‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 176 sur 331 · BAUME LIQU IDAMBAR · texte numérisé non relu

BAUME LIQU IDAMBAR

Liquidambar. Ambra liquida , Balsamum Indicum album.

< )n désigne sous le nom de Baume Bdquidnmimr le produit de l’exsudation du Liquidambar styracifhia L. Lorsqu'on fait des incisions à cet arbre, et qu’on récolte le suc qui s’en écoule, on le voit se séparer en deux parties : l une inférieure blanchâtre ou d’un gris sale, épaisse et opaque; l’autre supérieure, translucide, d’une couleur brune. C’est ainsi (pic se présentent d’anciens échantillons que possède l’Ecole de Pharmacie de Paris.

BAUME LIQUIDAMBAR.

La partie supérieure forme croûte à la surface, qui s’est résinifiéc , mais, au-dessous de celte mince couche, elle est molle et coule lentement. Son odeur est très-forte, balsamique; sa saveur est âcre, aromatique et légèrement amère. C’est cette partie qui paraît former ce qu’on a désigné sous le nom de

liiiltiiikmliar liquide OU d’huile de B/iquidainhur.

Quant à la partie intérieure, elle est peut-être utilisée pour la préparation du Uquidainhar mou ou iilanc. Cette substance nous vient dans le commerce en masses, qui ont été coulantes à un moment donné, puisqu’elles ont pris exactement la forme des vases, qui les renferment; mais la plupart des échantillons, que nous en avons à l École de Pharmacie, se sont épaissis considérablement, au point d’adhérer très-fortement aux parois du verre et môme aux corps étrangers, qui y ont été accidentellement introduits, La substance est opaque, d’une couleur blanchâtre ou d’un blanc roussâlre. L’odeur en est douce et agréable, la saveur parfumée, mais âcre â la gorge.

Les deux baumes, liquide et mou, contiennent de l'acide benzoïque, et exercent, à cause de la présence de ce corps, une réaction acide sur la teinture et le papier de tournesol. L’alcool ne les dissout qu’imparfaitement.

D’après Bonastre, on trouve dans le Baume Liquidambar :

Huile essentielle .

Substance molle soluble

dans l’eau ....

Acide benzoïque (?).....

Substance eristallisable

soluble dans

l'alcool et dans l’eau.

Résine molle .

Styracine .

L’huile essentielle est incolore, peu soluble dans l’eau, plus soluble dans l’alcool et l’éther. La matière eristallisable est aussi incolore, sans réaction acide, d’un goût et d’une odeur particuliers. La Styracine est insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool froid, très-soluble dans l'alcool chaud, d’où elle se précipite en cristallisant par le refroidissement. Cette Sty-

racine (le Bonastre est-elle idenl ifjtie à celle que Simon a retirée du Styrax liquide? Le fait n’est pas bien établi.

CONIFÈRES

Hivers genres de Conifères fournissent des oléorésines à la matière médicale; ils appartiennent pour la plupart aux groupes des Abiélinées, eL aux genres Larix, Pinus et Abies, que beaucoup de botanistes, suivant en cela Linné, réunissent en un seul sous le nom commun de Pinus. Une seule de ces plantes, le Juniperus Oxycedrus L., qui fournit l’huile de Cade, appartient

une autre division, celle des Gupressinées.

Les produits oléo-résineux de ces Conifères sont de deux ordres : les uns découlent par incision des troncs de ces espèces et sont des produits naturels, dans la véritable acception du mot; ce sont ceux qu’on appelle Térébenthines, auxquels nous adjoindrons les Galipots et la Poix de Bourgogne, qui se produisent dans des circonstances analogues, et ne diffèrent des Térébenthines ordinaires, que par une proportion beaucoup moindre d’huile essentielle. D'autres sont ce que nous appellerons des produits secondaires; ils sont préparés dans la carbonisation des Genévriers ou des Pinus cl donnent ce qu’on a nommé Biuiie «i«* CJsuie et Goudrons : ce sont les équivalents, dans le groupe des oléo-résines, des Poix noires et des Poix blanches, que nous avons étudiées à propos des Résines.

Les produits naturels sont tout formés dans les diverses parties des Conifères ; les organes sécréteurs sont des canaux tout à fait comparables h ceux que nous avons figurés il la page 22G. Ces lacunes résinifères, bordées de cellules spéciales, se trouvent dans toutes les portions de la plante, feuilles, cônes, liges et branches, et, si l’on exploite d’ordinaire les gros troncs, c’est uniquement à cause des dimensions considérables de ces parties et de l’abondance beaucoup plus grande de sucs, qu’ils peuvent

COM F E MHS.

donner. Quant la dimension des canaux, elle pont être trèsvariable : nous en avons indique ii la page :227 les principales variations. Ils peuvent dans certains cas devenir beaucoup plus larges encore, se distendre considérablement, ou envoyer des expansions latérales qui s’étendent d’ordinaire dans la direction du rayon, par exemple vers le tissu cortical, de manière h former dans ces dernières parties de véritables poches remplies d'oléo-résine.

La distribution des réservoirs résinifères est variable suivant les genres; nous empruntons au mémoire de M. Van Tiegliem sur les canaux sécréteurs des plantes (1) le tableau suivant qui résume cette distribution dans les principaux types de Conifères.

