HUILE DE PALME
Oleum Palmœ.
L’Huile de Palme est fournie par un Palmier, originaire des côtes occidentales d’Afrique, mais transporté par la culture dans la Guyane et les contrées avoisinantes de l’Amérique du sud. C’est VElœis guineensis Jucq., dont les fruits de la grosseur d'une noix sont des drupes à sarcocarpe fibreux, imprégné de matière grasse. Dans l’intérieur du noyau se trouve une semence, dont l’amande contient aussi un corps gras, solide, blanc, qui rappelle l’huile de Coco. Ce dernier produit n'arrive pas en Europe, et n’a pour nous qu’un médiocre intérêt. Mais l’huile, retirée des enveloppes du fruit et obtenue par expression, nous est expédiée des pays d’origine sous le nom d’huile de Palme.
C’est une substance solide de la consistance du heurre et facilement reconnaissable à sa couleur d'un jaune orange. Cette teinte est très-manifeste dans l’huile récente, mais à mesure que celle-ci vieillit, on la voit se décolorer et pâlir par places ; de telle sorte qu’elle prend au bout d’un certain temps un aspect marbré tout à fait particulier. Elle fond à une température peu élevée, variable, suivant Eàge du produit, de 27 à 37°. Son odeur est douce et rappelle celle de la violette ; mais elle rancit facilement par son exposition à l’air.
L’huile de Palme est difficilement et incomplètement soluble dans l’alcool froid, mais elle se dissout en toutes proportions dans l’éther. Elle est formée d’oléine et de palmitine ; et en outre, on y trouve toujours une certaine quantité d’acide gras et de glycérine à l’état libre. Ces acides proviennent du dédoublement des corps gras, qui se fait au contact de l’air. Dans les huiles de palme vieilles, la proportion des acides peut s’élever jusqu’aux 4/3. C’est dans ces conditions qu’on voit l'huile perdre sa couleur et le point de fusion s’élever très-sensiblement.