HUILE D’OLIVES
l’Huile d’Olives, et de relie de l’huile d’œillette et de la plupart des huiles siccatives. Des aréomètres spéciaux {E kilomètre de M. Gcbleij, Oléomètre Lefebvre) permettent de constater ces densités et de juger par là de la pureté du produit.
Un moyen empirique, qui peut donner rapidement une idée de la pureté de l’huile est le suivant: si on agite l’huile pure dans une fiole remplie à moitié, on voit au bout de quelque temps de repos sa surface rester parfaitement unie ; si, au contraire, il y a une quantité, même minime, I pour 100 par exemple, d’huile de pavots, il se forme tout autour de la fiole une file de bulbes d’air; l’huile forme le chapelet. On peut aussi tenir compte du point de congélation de l’huile d’olives; dans de la glace pilée, elle se prend en masse quand elle est pure, tandis que lorsqu’elle est mélangée d’huile de pavots, une partie reste à l’état liquide. Enfin on peut aussi tenir compte des différences d’élévation de température que produit l’action de l’acide sulfurique sur l’huile d’olives suivant qu’elle est pure ou mélangée d’huile d’œillette. Ainsi 50 grammes d’huile pure, agitée avec 10 cent, cubes d’acide sulfurique concentré, donnent une température qui ne dépasse pas 41°, tandis que l’addition de l’huile de pavots peut faire élever la température à 70° et 80°.
2° Pour reconnaître le mélange de l’Huile d’Olives avec l’huile de Sésame, qu’on y ajoute à présent quelquefois, on peut employer le réactif, proposé par Bchrens en 1852. C’est un mélange d’acide sulfurique et d’acide nitrique qui donne à l’huile de Sésame une coloration verte caractéristique. Cette coloration se reproduit dans le mélange frauduleux, d’autant plus intense qu'il y a plus d’huile de sésame.
3° Pour reconnaître la présence de l’huile d’arachide dans l’huile d’olives, on ne peut se fonder : ni sur l’action des solutions de mercure dans l’acide azotique, puisque l’huile d’arachide n’est pas siccative ; ni sur la température de congélation de l’huile, puisqu’un mélange des deux corps gras commence à
CORPS GRAS. — MYRISTICÉES.
sc figer vers 7° à 8° au-dessus de zéro, à peu près vers la même température que l’Iluile d’Olives pure. — M. Renard a donné, pour arriver à constater ce mélange et à doser la quantité d'huile d’arachide ajoutée, un procédé assez compliqué reposant sur la constitution intime de ces corps et que nous ne faisons que mentionner renvoyant pour le procédé en lui-même au mémoire de l’auteur (I). — On peut aussi tenir compte de la coloration que produisent certains réactifs: l’acide azotique, qui ne colore pas l’huile pure, tandis qu’il donne une teinte abricot à l’huile d’arachide; le mélange d’acide sulfurique et d’acide azotique, (pii donne une teinte brun jaunâtre à l’huile mélangée et non à l’huile pure.
4° Quant â l’huile de colon, elle prend une couleur routre foncée par l’action de l’acide nitrique, et cette coloration peut se reconnaître dans le mélange avec l’Huile d’Olives.
MYRISTICÉES.
Les Myristicées comprennent un certain nombre d’espèces, dont les graines sont remarquables par la quantité relativement considérable de matière grasse qu’elles renferment, à côté d’une huile essentielle, qui se mélange le plus souvent au corps gras et lui donne un parfum plus ou moins prononcé. — De ces semences, la plus remarquable est celle que nous avons déjà étudiée sous le nom de noix de muscade (tom. I, pag. 40D) ; c’est celle dont nous allons également décrire l’huile grasse. — Les autres especes intéressantes, et qui méritent d’être tout au moins mentionnées, sont :
Le Myristica Bicuhiba Schoott (Myristica officinalis Mart.) qui
croît au Brésil, où on emploie le principe gras qui est extrait
de ses graines ( Beurre ou Baume de Bicuiba). C'est un beurre #
d’une densité de 0,9aG à fondant à 47°. Il rappelle du reste
(I) Renard, Recherche et dosage de l’huile d’arachides dans l’huile d’olives. Journal de Pharmacie et de Chimie , 4e série, XV, p. 48,
REERRE DE M l'SCADE.
par son apparence le beurre de muscade, que nous décrirons plus bas; il a une saveur forte cl acide. Il donne par les alcalis un savon cassant, qui contient, il côté dos acides gras ordinaires, un acide gras particulier, fondant à 53°, soluble dans l’alcool bouillant, qui le laisse déposer en cristaux aiguillés.
Le Myri stica Otoiallumb. et Bonp., qui croît il la Nouvelle Grenade. Le corps gras qu’on en retire est une sorte de beurre presque incolore; il fond il 38°. Son odeur rappelle celle de la muscade. 11 contient de l'oléine, de la myristine, et un corps particulier, qui, dans la saponification, passe avec les corps gras : c’est Votobite.
Enfin le Virola sebifera Aublct (Myristica sebifera Lam.), de la Guyane, qui donne une sorte de suif qui sert surtout à l’éclairage. C’est un corps jaunâtre, qu’on obtient en faisant bouillir dans l’eau les amandes dépouillées de leur enveloppe, et en recueillant le produit qui vient surnager. Il fond de 40° à 30°, se dissout complètement dans l’alcool et dans l’éther. 11 est incomplètement saponifiable.