‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 259 sur 331 · COUPS C U AS · texte numérisé non relu

COUPS C U AS

Beurres : Beurre de Cacao, venant d’Amérique; Beurre de Muscade, de Coco, venant des îles de l’archipel Indien; huile de Bassia et d’Illipé, venant des Indes occidentales ou de la côte occidentale d’Afrique; huile de Palme, venant à la fois de l’Amérique et de l’Afrique occidentale.

La détermination des huiles grasses présente quelques diflicultés : il n'est pas toujours facile de reconnaître des produits qui se présentent tous sous la forme d’un liquide onctueux, d’une teinte assez uniforme, toujours plus ou moins jaune. Aussi faut-il, pour la distinction des Corps gras entre eux, recourir fi un certain nombre de caractères, autres que ceux de leur aspect extérieur, et que nous allons indiquer avant de dresser le tableau qui nous guidera pour leur détermination.

Une division, qui vient naturellement à l’esprit, est celle qui est tirée de la consistance de ces corps, et qui les a fait diviser en beurres et huiles. Les beurres ont un certain nombre de caractères qui frappent les sens et qui permettent de les distinguer facilement les uns des autres : leur odeur, leur couleur, ou à défaut, leur point de fusion, sonL des moyens excellents, en même temps que commodes, auxquels on a recours. — ■ Quant aux huiles grasses, on doit tout d’abord tenir compte de leur aptitude à se solidifier au contact de l’air, pour les diviser en huiles siccatives et en huiles non siccatives. C’est là une distinction importante, qui tient à la nature même de ces huiles. Les huiles non siccatives contiennent de Vclaïne, et peuvent former avec l’acide azotique, ou plutôt avec une solution de mercure dans l'acide azotique, le corps qu’on a nommé élaïdine, et qui au bout de quelque temps fait prendre l’huile en une masse solide. Leur densité est généralement moindre (pie celle des huiles siccatives; enfin, elles se saponifient plus facilement. — Quant aux huiles siccatives, à part le caractère qu’elles présentent de se solidifier lorsqu’on les expose en couches minces au contact de l’air, elles se distinguent aussi en ce qu’elles se saponifient plus difficilement, et en ce qu’elles ne contiennent pas d’élaïnc, et

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ne se prennent pas en masse par la solution mercurique d’acide azotique. Leur densité est en général plus forte que celle des autres huiles.

La température à laquelle les huiles grasses laissent déposer leur principe solide et se congèlent en une masse plus ou moins pâteuse; leur solubilité plus ou moins grande dans l’alcool ; l’odeur ou la saveur de ces huiles peuvent servir de caractères distinctifs; maisâ eux seuls, ils ne sauraient suffire pour reconnaître les différentes espèces. Aussi a-t-on cherché dans les réactifs d’autres moyens de détermination. Nousindiquerons ici, et nous nous en servirons pour notre tableau, les résultats qui ont été résumés par M. Massie, dans un mémoire publié dans le Journal de Parmacie et de Chimie (1). Ils ont pour point de départ l'action de l’acide azotique seul, ou associé au mercure, sur les huiles grasses.

Voici en quoi consiste le procédé : on met dans un verre à expérience 5 grammes d’acide azotique et 10 grammes de l’huile à essayer, et on agite avec une baguette de verre ordinaire pendant deux minutes au moins. On laisse ensuite le verre au repos, et l’on voit qu’il s’est formé deux couches : 1° une couche supérieure liquide et huileuse, qui est restée incolore ou a pris des colorations diverses : blanc- verdâtre, abricot, jaune ou jaune-orange, rouge-cerise ou rouge-orange, jaune-marron ou brun-rougeâtre, ou enfin rosée; — 2° une couche inférieure ucide, qui peut être aussi colorée diversement ou rester incolore. Il y a là un certain nombre de données que l’on peut déjà utiliser.

