INDIGO
On peut arriver plus rapidement au résultat, en faisant bouillir le précipité des batteries, dans des vases de cuivre, pendant 3 à i heures. On le porte alors dans un tissu fin, on exprime, on le coupe en cube et on le fait sécher à une température élevée.
Enfin dans les Indes orientales, on opère d’ordinaire non pas sur la plante fraîche, mais sur des plantes sèches, qu’on a conservées pendant quelques semaines et qui ont pris sous l’in fluence de l’air une teinte gris bleuâtre. Ces plantes pulvérisées sont traitées pendant deux heures par l’eau froide, qu’on porte alors dans les batteries et qu’on soumet aux opérations décrites ci-dessus.
Ainsi obtenu, l’Indigo se présente dans le commerce sous forme de cubes de 8 à 10 centimètres de côté ou de fragments irréguliers, d’une belle couleur bleue foncée, variant du bleu violet ou bleu cuivré. La cassure, qu’on obtient très-facilement, est mate, uniforme et très-fine. Lorsqu’on raye la surface de l’indigo avec l’ongle, on y produit une trace d’aspect métallique, qui rappelle la couleur du cuivre, ou plutôt celle de l’or dans les sortes les plus estimées. Les cubes d’indigo sont très-légers, assez pour surnager l’eau. Cela Lient en partie aux nombreux pores ou petits intervalles vides dont ils sont criblés, la densité de la substance en elle-même étant, en effet, réellement supérieure à celle de l’eau et comprise entre 1,3 et 1,5.
L’Indigo est une substance complexe, dans lequel la matière colorante bleue, qu’on a désignée sous le nom d’Indigotine ou à’ Indigo bleu est associée à un certain nombre d’autres principes et particulièrement de Y Indigo rouge , de Y Indigo brun, du mucilage, des carbonates de chaux et de magnésie, etc., etc. — La richesse du produit tient à la proportion plus ou moins grande d’indigoline qu’il renferme, et cette proportion peut varier beaucoup. Ainsi les meilleures sortes en contiennent jusqu’à 90 ou 93 pour 100, tandis que les sortes inférieures n’en donnent guère que 20 pour 100.