‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 205 sur 331 · ESSENCE DE ROSES · texte numérisé non relu

ESSENCE DE ROSES

provenant d’une distillation faite en Angleterre et qui fondait ii 33°, le même pharmacologiste a trouvé jusqu’à 08 pour 100 de matière cristallisable. Comme intermédiaire, citons des échantillons de Grasse, qui donnent 35 pour 100 de stéaroptène. Il est donc important de s’assurer de la qualité du produit et, pour cela, le moyen le plus sur est d’observer la température à laquelle se sépare le stéaroplène.

On doit aussi, pour un produit aussi cher que l’huile essentielle de lloscs, se préoccuper des altérations qu’on peut lui faire subir.

Les substances qu’on peut y mêler sont : l’alcool, le blanc de baleine et diverses huiles essentielles, parmi lesquelles les essences dites de Géranium.

La présence de l’alcool et des huiles grasses peut se reconnaître par les procédés que nous avons indiqués, en traitant de la falsification des essences en général.

Le blanc de baleine est en petites écailles blanches, qui rappellent un peu les lames cristallines du stéaroptène de roses. Aussi a-t-on essayé de l’ajouter à l’essence. La fraude est assez facile à reconnaître. Tout d’abord, le blanc de baleine est plus lourd que l’essence ; aussi les lames de ce corps, au lieu de rester suspendues dans le liquide, tendent à tomber dans le fond du vase et à y former un résidu, dont on peut accélérer la formation en soumettant le vase à un mouvement centrifuge un peu rapide. D'ailleurs, en élevant la température jusque vers 30°, on voit deux couches se former dans l’essence, si elle contient du spermaceti. Le stéaroptène s’est liquéfié, et il ne reste de solide que la substance qu’on y a ajoutée et qui ne fondrait qu’à 50° environ.

La facililé de mettre en lumière ces diverses altérations fait qu’on les a presque abandonnées et qu’on a cherché plutôt à ajouter d’autres huiles essentielles. On a employé surtout celles qui, par leur odeur, pouvaient se rapprocher de l’essence de

UTILES ESSENTIELLES. — HOSACÉES.

Roses : les essences de bois de /{/iodes et de Santal citrin, et enfin les essences de Géranium.

L’essence de Santal citrin a une odeur si particulière qu'on peut, rien qu’à ce caractère, reconnaître la falsification; il n’y a qu’à sentir successivement l’essence de Itoses pures et l’essence suspecte pour s’apercevoir delà différence. Quant à l’essence de Bois de Rhodes, elle donne à l’huile essenl ielle de Itoses une iluidité particulière; elle prend sous l’influence des vapeurs d'iode une coloration brune, qui devient presque noire, tandis que l’essence pure ne change pas de couleur.

Mais les essences qui méritent le plus de nous arrêter sont celles qui portent le nom d 'Essences de Géranium. A eet égard, il faut distinguer avec soin l’Essence de Géranium, que nous obtenons en France ou en Algérie de diverses espèces de Pélargonium, les P. Uadula Aiton, P. roseum Willd, P. capitatum Aiton, de l’Essence de Géranium, qui vient des Indes, où on la retire des rhizomes de diverses Graminées, voisines de YAndropogon Schœnant/nis L.

La véritable essence de Géranium ou de Pélargonium se distingue aux caractères suivants : si on l’expose aux vapeurs d’iode, elle prend une coloration brune plus foncée encore que l’essence de bois de Rhodes. Les vapeurs d’acide hypoazolique lui donnent une coloration vert pomme, tandis que l’essence de Roses prend une coloration jaune foncé ; enfin, si on traite pai l’acide sulfurique, l’essence de Roses vraie conserve son odeur spéciale, tandis que l’essence île Géranium prend une odeur forte et désagréable.

L 'Essence de Géranium des Indes, Yldris-Yaghi des Turcs, l’huile llosc/ti, llosia ou Posa des Indiens, est la seule essence de Géranium qu’on mêle à l’essence de Itoses des Balkan. Elle est beaucoup moins chère, au moins R ou 10 fois moins que celle de vrai Géranium, et présente d’ailleurs avec cette dernière des différences qui permettent de la reconnaître facilement. Elle n’exerce aucune action sur la lumière polarisée ;

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