Chine, comme les Hollandais le faisaient avant eux. Cette sorte présente une texture très-serrée, une couleur terne particulière ; le trou, qui perce les morceaux, contient encore une petite portion de corde. Elle est le plus souvent en gros morceaux plans-convexes, montrant très-nettement le réseau losangique sur la face convexe et de très-nombreuses tâches étoilées soit sur la coupe transversale, soit sur la face plane longitudinale. C’est une très-bonne Rhubarbe.

Nous n’insisterons pas davantage sur ces diverses sortes de la Rhubarbe officinale. Elles ont pu avoir jadis de l’importance, mais à présent qu’elles nous arrivent toutes mêlées ensemble par la voie de la Chine, elles n’en ont plus pour nous. L’essentiel] pour la pharmacie est de reconnaître, aux caractères que nous avons indiqués, la vraie Rhubarbe officinale et de choisir ensuite les morceaux qui auront le moins soulfert, soit dans la préparation, soit dans le transport.

Les Rhubarbes officinales ont une composition chimique trèscompliquée : la substance qu’on trouve dans toutes et qu’il est important de noter est Vacide Chrysophanique, qui se présente comme une substance jaune, susceptible de rougir par les alcalis, et qui, mélangée avec des substances résineuses, donne les produits complexes qu’on a appelés Rhabarbarin, Aphorélrine., Emodine, etc. On trouve en outre dans la Rhubarbe un tannin

DES RACINES. — POLYGONÉES.

particulier ; de l’oxalate de chaux, sous forme de cristaux ; beaucoup d’amidon ; une petite quantité d’huile fixe, etc.

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