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CACHOUS

Terre du Japon. — Catecku. Catechu nigrum. Extractum seu succus catechu. Terra japonica.

On désigne généralement sous le nom de Cachous des produits astringents, qui se présentent en masses plus ou moins considérables et ne colorent pas la salive en rouge comme les Kinos. — Ces produits peuvent eux-mêmes se distinguer en deux groupes : les Cachous proprement dits en masses informes ou plus ou moins arrondies, de couleur plus ou moins foncée, et à structure ferme et compacte à l'intérieur : — les f-ambirs qu’on désigne quelquefois sous le nom de Cachous, et qui se distinguent par leur forme en cube ou parallélipipède, leur couleur beaucoup plus pâle, et entin la consistance peu ferme de leur substance, qui se réduit facilement en une sorte de poussière féculente. Cette poudre examinée au microscope, se montre composée d’une quantité considérable de petits cristaux. — Nous décrirons à part ces derniers produits, qui ont une origine botanique tout à fait distincte, et nous ne nous occuperons ici que des Cachous proprement dits.

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Deux espèces, appartenant à des familles différentes, donnent les diverses sortes de Cachou. Ce sont: d’une part une Légumineuse du groupe des Miniosées, Y Acacia Catechu Willd.; de l’autre un palmier, YAreca Catechu L. — Nous décrirons séparément les produits de ces deux plantes.

1° Cachons «le l’Acacia Catechu.

L’Acacia Catechu Willd. ( Mimosa Catechu L. fils.) est un grand arbre, qui croit dans diverses régions des Indes Orientales, sur les montagnes de Coromandel, à Ceylan, dans le Bengale et dans le Pégu ; on le trouve aussi dans les forêts tropicales de l’Afrique orientale, à Mozambique, dans le Soudan, le Sennaar et l’Abyssinie, mais on ne l’exploite pas dans ces régions pour la préparation du Cachou. C’est surtout du Pégu que vient ce produit.

L’écorce et le bois de l’arbre sont très-astringents : la première de ces parties est employée comme matière tannante ; quant au bois, il est d’autant plus riche en principe astringent qu’il appartient à des couches plus rapprochées du cœur du tronc. — Pour en retirer le Cachou, on coupe le tronc en morceaux (aubier et cœur du bois tout à la fois, d’après certains auteurs; d’après d’autres, le cœur seulement). On met les éclats dans des jarres en terre à ouverture étroite, qu’on remplit d’eau jusqu’en haut. On fait bouillir ; quand l’eau s’est réduite de moitié, on la verse dans un vase de terre plat, on l’épaissit jusqu’à ce qu’il reste le tiers environ du liquide. On laisse reposer la matière dans un lieu frais ; on la fait ensuite épaissir au soleil et lorsqu’on a ainsi obtenu une pâte molle, d’une consistance suffisante, on l’étend sur des nattes ou des feuilles eL on la divise en morceaux qu’on fait sécher au soleil.

Dans certaines localités, on modifie quelque peu le procédé: mais le fond de la préparation reste le même.

Les divers Cachous, donnés par l’Acacia Catechu Willd., sont très-inégalement répandus dans le commerce. Le plus important est :

CAcnous.

A. Le Cachou de Pégu, qu’on a désigné quelquefois aussi SOUS le nom de Cachou de Bombay. Il vient du Pégu, dans l'Hindoustan.

Il est en masses aplaties de IG à 22 centimètres de long, épaisses de 1 à 2 centimètres, enveloppées de grandes feuilles, et particulièrement de celles du Dipterocarpus iuberculatus ltoxb. La substance elle-même est d’un brun rougeâtre ou d'un brun noirâtre; la cassure est brillante, conchoïdale, homogène et montre çâ et lâ de tous petits pores, comme produits par des bulles de gaz. Sa densité est de 1,58. Elle ne fond pas à la chaleur, brûle sans produire de flamme et en laissant une certaine quantité de cendre blanche. La saveur est franchement astringente, très-peu amère : l’arrière-goût est doux et parfumé.

Le Cachou de Pégu est soluble en partie seulement dans l’eau froide . Dans l’eau bouillante, il donne une solution colorée en brun-rouge clair, qui a une faible réaction acide et une saveur astringente, laissant un arrière-goût doux et parfumé. Il reste environ lo pour 100 de résidu. — L’alcool dissout également une grande partie du Cachou et laisse environ 25 pour 100 de résidu. Un mélange d’alcool et d’eau ne laisse que 7 à 8 pour 100 de matière insoluble. Les dissolutions tant aqueuses qu’alcooliques, traitées par le chlorure ferrique, donnent un précipité brun verdâtre. Si on examine au microscope les résidus laissés par l’eau et par l’alcool, on y trouve de nombreux débris de plantes, des cristaux d’oxalate de chaux, quelques grains colorés en brun qui sont peut-être de la chlorophylle altérée ; on n’y voit pas du tout d’amidon.