On peut ensuite agir avec une solution préparée de la manière suivante : 1 gramme de mercure est ajouté dans le mélange d’acide et d’huile; au bout de cinq ou six minutes, on remarque que la couche inférieure a pris une coloration vert-

(1) Méthode pour reconnaître facilement les huiles grasses par M. Massie, pharmacien-major do première classe. ( Journal de Pharmacie et de Chimie, 4e série. XII, 13).

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émeraude ; c’est la solution inercurique. Quant ;\ la couche huileuse, lorsque l’on a agité plusieurs reprises avec la couche inférieure, elle prend une coloration qui varie suivant l’espèce d’huile employée.

Si l’on continue d’agiter de dix en dix minutes, pendant un certain temps, on obtient la solidification des huiles non siccatives, tandis que les autres huiles restent à l’état liquide, et on peut ainsi déterminer, sans faire autrement l’expérience, dans laquelle des deux grandes divisions ( huiles siccatives, huiles non siccatives) doit rentrer le corps qu’on veut déterminer (1).

(I) Nous donnons ici, d’après le mémoire de M. Massie, deux tableaux qui, résumant ses expériences, présentent un véritable intérêt.

Le premier indique le résultat qu’on obtient en traitant les huiles par l’acide azotique, dans les conditions ci-dessus indiquées:

Nous donnons à la fois les colorations que prennent les deux couches huileuse et acide.

Couche huileuse. Couche acide.

Huile d’amandes douces .

Huile de noisettes .

Huile de graines; de soleil....

Huile d’olive vierge .

Huile d’olive ordinaire .

Huile d’olive de 3f extraction..

Huile d’arachides .

Huile de pavot blanc .

Huile de ricin .

Huile de sésame .

Huile d’amandes d’abricots....

Huile de moutarde blanche. . . .

Huile de noix ( fraîche ) .

Huile de cameline (fraîche). . . .

Huile de faîne (fraîche) .

Huile de navette .

Huile de cuira .

Huile de lin .

Huile de moutarde noire .

Huile de coton .

Huile de chènevis .

Pas de coloration .

id .

Illanc légèrement verdâtre....

Blanc-verdàtre-clair .

Blanc-verdâtre ou léger, jaune-

verdâtre .

Vert foncé .

Abricot clair .

Abricot plus rouge .

Jaune-orange clair .

Jaune-orange . .

Rouge-cerise .

Id .

Id .

Id .

Id .

Rouge-orange .

Rouge -orange -brun .

Rouge-orange .

Jaune-marron ou café clair....

Marron foncé .

Brun-foncé verdâtre .

Pas de coloration.

Id.

Id.

Jaune sale peu foncé.

Id.

Id.

Pas de coloration.

Id.

Id.

Vert d’abord, puis jaunesafran.

Pas de coloration.

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

Marron clair.

Légèrement rose ou vert clair (?)

Le second tableau donne les résultats obtenus par l’action de la solution mercurique sur l’huile. Lorsqu’on a agité trois ou quatre fois en trois ou quatre minutes et qu’on a abandonné au repos, on obtient dans la couche huileuse une

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11 va sans dire que ces caractères peuvent servir aussi pour reconnaître les falsifications des huiles.

A côté des corps gras, nous mentionnerons quelques substances, qui s’en rapprochent par un certain nombre de caractères, ce sont les Cires végétales.

Comme les Corps gras, ces cires sont insolubles dans l’eau, peu solubles dans l’alcool et solubles dans l'éther et les huiles essentielles: elles se fondent à une température généralement peu élevée et peuvent alors produire sur le papier une tache translucide, comme celle que donnent les Corps gras. Elles brûlent aussi avec une flamme éclairante. Elles se distinguent surtout parce qu’elles ne sont pas saponifiées de la même façon

coloration qui se fixe définitivement an bout d’une heure; la coloration transitoire, qu’on peut observer au bout de vingt à trente minutes, mérite aussi attention .

COLOItATION APRÈS 20 OU 30 MINUTES.

Coloration après

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