‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 273 sur 331 · HUILE D’AMANDES DOUCES · texte numérisé non relu

HUILE D’AMANDES DOUCES

Ainsi traitée, ccttc huile est lluide, claire, transparente, d’une couleur jaune. Sa densité est de 0,92. Elle s’épaissit vers 10° au-dessous de zéro, se trouble à — 1GÜ, et se prend en une masse blanche butyreuse à — 121°. Elle n’esL pas siccative. Son odeur cl sa saveur sont douces, tant qu’elle est fraîche, mais elle rancit facilement.

L’Iluile d’ Amandes douces se dissout dans 25 parties d’alcool froid et dans G parties d’alcool bouillant ; elle est bien soluble dans l’éther ordinaire cl dans l’éther acétique. L’acide azotique ne donne de coloration marquée îi aucune des deux couches huileuse et acide qui se forment sous son influence. La solution mercurique ne donne pas non plus de coloration, lorsque l’huile d’amandes douces est bien pure.

L’Huile d’Amandes se saponifie avec les alcalis et donne de la glycérine avec une proportion très-considérable d’acide obique. Elle est donc surtout composée d 'oléine; environ 75 p. 100.

Les noyaux de diverses espèces d’Amygdalées contiennent, comme les Amandes, une huile grasse, qui en a les caractères généraux. Tels sont les noyaux de prune, d’abricot et de pêche, etc., etc. On a mêlé quelquefois des huiles retirées de ces semences avec l’huile d’amandes douces. D’après M. Massie, l’huile retirée des noyaux d’abricots prend une coloration rouge cerise par l’acide azotique, et rouge ou rose par la solution mercurique, et ces colorations se retrouvent plus ou moins prononcées quand on traite par ces réactifs une huile d’amandes douces additionnée d’huile d’amandes d’abricots. Nicklès (1) propose, pour reconnaître le mélange de cette huile d’abricots, de traiter le produit suspect par une certaine quantité d’hydrate de chaux en poudre. Cet hydrate n’exerce aucune action sur l’huile d’amandes douces, el au bout de quelque temps tombe au fond du vase, qui contient le liquide; tandis

ri) Nicklès, Faits nouveaux concernant les huiles grasses ( Journal de Pharmacie et de Chimie, 4e série), lit, 332.

CORPS GRAS. — SAPOTÉES.

qu’il forme avec l’huile d’abricols une espèce de coagulum, qui se dissout dans les huiles chaudes, mais se sépare et trouble la liqueur par le refroidissement. De telle sorte que, si, après le traitement de l’huile suspecte par la chaux, on chaude le liquide, qu’on fdtre et qu’on laisse refroidir, l’huile lillrée se troublera par le refroidissement, s’il y a eu falsification, et restera, au contraire, claire, si elle est pure de mélange.

Ilager(l) remarque que les droguistes emploient très-souvent, pour faire leur huile d’amandes, de gros noyaux d’une sorte particulière de Pêcher, qui rappellent beaucoup de petites amandes, mais qui s’en distinguent cependant très-nettement par les sillons très-profonds qui parcourent le noyau. Les semences de cette variété donnent une huile, qu’il est très-difficile, sinon impossible, de distinguer de la véritable huile d’amandes douces. Aussi conseille-t-il aux pharmaciens qui veulent être sûrs de leur produit de le préparer eux-mêmes.

SAPOTÉES.

Les Sapotées fournissent de curieuses semences, qui sous leur testa ligneux, marqué ordinairement d’un bile rugueux, renferment une grosse amande huileuse. La matière grasse, contenue dans les cellules du parenchyme de l’amande de ces graines, est douce et peut souvent servir même aux usages culinaires. Aussi l’exploite-t-on dans les pays d’origine de ces plantes. Certaines de ces huiles nous arrivent même en quantités assez considérables en Europe pour la fabrication des savons, ou pour la parfumerie. Nous ne parlerons spécialement que de l’Huile «t’iiiipé, qui est la plus connue ; mais nous mentionnerons en passant les quelques autres, qui peuvent présenter un certain intérêt.

(I) Voyez dans Wiggcrs et llusemann, Jahresberichl der Pharmacognosie für 180', pag. 331. — llagcr fait observer que le procédé de Nicklès est souvent infidèle, et que l'hydrate de chaux ne donne souvent à l’huile frelatée qu’une consistance un peu plus épaisse que celle de l'huile pure.

HUILE D'ILLIPÉ.

Tout d’abord le Beurre de <»:iiain, qu’on a également nommé Beurre de Bambouc, de Bambara, de S/iea. Il est retiré des graines du Bassin Parlai G. Don., et vient des royaumes de Bambouc et de Bambara, dans l’intérieur de l’Afrique, à l’estd u Sénégal. Ce beurre qui, dans le pays, sert aux usages culinaires, est d’un blanc sale, quelquefois un peu rougeâtre. Il est solide à la température ordinaire, mais se fond à 29°. Lorsqu’il se refroidit, il ne devient de nouveau tout fait solide qu’à la température de 21°. Il est très-peu soluble dans l’alcool : il faut pour le dissoudre 40 volumes de ce véhicule bouillant ; il se dissout incomplètement dans l’éther. Il se saponifie très-facilement avec les alcalis. Son odeur est douce et sa saveur agréable, analogue à celle du beurre ordinaire, et il peut rester longtemps sans passer au rance.

Le Bassia buhjracea, qui vient dans les Indes occidentales, fournit un beurre solide, connu sous le nom de Gnee ou G/n et qui rappelle beaucoup par ses caractères le Beurre de Galam.

Le Bassia latifolia, des mêmes pays, donne également une huile qui sert pour l’éclairage.

Enfin, le Lucuma mammosum Gœrln., de l’Amérique tropicale (Antilles, Colombie, bords de l’Orénoque) contient dans les grands cotylédons de sa semence une huile grassse, fusible à 13°.

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