‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 216 sur 331 · ESSENCE D'EUCALYPTUS · texte numérisé non relu

ESSENCE D'EUCALYPTUS

une odcui' qui, lorsque l’essence est diluée dans l’alcool, rappelle celle de la rose.

L’Eucalyptol est peu soluble dans l’eau, beaucoup plus dans l’alcool, l’éther, les huiles essentielles. Elle ne produit pas de réaction vive avec l’iode. Elle ne dissout pas la Fuchsine à froid. L’acide nitrique l’attaque lentement et la transforme peu à peu en un acide incristallisable, analogue à l’acide camphorique. L’acide sulfurique produit une élévation de température et une solution trouble d’un rouge-brun, qui, par l'addition de l’alcool, devient d’un gris-rose ou couleur fleur dépêcher, mais reste trouble même sous l’influence de la chaleur. Distillé avec l’acide phosphorique anhydre, l’Eucalyptol, dont la formule est G'24 II'20 O’2, perd 2 équivalents d’eau et donne un hydrocarbure fluide G’24 II18, qu’on a nommé Eucalyptène. En outre, en continuant à chauffer, on obtient un polymère bouillant à 300°, qu’on a nommé Euccilyptolène { 1).

L’essence d’Eucalyptus a déjà été falsi liée dans le commerce, quoiqu’elle y paraisse depuis quelques années seulement. On y a ajouté de l’alcool, des huiles fixes, de l’essence de térébenthine, de l’huile essentielle de Copahu. L’alcool se reconnaît soit par le procédé ordinaire de mélange avec l’eau, soit par la Fuchsine, qui ne colore pas l’huile pure, tandis qu’elle lui donne une teinte rouge s’il y a de l’alcool. Les huiles lixes sont aussi reconnues par ie moyen général que nous avons indiqué plus haut.

L’addition de l’essence de térébenthine modifie le point d’ébullition du liquide. En effet, la première de ces huiles bout à 155°; la seconde, seulement à 109" : il en résulte que l’essence d'Eucalyptus sera d’autant plus pure que son point d’ébullition se rapprochera davantage de 109°. — En outre, on peut se servir de la réaction qu'exerce l’iode sur l’essence de térébenthine. Un sait qu’il se fait, entre cet hydrocarbure et l’iode,

(1) Pour toute cette étude, voir: Clooz, Comptes rendus de l'Académie des sciences, mars, 1870.

HUILES ESSENTIELLES. — OMIÎELLIFÈRES.

une réaction vive, une petite explosion, et qu’il se produit des vapeurs violettes. Rien de semblable ne se remarque avec l’essence pure d’Eucalyplus.

Quant à l’essence de Copahu, elle ne bout qu’à 200° et élève sensiblement le point d’ébullition du mélange. De plus, la solubilité dans l’alcool à 75° est sensiblement diminuée, et on n’obtient plus le résultat que donne l’huile pure : c’est-à-dire que lcc,6 d’alcool ne peut plus tenir en dissolution 1 centimètre cube d’essence.

OMIÎELLIFÈRES.

Les Ombellifcres sont, ainsique nous avons déjà eu l’occasion de le montrer, très-riches en builes essentielles ; seulement, l’essence n’existe pas seule dans ces plantes, elle est associée à une proportion plus ou moins grande de résine et de gomme. --Nous avons décrit les gommes-résines d’Ombellifères, et nous avons indiqué la proportion d’essence que contient chacune d’elles; cette essence est en général intéressante, mais on ne l’emploie pas seule dans les pharmacies; on utilise la gommerésine avec tous ses principes réunis : aussi n’avons-nous pas à décrire ici les essences d’.t$« fœlida , de ( lalbanum , de Sagapenum , de Gomme-Ammoniaque ou d ’Opopanax. — Un grand nombre de racines sont aussi remarquables par leur contenu gommo-et oléo-résineux, mais ici encore, on n'emploie guère à l’état d’isolement les essences qu’on pourrait en retirer; ce ne sont que les fruits, dont nous avons décrit un assez grand nombre, (pii fournissent des essences utilisées directement dans nos pharmacies. Le plus grand nombre en contiennent, mais nous nous bornerons à l’étude de quelques-uns de ces principes volatils.

Le siège de ces essences a été décrit et liguré aux pages 313 et 31 \ du tome I. C’est dans les bandelettes que se trouve l’oléorésine, et c’est de là qu’est retirée l’essence, par la distillation avec l’eau.

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