Le Cachou de Pégu contient un tannin particulier, qu’on a nommé acide cachutannique : un acide désigné sous le nom Cl acide cachutique , et qu’on a appelé aussi catéchine, en outre de la gomme, une matière extractive, des impuretés.

L’acide cachutique ou catéchine est une substance cristal lisable en aiguilles blanches, d’un éclat soyeux. 11 est soluble dans

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l’eau Iroide, beaucoup plus soluble dans l’eau bouillante, qui par refroidissement le laisse déposer à l’état cristallin. Il se dissout dans 5 à G parties d’alcool froid, dans 2 à 3 parties d’alcool bouillant, et dans 7 à 8 parties d’éther bouillant. L’acide sulfurique le précipite de ses dissolutions aqueuses.

L 'acide cachutannique , qui se trouve dans le Caeliou de Pégu dans les proportions de 56 pour iOO , est probablement un produit dérivé de l’acide cachutique. C’est le tannin du Cachou : soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther, insoluble dans les huiles grasses et essentielles. L’astringence de ce tannin est moindre que celle du chêne. Les sels de fer le précipitent en vert ou en vert grisâtre. Il ne précipite pas par l’émétique.

Le Cachou de Pégu est presque le seul qui arrive dans notre commerce européen. Les autres cachous de Y Acacia catechu, méritent à peine une mention. Nous nous bornerons à indiquer les quelques sortes désignées par Guibourt sous le nom de

Cachou brunâtre en gros pains parallclipipèdes , Caeliou brun siliceux, Cachou blanc enfumé et à donner les caractères du Cachou terne et paraliéiipipède du même auteur, qui vient quelquefois en Europe.

B. Ce Cachou correspond au Cachou du «engale des auteurs. On le prépare dans le nord de l’Inde, soit avec V Acacia Catechu Willd., soit avec V Acacia Suma Kurz ( Mimosa Suma Itoxb.), arbre du même genre qu’on trouve â Mysore dans le sud de l’Inde, dans la presqu’île de Guzerate et dans le Bengale. L’écorce sert au tannage, et le cœur du bois à la préparation du Cachou.

Ce Cachou du Bengale est en pains de 2 â 5 centimètres d’épaisseur ou en morceaux irréguliers, formés d’un certain nombre de feuillets superposés. La couleur est brunâtre à la surface, et la consistance assez ferme dans ces couches extérieures. A l’intérieur la matière esL terne, grisâtre, opaque, poreuse, terreuse. La saveur est agréable, astringente et laisse une sensation de fraîcheur.

CACHOUS.

Ce Cachou rappelle beaucoup les Gambirs par ses caractères; il contient^ comme eux, une quantité considérable de cristaux d’acide cacbulique, qu’on peut voir au microscope.

2° Caclious île l’Areca Calecliu.

h’Areca Caicc/tu L. est le palmier des Indes Orientales, qui fournit la noix d’Arec, dont nous avons déjà donné les caractères (Tom. I, p. 425). C’est de ces semences qu’on extrait le Cachou dans diverses parties de l’Inde et particulièrement dans le Sud, soit à Ceylan, soit à Mysore et à Travancore.

On prépare avec ces graines deux extraits qui portent dans le pays les noms de Kassu ou Cassou et de Counj. Pour faire le premier, on prend les noix d’Arec, telles qu’elles viennent de l’arbre, et on les met à bouillir pendant quelques heures dans un vase de fer. On les retire alors et la liqueur épaissie par l’ébullition donne le produit. — Les noix, qu’on avait retirées, séchées et mises à bouillir de nouveau, donnent une nouvelle liqueur qu’on épaissit par l'ébullition. L’extrait ainsi obtenu est le Cour y.

Ces deux produits n’ont pas d’importance commerciale ; ils ne viennent en Europe que comme échantillons de droguier. Ils répondent à ce que Guibourt a décrit sous le nom de Cachou

en houles terne et rougeâtre, et Cachou lirun noirâtre orbiculaire et plat de Ceylan.

Le premier est le Coury. Il est en masses arrondies, devenues irrégulières et anguleuses, recouvertes le plus souvent de glumes de riz. Ces 'masses sont d’un brun rougeâtre à la surface. A l’intérieur, le cachou est dur, consistant, d’un brun foncé, dans les couches extérieures, friable, d’apparence terreuse et d’un gris rougeâtre dans les parties centrales. Le microscope montre une quantité considérable de petits cristaux, qui sont de l’acide cacbulique. — La saveur est très-astringente, un peu amère et laisse un arrière-goût sucré très-agréable.

La seconde forme est le Coury , qu’on désigne généralement SOUS le nom de Cachou de Colombo OU de Ccylau. Il est en

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pains ronds, aplatis de 5 à H centimètres de diamètre sur 2 centimètres d’épaisseur. Les deux faces sont recouvertes de glumes de riz. La cassure est nette, brillante, d’un brun noirâtre. Il est homogène dans sa masse, et translucide dans ses lames minces. — Au microscope, il montre un très-grand nombre de cristaux de catéchine, et contient une faible proportion de ce principe.

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