ESSENCE DE BERGAMOTE
Oleum Bergumolœ.
L I'.nsciicc «le Bergamote est retirée d’une variété de Citrus Limettu Risso, qu’on a décrite sous le nom de Citrus Bergarm'um Risso. On la cultive et on l’exploite surtout en Italie, et particulièrement à Messine.
L’essence est obtenue par expression de l’écorce, et on en retire environ 1,3 pour 100.
lu TACHES.
Elle est liquide et jaunâtre, d’abord trouble, mais devenant peu à peu limpide, en laissant déposer un résidu au fond du vase. Elle a une densité de 0.87 à 0,88. Sa réaction est très-légèrement acide. Son pouvoir rotatoire s’exerce vers la droite ; il est de 14°, 23 d’après Luboldt. Elle bout vers 183°, elle a une odeur très-agréable et particulière.
Elle réagit vivement avec l’iode en produisant une forte élévation de température, une détonation et des vapeurs violacées : celle réaction est plus marquée qu’avec les autres essences d’Aurantiacées. — Elle ne dissout pas la Santaline. Elle ne dissout pas non plus la Fuchsine à froid, mais la réduit quand on élève la température. Elle se dissout dans un demi-volume d’alcool à 83°. Elle est soluble dans une lessive alcaline, et se distingue par h\ des essences d’orange et de citron.
L’essence de Bergamote paraît composée d’un carbure d’hydrogène, isomère de l’essence de térébenthine, et d’une huile oxygénée peu connue. On peut aussi considérer cette dernière comme un hydrate d’un carbure d’hydrogène. Lorsqu’on la distille sur l'acide phosphorique anhydre, elle donne, en effet, un carbure d’hydrogène, répondant à la formule du térébène C-°ll16. Quand au dépôt qui se forme dans l’essence brute, il est cristallisable en aiguilles incolores; il se fond à 200°, en donnant une huile également incolore; il se sublime, et brûle avec une flamme éclairante. 11 se dissout à peine dans l’eau et peu dans l’alcool froid. 11 contient de l’oxygène dans sa formule brute, COllO. On l’a nommé Bergaplène.
HUTACÉES.
Les itutacécs, et particulièrement le groupe des Butées et des Diosmées, contiennent un grand nombre de plantes, caractérisées par leurs glandes oléifères. Nous avons déjà -ignalé dans les Butées les diverses espèces de Buta; dans les Diosmées, les plantes du groupe ues Barosma el des
HUILES ESSENTIELLES. — li ETALEES.
Empleurum, qui donnent le Tîucco, enfin le Galipca officinale llank., qui donne Y écorce d’Angusture vraie et les racines de Dictamnus Fraxinella {Dictamnus allais L.). Toutes les parties de cette dernière espèce son! remarquables par leur richesse en glandes à huile essentielle. Ces glandes sont dans la plupart des espèces renfermées dans le tissu meme des organes ; elles forment dans les feuiles des ponctuations remarquables; elles ont ou la structure des glandes d’Auranliacées ou bien une structure analogue, que nous avons figurée page 28!) et qui se rapporte à la Fraxinelle. En outre, on voit parfois à la surface des organes des glandes externes, faisant saillie, ou même placées à l’extrémité de poils; et dont la structure est également celle que nous avons figurée page 290.
De ces diverses essences, la seule qui se trouve d’ordinaire dans les pharmacies est l’huile essentielle de Rue, que nous allons décrire.
li. ESSENCE DE RUE.
Oleum Rutœ.
L’Essrncc «le BSuc est retirée des feuilles et des Heurs du Rata (jraveolens L., au moyen de la distillation par l’eau.
Cette huile est incolore ou jaunâtre, lluide, d’une densité de 0,83 â 0,81. A 1° ou 2° au-dessous de zéro, elle se prend en une masse cristalline, formée de petits feuillets brillants. Elle bout vers 228°. Son odeur est forte et aromatique, sa saveur très-âcre et très-amère. Son pouvoir rotatoire est de o° vers la gauche.
L’essence de Rue se dissout en partie dans l’alcool faible, très-bien dans l’alcool absolu. Elle ne donne pas de réaction vive avec l’iode. L’acide nitrique la décompose en produisant des vapeurs. Elfe dissout en partie seulement la Sanlalinc. Avec l’acide sulfurique, elle donne une réaction vive, une élévation de température, cl le mélange est trouble et d’un rouge foncé. Si ou ajoute de 1 alcool à la solution, elle devient moins trouble
ROSACEES.
et prend une couleur framboise ; enlin par la chaleur, cette solution devient tout à fait limpide.
L’essence de Hue est formée d’un hydrocarbure, qui paraît être un camphène, et qui bout au-dessous de 200°, et d’une huile oxygénée, fluorescente, (pii, l’état pur, bouL vers 225° ou 220° (l),a une densité de 0,827, et se prend vers G0 en une masse fibreuse cristalline. — Cette dernière essence oxygénée est du Méthycaprinol.
ROSACÉES
Le grand groupe des Rosacées donne à nos pharmacies deux essences très-particulières et facilement reconnaissables toutes deux : l’une, l’essence «le «oses, produite par des espèces du genre /{osa, se rapportant à la division des Rosées proprement dites; l’autre, l’Essence d’Amandes amères, provenant de plantes appartenant ;\ une autre division de la famille, celle des Amygdalées. Nous étudierons en détail l’une et l’autre essence, mais nous devons auparavant dire quelques mots d’une essence, qui n’est vraiment pas pharmaceutique, mais qui a un grand intérêt au point de vue chimique; nous voulons parler de Y Essence d’Ulmaire, fournie par la Reine des Prés ( ’Spirœa Ulmaria L.), appartenant à la division des Spiréacées.
Cette essence est formée de deux huiles volatiles, dont l’une est neutre, l’autre acide. Cette dernière peut être considérée comme l'hydrure d’un radical, qu’on a nommé salicyle, ou encore comme un acide salicyleux, et on a pu, en traitant la salicine par un mélange d’acide sulfurique et de bichromate de potasse, la produire dans les laboratoires. C’est un liquide incolore, dont l’odeur rappelle celle des amandes amères, dont la saveur est âcre et brûlante, et qui produit sur la peau des taches jaunes, qui s’effacent rapidement. Sa densité est plus forte que celle de l’eau; elle égale 1,173; elle bout à 1!)G°.
(1) Voir Giesecke (Neues Jarbuch Pharmacie, XXXIV, ,300 .
UTILES ESSENTIELLES. — ROSACÉES
Elle esl le point de départ de corps curieux, mais qui ne peuvent intéresser que le chimiste.