HUILE DE CHENE VIS
Celte solubilité varie du reste suivant que l’huile de croton est plus ou moins fraîche, qu’elle a plus ou moins subi le contact de l’air et qu’elle s’est plus ou moins résinifiée. Elle devient en effet plus soluble en vieillissant.
Cette huile est un mélange de principes gras dont les acides sont très-variés. On y a signalé en effet de la stéarine, de la palmitine, de la myrislieine, de la laurine et de la cholestérine et, à côté de ces corps gras solides ou liquides, des éléments îi acides volatils : acides acétique, butyrique, valérianique, enfin un acide particulier, Yacide tiglinique, qui forme îi peu près le tiers de la masse des acides volatils. — Ce corps particulier, qui a été pris pour Yacide angélicique , est solide à la température ordinaire : il fond à 64° et bout à 201°. A côté de ces divers corps, onja aussi signalé une substance particulière, à laquelle on a attribué l’action énergique de l’huile de Croton sur la peau : c’est ce qu’on a décrit sous le nom de Crotonol. D’après Schlippe(I), c’est un liquide, ayant la consistance delà téré" benthine, sans couleur ou d’un jaune pâle, d’une odeur faible particulière, se détruisant par la chaleur. 11 formerait les 4 centièmes de l’huile de ricins; mais ce Crotonol n’a pas été suffisamment étudié, et son existence a môme été mise en doute par un grand nombre d’observateurs.
CANXAHINÉES.
la. HUILE DE CHÈNEVIS.
Oleum Cannabis.
L'iluile »ic Chcnevis est retirée par expression des semences du Cannabis sativa L., dont nous avons déjà eu occasion de parler (tom. I, pag. 122). Le rendement est de 23 p. 400.
Celte huile a, lorsqu’elle est récente, une couleur jaune verdâtre, mais plus tard elle perd la teinte verte, pour devenir jaune. Sa densité est de 0,928 à 48°.
(l Schlippe, Anna/en C hernie Pharmac. CXV, 1.
COUPS GRAS. — J UGLANDÉES.
Elle s épaissit à l’air et est siccative. Son odeur rappelle celle du chanvre, sa saveur est assez douce.
L huile de chènevis se dissout dans 30 parties d’alcool absolu froid ; il est plus soluble dans l’alcool bouillant. L'acide nitrique colore en brun foncé verdâtre la couche huileuse, qui se forme sous son action, tandis que la partie acide et inférieure de la solution est colorée légèrement en rose ou en vert clair. La solution mercurique lui donne une teinte d’abord marron clair, puis jaune rougeâtre, sans le solidifier.
Cette huile se saponifie difficilement; on l’emploie d’ordinaire pour l’éclairage ou dans la fabrication des savons mous.
JUGLANDEES.
i6. HUILE DE NOIX.
Oleum nucum Juglandis.
Le Noyer ( Juglans regia L.), dont nous avons déjà étudié les feuilles (tom. I, pag. 211) et l’écorce verte des fruits (tom. I, pag. 340) contient dans les gros cotylédons de ses graines, une quantité assez considérable d’huile, qu’on exploite dans les régions de l’Europe moyenne, où ne croît pas l’olivier. On en obtient, par expression, 23 p. tOO environ du poids de l’amande.
Cette huile, lorsqu’elle est récente, est d’une couleur jaunevert; mais la teinte verte disparaît avec l’âge et l’huile devient jaune. Sa densité est de 0,928 à 12°. Elle se congèle à 18° audessous de zéro. Elle s’épaissit rapidement à l’air et est trèssiccative. Elle n'a pas d’odeur bien prononcée ; sa saveur est douce et agréable.
L’acide nitrique colore l’huile de noix en rouge-cerise, mais seulement lorsque l’huile est fraîche. La réaction est plus constante avec la solution mercurique, qui donne une teinte analogue, rouge-cerise clair.