HELLÉBORE BLANC
Racine d’Hcllébore blanc. Racine de Varaire. — Bhizoma Veratri.
L’Hellébore blanc est le rhizome, muni de ses racines adventives, du Veratrum alburnh., plante répandue dans les régions sous-alpines de l’Europe centrale et méridionale et de la Russie d’Asie.
Ce rhizome est en gros morceaux cylindriques, terminés en cône très-obtus à l’extrémité inférieure, couronnés à l’autre extrémité par la base d’un grand nombre de feuilles engainantes, serrées les unes contre les autres, et tout recouverts sur leur surface latérale de nombreuses racines.
La longueur des souches est de 6 à9 centimètres et leur épaisseur, en dehors des racines, est de 2 à 2 centimètres et demi; les racines, longues de 10 à lo centimètres, ont un diamètre moyen ^de 3 à 4 millimètres. — La couleur générale est d’un brun- fauve, tendant çà et là vers le rougeâtre ou le noirâtre.
Sur la coupe transversale, le rhizome central montre, audessous d’une ligne brun-noirâtre superficielle, qui s’épaissit là où les radicules prennent naissance, deux zones assez distinctes séparées par une ligne jaune foncé. Ces deux zones sont toutes deux de couleur blanchâtre ; la plus extérieure ou zone corticale a une épaisseur qui atteint à peine le quart du rayon; elle est marquée d’un petit nombre de points jaunâtres. Le cercle central
HELLEBORE BLANC.
montre un nombre beaucoup plus considérable de petites lâches oblongues sinueuses, d’autant plus rapprochées qu’elles sont plus extérieures, de manière à laisser presque complètement libre le centre de la racine.
Le microscope montre la structure de ces diverses parties. La ligne superficielle brun-noirâtre est formée de cellules à parois internes assez épaisses, serrées les unes contre les autres. La zone corticale consiste en un parenchyme cellulaire, parsemé de paquets fibro-vasculaires. Les cellules, à parois minces, contiennent une petite quantité d’amidon, et çà et là des paquets deraphides; les faisceaux fibro-vasculaires sont formés de vaisseaux rayés, groupés autour d’éléments qui peuvent se rapporter au tissu cribreux. Ces faisceaux se retrouvent beaucoup plus nombreux et plus épais dans le corps central de la racine, dont le parenchyme cellulaire rappelle celui de l’écorce. La ligne de séparation entre les deux zones (couche protectrice) est formée d’une couche de cellules oblongues, allongées dans le sens de la circonférence, à parois également épaissies, plus larges à la partie interne qu’à l’extérieur.
Les racines qui se détachent de ce rhizome ont une organisation spéciale. Au-dessous de la couche subéreuse, elles montrent un parenchyme blanchâtre qui se déchire facilement dans le sens de la longueur de la racine. Ce parenchyme, formé de cellules à parois minces contenant quelques grains d’amidon et de nombreuses raphides, entoure un très-mince méditullium, adhérent fortement à la partie corticale, de couleur jaunâtre à l’extérieur. Ce méditullium, formé de fibres ligneuses et de gros vaisseaux rayés, est séparé de la zone externe par une ligne de cellules jaunâtres, à parois assez épaisses, surtout dans la partie interne, qui correspond à la couche protectrice ou Kernscheide des Allemands.
L’Helléhore blanc aune saveur amère, .âcre, irritante et brûlante. Il contient de la Vératrine et un alcaloïde nommé Jervine.
Il faut rapprocher dé l’Héllébore blanc, le rhizome du Vera-
RHIZOMES. — SMILACEES.
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trum viride Aiton, plante des États-Unis et du Canada, trèsvoisine du Veratrum album L. et qu’on a même longtemps confondue avec elle.
Le rhizome rappelle beaucoup par ses caractères extérieurs et anatomiques ceux de l’Hellébore blanc. Nous nous contenterons de signaler les principales différences. L’Hellébore américain se présente en fragments coupés dans le sens de la longueur. Sa couleur, surtout celle des racines, est d’un jaune verdâtre clair et non d’un brun noir. Ces racines ont un tissu cortical plus facilement séparable du méditullium ligneux, qu’on voit souvent, dans cette espèce, dépasser sur une assez grande longueur le fourreau épais formé par la zone corticale. A ces caractères extérieurs, on pourrait ajouter quelques détails de structure, mais qu’il est assez diflicile de constater, si l’on n’a une habitude suffisante du microscope et que nous ne croyons pas nécessaire d’indiquer ici .
\j Hellébore vert d’Amérique n’est guère usité dans notre thérapeutique européenne. Les Américains en font usage comme sédatif du système de la circulation.
SMILACKES.
2o. RHIZOME DE PETIT HOUX.
Uacine de Fragon épineux. — lladix Rusci seu Borusci seu Brusci. Rhizoma Rusci.
La racine de Fr.ijfon épineux, tel qu’on le trouve dans les pharmacies, est une souche garnie de ses racines adventives. La plante qui la donne {Rucus aculeatus L.) croît dans l’Europe méridionale et centrale et est cultivée partout dans les jardins.
Le rhizome est en fragments de 6 à 10 cenlimèlres de long, sur 5 à 8 millimètres d’épaisseur, émettant de chaque côté des faisceaux irréguliers contournés et qui se ramifient souvent