1° Pas de canaux dans la racine. Pas de canaux dans la lige ( Taxus ) ;

•2° Pas de canaux dans la racine. Canaux dans le parenchyme corlical de la lige (Cryyiomerin, Taxodium, Podocarpus, Dacrydium , Torreya, Cunninghumia, Tsuja) ;

3° Pas de canaux dans la racine. Canaux dans le parenchyme cortical et dans la moelle de la tige ( Gincko );

4° Un canal central dans la racine. Canaux dans le parenchyme cortical de la tige ( [Cedrus , A la es, Pseudolarix) ;

5° Canaux dans le bois des faisceaux de la racine e( de la tige. Canaux dans le parenchyme cortical de la tige (Pians, Larix, Picca, Pseudotsuga) ;

0° Canaux dans le liber des faisceaux de la racine et de la tige. Canaux dans le parenchyme cortical de la lige (Araucaria, Widdringtonia, Thuia , Biota, Cuj/ressus ).

De ces six divisions, deux surtout nous intéressent : la quatrième et la cinquième, qui comprennent les genres Abies, Larix et P inus.

Les espèces de Pinus qui donnent les térébenthines sont nombreuses et se rencontrent, dans l’Ancien et le Nouveau Monde,

(1) Voyez Annales des sciences naturelles, 5e série, t. XVI, p. 183 et suiv. On peut aussi consulter la thèse inaugurale de M. C. E. Bertrand, sur l’anatomie comparée des tiges et des feuilles chez les Gnétacées et les Conifères ( Annales des sciences naturelles, jc série, t. XX, p. 5).

dans les régions I roi des et tempérées de l’hémisphère boréal. Le Pmus zi/lvestris L.,qui, dans les pays de l’Europe septentrionale, donne une térébenthine commune et en tout cas des goudrons très-répandus, croît depuis les pays Scandinaves jusque dans les régions méridionales de l’Europe ; mais mesure qu’il descend vers des latitudes plus chaudes, on le voit s’élever sur les flancs des montagnes. Ainsi font le Mélèze, qu’on remarque en abondancesur les Alpes, et les Sapins, également répandus dans les forêts de l’Europe méridionale centrale des Alpes, des Vosges, et dans les pays Scandinaves. D’autres espèces, le Pirws Pinnster L. (. Pimis maritima Lam.), croissent surtout dans les pays déjà chauds; c’est ce pin qui occupe les Landes et fournit les Térébenthines de Bordeaux.

En Amérique, nous remarquons une distribution semblable; dans le Canada et les parties septentrionales des Élatst'nis, YAbies balsamea AI il 1 . (. Abies canadensis Midi.); dans la Virginie, la Caroline et jusque dans la Floride, les Pimis Tœda L. et Pin us auslralis Midi. Tous les produits naturels de ces arbres sont liquides ou mous, au moment de leur extraction ; mais ils tendent plus ou moins à s’épaissir, soit par l’évaporation lente de leur huile essentielle, soit par sa résinification. Us ont tous une odeur assez caractéristique d’essence de térébenthine, plus ou moins adoucie suivant les diverses sortes. Us sont presque entièrement solubles dans l'alcool et l'éther, huilent avec une flamme fuligineuse, donnent, par leur distillation avec l’eau, une huile essentielle (essence de térébenthine), et laissent, comme résidu, un mélange de résines neutres et acides, que nous avons déjà décrit sous le nom de Colophane.

La rapidité plus ou moins grande avec laquelle elles se solidifient ou forment une croûte à leur surface extérieure, l’action plus ou moins marquée des bases alcalines terreuses et en particulier de la magnésie sur leurs résines acides, sont des caractères qui, indépendamment de certains signes organoleptiques, permettent de distinguer les principaux produits naturels des

TÉREUENTIIINE DE VENISE.

Conifères. Nous résumons ces diirérences dans le tableau suivant :

A. Produits plus ou moins fluides.

Térébenthine très-fluide , ne formant que lentement une pellicule solide à sa surface; ne se solidifiant pas par un seizième de magnésie; complètement soluble dans l’alcool . .

Térébenthine fluide, formant cependant une mince pellicule à l’air ; incomplètement soluble

dans l’alcool .

Térébenthine fluide, mais siccative, formant facilement une pellicule à l’air ; se solidifiant par un

seizième de magnésie .

Térébenthine très-siccative, laissant déposer au fond du vase une matière cristallisablc; solidifiable par un trente-deuxième de magnésie . .

B. Produits mous ou solides.

Masses molles blanchâtres, avec des marbrures couleur lie de vin

ou fleur de pêcher . . .

Masses formées de crofites solides, sèches, d’un blanc jaunâtre .

Quant aux produits secondaires, Huile «le Caiic et Goudron, ce sont des liquides épais, d’un brun noir plus ou moins foncé, reconnaissables à leur odeur empyreumatique, toujours prononcée. On les distingue facilement aux caractères suivants :

Liquide huileux, brunâtre, d’une odeur empyreumatique, extrêmemen t forte et désagréable. 1 6. Huile de Cade. Liquide très-épais, granuleux, brun-noir ; d’une odeur empyreumalique et aromatique . 17. Goudron.

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