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ESSENCE DE CUBÈBE

Oleum Cubebarum. Essentiel Cubebarum.

L’Essence de Cubèbe est retirée des fruits du Cubeba offinalis Miq., que nous avons décrits (tom. I, pag. 345), et qui donnent à la distillation de 3 à 16 pour 400, suivant les circonstances; le rendement ordinaire est de U à 40 pour 400.

Cette essence est liquide, visqueuse, incolore ou d’un jaune verdâtre. Sa densité est de 0,0:2 à 0,93; elle distille entre 240° et 250°. Elle dévie vers la gauche le plan de polarisation. Sa réaction est neutre au papier de tournesol. — Son odeur est analogue à celle des fruits, sa saveur forte et camphrée.

L’Essence de Cubèbe est soluble dans 27 parties d’alcool ordinaire eL dans 48 parties d’alcool absolu. Elle est soluble en toutes proportions dans l’éther, la benzine, le sulfure de carbone, le chloroforme, les huiles grasses et volatiles. L’iode produit avec elle une vive réaction et une détonation ; en chauffant, on voit le mélange devenir successivement bleu-vcrdàlre, bleu-pur, enfin violet. L’acide nitrique concentré amène la formation d’une résine d’un brun jaune, qui se dissout en partie dans les alcalis, en donnant une couleur rouge. — L’a-

CONIFERES.

eide sulfurique donne une solution d’abord d’un jaune verdâtre, puis orange, enfin brun-rouge; par une exposition à une légère chaleur, cette couleur devient d’un rouge carmin.

L’Essence de Cubèbes est composée de deux hydrocarbures isomères, de densité différente. Le plus léger passe dans les premiers moments de la distillation; il est lluidc, bout à la température de 220°, a une densité de 0,915, et est très-réfringent. L’autre est un liquide épais, qui bout à 250° et a une densité de 0,937; il est beaucoup moins réfringent.

L’essence de cubèbe, quand elle est déjà ancienne, laisse, par un abaissement de température, déposer des cristaux d’un stéaroptène, qui provient de l’oxydation des hydrocarbures, et qu’on nomme camphre de cubèbe. Ce corps a l’odeur des fruits et une saveur camphrée, fraîche. Il fond à G5U, bout à 178°, et donne par sublimation des cristaux blancs en aiguilles.

CONIFÈRES

Nous avons déjà vu combien les Conifères étaient riches en produits résineux ou oléo-résineux, et nous avons décrit les canaux qui contiennent ces produits, et leur distribution dans ces végétaux. On utilise chez quelques-uns l’huile essentielle, qu’ils contiennent d’ordinaire associée à la résine, et on l’extrait soit directement des végétaux, comme pour l’essence de Genièvre et l’essence de Sabine, soit des oléorésincs, qu’on a déjà retirée des arbres, comme pour l’essence de térébenthine. Quel que soit d’ailleurs le mode d’extraction de ces essences, elles se ressemblent toutes par un certain nombre de caractères, et se groupent autour de l’essence de térébenthine, qui peut servir de type.

Ces essences sont des hydrocarbures, qui absorbent assez facilement l’oxygène de l’air et se résinifient sous cette influence ; l'iode exerce sur elles une vive réaction eL produit une détonation. Nous décrirons les trois essences les plus employées : deux produites par des espèces du genr eJuniperus, liLascnt-c «le

HUILES ESSENTIELLES. — CONIFÈRES

Genièvre et l'Essence «le Sabine; une produite par les diverses Abiélinées, qui fournissent les térébenthines : l’Essence «le

Térébenthine.

3o. ESSENCE DE GENIÈVRE.

Oleum Juniperi. Oleum buccarum Juniperi.

L’Essence de Genièvre est retirée des fruits du Juniperus commuais L., (pie nous avons décrits en détail (tom. I, pag. dit)) et dans lesquels nous avons indiqué la présence de grosses lacunes oléo-résinifères. L’huile volatile et le rendement diffèrent suivant qu’on prend les fruits mûrs ou les fruits encore verts. Ces derniers renferment deux huiles de densité différente, tandis que les baies mûres ne contiennent guère que la plus lourde des deux essences. A la distillation, les haies vertes donnent une somme d’essence plus considérable que les baies mûres, mais en réalité une moindre quantité de l’essence lourde. — Le rendement peut aussi varier suivant la manière dont on a fait la distillation : si on distille directement avec de l’eau des baies mûres, on peut obtenir environ 0,4 pour 100 d’essence; si ou a jtris la précaution de laisser macérer auparavant les baies dans de l’eau froide, on peut obtenir des mêmes fruits 0,75 p. 100. Pour toutes ces raisons, le rendement peut varier entre 0,4 et 2 pour 100.

L’Essence de Genièvre est un liquide incolore, ou d’un jaune verdâtre. La densité est de 0,80 à 0,88 ; elle distille entre 155°et 280°. Sa réaction est neutre au papier de tournesol. Elle dévie vers la gauche le plan de polarisation. Son odeur est lorLe, sa saveur chaude et aromatique.

Celle essence est soluble dans 10 à 12 parties d’alcool â 83°, dans un demi-volume d’alcool absolu, et, en toutes proportions dans l’éther. L’iode produit, lorsqu’on le projette dans l’essence, une explosion, une élévation de température, et des vapeurs violacées. — L’essence ne dissout pas la fuchsine â

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