Baume du Canada
1 4. Térébenthine de Bordeaux.
1o. Poix de Bourgogne.
1 0. Galipot.
Plincuon. — Drogues simples , I. 11.
27 i OLÉORÉSINES ET BAUMES. — CONIFÈRES.
La Térébenthine «le Denise est donnée par le Mélèze, Larix decidua Mill. ( Larix europœa UC., Pinus Larix L.), qui croît en Europe, depuis la Russie jusque dans les Alpes et les Apennins. Ce n’est guère que dans les Alpes qu’on exploite l’arbre pour en retirer le suc oléo-résineux, et encore sur la partie méridionale de la chaîne, dans le Tyrol, les vallées Vaudoises du Piémont, enfin dans les Alpes françaises du côté de Briançon.
L’écorce du Mélèze ne contient qu’un très-petit nombre de canaux résinifères peu développés; les diverses couches de l’aubier en renferment beaucoup plus; c’est là même que paraissent se former ia matière résinoïde et l’huile essentielle ; maisc’est dans les couches centrales, que se trouve surtout en abondance le mélange d’essence et de résine, qui forme la térébenthine. Aussi, si l’on scie transversalement un arbre, c’est dans le cœur du bois qu’on verra exsuder le plus d’oléo-résine.
Pour exploiter les arbres, on fait avec une tarière un orifice qui pénètre jusque dans les parties centrales du tronc. On bouche cet orifice au printemps, et on le débouche une fois par an vers l’automne. 11 s’écoule ainsi 250 grammes environ de térébenthine par an. Ce procédé, qui est généralement suivi dans le Tyrol, fournit une moindre quantité de produits que la méthode, généralement suivie en France, qui consiste à percer un certain nombre de trous sur le même arbre et à faire écouler de temps en temps le suc résineux. On obtient ainsi d’un même pied jusqu’à 5 ou 4 kilogrammes par an. Mais l’arbre ne donne de produit que pendant 40 à 50 ans, et son bois ne peut plus être utilisé pour bois de construction ; tandis que, par l’autre méthode, les Mélèzes fournissent très-longtemps de la térébenthine, sans que leur bois diminue sensiblement de qualité.
La térébenthine, ainsi obtenue et débarrassée de ses impuretés, est un liquide épais, filant, de couleur jaune ou jaune un peu verdâtre. Elle n’a jamais une structure granuleuse et cristalline, et reste toujours translucide; elle n’est pas d’ordinaire complètement claire, mais uniformément nébuleuse.
TKHKHENTIIINE D’ALSACE.
L’odeur de celle térébenthine est particulière, tenace, elle rappelle un peu le parfum de la noix muscade, mais elle est moins agréable. La saveur est aromatique, résineuse, âcre et amère. Getteamertume est peut-être due à un principe nommé Pinipicrine, dont on a constaté la présence dans les écorces el dans les aiguilles des Pinus sylvestris el de certains Thuya.
La térébenthine de Venise est très-peu siccative: elle ne s’épaissit que très-lentement à l’air, même lorsqu’on la met en lames minces; elle ne prend pas de consistance pilulaire parle mélange avec la magnésie calcinée. — Elle dévie à droite le plan de polarisation; ce pouvoir rotatoire est dû à la résine qu’elle contient, car son essence est au contraire lévogyre.
L’alcool dissout complètement cette térébenthine et donne avec elle une liqueur tout à fait claire, à réaction acide: de même, l’eau bouillie avec elle rougit le papier de tournesol. A la distillation, elle donne environ le quart de son poids d’une essence de térébenthine particulière.
D’après Unverdorben, la térébenthine récente contient, à part l’huile essentielle, dans sa partie résineuse, de l’acide pinique en assez grande quantité ; de l’acide sylvique en moindre proportion; une résine neutre, un extrait amer, enfin un peu d’acide succinique, qui, avec un peu d’acide formique, paraît donner à la teinture alcoolique et à l’eau, bouillie avec la térébenthine, les propriétés acides que nous avons constatées.