UTILES ESSENTIELLES. — MYRTACÉES
fl. ESSENCE DE GIROFLES.
Oleum Canjophyllorum.
On extrait cette huile en distillant, avec de l’eau salée, les clous de Girofle, que nous avons déjà étudiés (t. I, p. 236) et qui, nous l'avons vu, contiennent, surtout dans leur partie périphérique, un grand nombre de glandes oléifères. On peut aussi utiliser ce qu’on a appelé griffes du girofle , c’est-à-dire les pédoncules brisés des fleurs de Giroflier. On retire, en prenant la précaution de recohober, de 1 i à 28 pour 100 des clous, et l pour 100 environ des griffes.
L’huile, telle qu’on la trouve dans le commerce, est, en général, d’une couleur brune : mais, au moment où on vient de la préparer, elle est incolore. Elle a une consistance oléagineuse ; elle reste encore liquide à la température de — 25°. Elle est plus lourde que l'eau, sa densité étant représentée par les nombres 1,04 à 1,06. Elle dévie vers la gauche le plan de polarisation.
L’essence de Girofles a une odeur très-forte, qui rappelle celle de la substance qui la fournit : sa saveur est âcre, brûlante et même caustique. Elle a une réaction légèrement acide. Elle se dissout dans l’alcool, dans l’éther et dans les huiles grasses et volatiles.
Elle n’exerce pas de réaction vive avec l’iode ; elle dissout rapidement et complètement la santaline. Elle dissout aussi la fuchsine à froid, sans la réduire lorsqu’on élève la température. L’acide nitrique exerce sur elle une action très-vive. Si l’acide est concentré, elle s’enflamme; s’il est étendu, il se produit des vapeurs et un échaulfement considérable du mélange. L’acide sulfurique donne un mélange limpide d’une couleur bleu-foncé.
Lorsqu’on traite l’essence parla potasse, il se forme dans la liqueur un sel, formé d’acide eugénique cl de l’alcali. L'acide