CALAMUS AROMATIQUE
Acore vrai, Roseau aromatique. — Rhizoma Cahimi.
C’est le rhizome du Calamns aromaticus L., de la famille des Aroïdées. — Cette plante, originaire des bords de la mer Noire, a été naturalisée dans presque toute la région moyenne et septentrionale de l’hémisphère Nord : Suisse, Allemagne, France, Angleterre, Suède et Norvège, Nord de la Russie, Asie moyenne, Nord de l’Amérique. On la rencontre dans les lieux humides et marécageux.
Le rhizome, tel qu’il arrive dans les pharmacies, est en morceaux plus ou moins longs, tantôt cylindriques aplatis, tantôt recouverts de leur écorce extérieure, tantôt mondés, quelquefois coupés en 2 ou 3 morceaux dans le sens de la longueur.
Le rhizome intact est de couleur jaune-brun ou jaune-rougeâtre, aplati, de 1 à 1 cent. 1/2 de largeur sur 1/2 environ d'épaisseur. La face supérieure est très-caractérisée par la
CÂLAMUS AROMATIQUli:.
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présence d’empreintes longuement triangulaires, très-rapprochées et disposées de façon à ce que le sommet du triangle est alternalivement tourné à gauche et droite. La face inférieure porte un nombre considérable de petites impressions circulaires, qui ne sont pas autre chose que la trace des racines adventives, qui se détachent de cette partie du rhizome,
La coupe transversale du Calamus montre un tissu d’un rouge pâle, qui se colore très-fortement en bleu noir, lorsqu’on le touche avec une solution d’iode. Sur le fond, ainsi foncé artiticiellement, se détache très-nettement, à 1 millim. ou irl millim. du bord, une ligne ponctuée, blanchâtre, et â l’intérieur une série de points très-épars, mais d’autant plus rares qu’on s’approche plus du centre.
Le microscope montre dans ces diverses parties là structure suivante :
La portion externe, limitée par la ligne ponctuée et qu’on appelle la portion corticale , est formée extérieurement d’une couche de cellules denses, longuement étendues dans le sens du rayon et à paroi interne un peu plus épaisse que les autres. Cette couche est remplacée, là où se trouvent les empreintes des feuilles, par une couche de cellules tabulaires (tissu subéreux). — Immédiatement au-dessous, se trouve un tissu dont les cellules contiennent, les unes de l’amidon, les autres de l'huile essentielle. Ces cellules forment tout d’abord un tissu assez dense, dans lequel on ne remarque que quelques lacunes dispersées çà et là; mais bientôt elles se groupent assez régulièrement, de manière à former une espèce de réseau à mailles polygonales, plus ou moins arrondies, laissant ainsi entre elles de grandes lacunes, qui donnent à tout ce tissu une consistance spongieuse. Les cellules à huile essentielle sont en général un peu plus grosses que les autres et, le plus souvent, placées au point de jonction des côtés des polygones. Au milieu du tissu cellulaire, et remplissant la place d’une des lacunes, se trouvent çà et là, mais très-épars, quelques faisceaux fibro-
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vasculaires analogues à ceux que nous allons décrire dans la zone interne.
Cette seconde zone est séparée de la première par une ligne continue de cellules longuement étendues dans le sens tangentiel, et qui forment une couche protectrice. C’est contre cette ligne que viennent se presser un nombre considérable de faisceaux libro-vasculaires, Irôs-rapprochés les uns des autres, formés à l’extérieur d’un cercle de vaisseaux spiralés et à l’iniérieur de cellules fibreuses ù. parois peu épaisses. Ces faisceaux se retrouvent dans le reste de la zone, mais ils y deviennent très-épars au milieu d’un tissu cellulaire à lacunes, qui rappelle la partie corticale, par sa structure et aussi par les éléments amylacés et oléo-résineux qu’il renferme.
Les cellules à huile essentielle sont surtout nombreuses dans les parties extérieures; aussi est-il préférable de conserver le Calamiis non mondé de son épiderme résistant et rougeâtre. Non-seulement, en agissant ainsi, on ne lui enlève pas la partie la plus riche en huile essentielle, mais on lui laisse un organe de protection, qui, par sa résistance, prévient l’évaporation de cette huile en même temps que sa transformation sous l’action de l’oxygène.
Le Galamus a une odeur aromatique agréable, nue saveur piquante, aromatique et amère. Il contient une huile essentielle, de la résine, une substance amère et beaucoup d’amidon.
La substance qui extérieurement ressemble le plus au Galamus aromaticus, et peut facilement, si l’on n’y fait attention, se confondre avec lui, est le rhizome de 17rw faux Acore [Iris Pseudo- Acorus L.), plante très-répandue dans les fossés de notre région. Comme l’Acore, il a une couleur brun-rougeâtre, et la coupe transversale montre une couleur et un aspect analogue ; mais deux caractères très-marqués suffisent à le distinguer de l’Acore vrai. Le rhizome ne présente point â sa face supérieure les impressions triangulaires, qui sont si marquées dans l’Acore vrai. En outre, si on touche la coupe transversale du Faux Acore avec