‹ Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétaleChapitre 9 sur 331 · ÉCORCE DE MARRONNIER D'INDE · texte numérisé non relu

ÉCORCE DE MARRONNIER D'INDE

Cortex Hippocastani, Cortex Castaneœ equincp.

E’iîcoroo «le Marronnier d 1 mie est donnée par VÆsCUlus Hippocastanum L., arbre originaire de la Perse et des parties septentrionales des Indes, cultivé dans nos jardins et nos promenades. On recueille l'écorce des branches de deux ou trois ans, et on l’apporte desséchée dans nos pharmacies.

Elle est en morceaux cintrés ou roulés, de 2 à 11 millimètres d’épaisseur, d’un gris brunâtre à la surface, couverts de petites verrues subéreuses et assez souvent de lichens blancs ou jaunes, et marqués, à la hauteur des nœuds, de deux cicatrices opposées, qui sont la trace des feuilles. La face interne de l écoree est lisse cl d’un blanc légèrement teinté d’un jaune rose. La cassure est finement fibreuse et feuilletée dans les couches internes, grenue dans les couches extérieures. Le suber grisâtre se détache facilement des parties sous-jacentes.

Les couches extérieures d’une couleur brune sont formées de cellules subéreuses aplaties, rangées de dehors en dedans en plusieurs séries. Au-dessous, l’écorce moyenne se montre avec sa couleur d’une jaune rougeâtre, formée d’un parenchyme de cellules remplies de chlorophylle ou d’amidon et de très-gros cristaux d’oxalale de chaux. Üe nombreuses cellules pierreuses se font remarquer dans celle zone; elles forment quelquefois une ligne continue, parallèle aux feuillets du liber ou écorce

ECORCE DE CAIL-CEDRA.

interne. Celle dernière portion est composée de couches, assez nettement alternantes, de parenchyme semblable à celui de l’écorce moyenne, ayant les mêmes éléments, et de tissu libérien, contenant comme partie essentielle des faisceaux fibreux. Ces faisceaux sont, gros dans les parties extérieures du liber et formés d’un certain nombre de cellules fortement liées ensemble; mais, à mesure qu’on se rapproche de la face interne, on les voit diminuer de grosseur, les cellules fibreuses s’isolent davantage, et de nombreux rayons médullaires en zigzags s’interposent entre eux.

L Écorce de Marronnier d’Inde n’a pas d’odeur marquée; elle a une saveur astringente et amère. Elle contient deux glucosides, VÆsculine et la Fraxine , un tannin particulier, île la résine, etc., etc.

CÉDRÉLACÉES.

o. ÉCORCE DE CAIL-CEDRA.

Cortex Cail-Cedrœ , Carter China* Senegalensis seu Sewictinœ Senegalensis.

L'flieoree «le Caïi-Cedra est produite par le Khaya Senega lensis, Swietina Senegalensis , arbre de la Sénégambie.

L’écorce, telle que nous l’avons dans nos droguiers, est en gros morceaux plats ou cintrés, épais de 7 â 8 millimètres, recouverts à la surface d’une partie subéreuse gris blanchâtre ; à. surface interne irrégulière, de couleur brune; à cassure grenue vers l’extérieur, montrant dans les trois quarts intérieurs une succession assez régulière de couches alternativement blanches et d’un brun rougeâtre.

La structure est la suivante : Les couches extérieures d’un gris blanchâtre sont formées d’un certain nombre de rangées de petites cellules cubiques ou tabulaires, qui constituent le suber. Au-dessous se trouve un parenchyme de cellules arrondies, â parois brunâtres, au milieu desquelles se rencontrent un grand nombre d’autres cellules remplies d’une matière résinoïdc,colo-

DES ÉCORCES. — SIMAROUBEES.

rée très-fortement en brun-rouge. Au milieu de ce parenchyme, on voit des groupes isoles de grosses cellules blanchâtres, qui, au microscope, montrent leurs parois fortement épaissies, d’un blanc brillant et comme nacré par transparence, et parcourues de canalicules qui rayonnent du centre de la cellule vers la surface. Ces cellules pierreuses forment des groupes plus réguliers à mesure qu’on avance vers la zone libérienne. Là elles constiluentles couches parallèles aux faces de l’écorce, qui alternent avec le tissu libérien. Ce dernier tissu contient, avec de nombreuses cellules remplies de matière résinoïde colorante, des fibres libériennes fines, qui s’étendent dans le sens de la longueur de l’écorce.

L’écorce de Caïl-Cedra a une saveur franchement amère. — Celle propriété est due à un principe résinoïde amer, que M. Eug. Caventou en a retiré, et qu’on a nommé Caïlcédrine.

SIMAROUnÊES.

fi. ÉCORCE DE SIMAROUBA.

Simarouba de la Guyane. — Cortex Simaroubœ s eu Simarnbœ Guyanensis.

L’Ecorce ol'liciiiale «le Simarouba est produite par le Simarouba de la Guyane, Simarouba of/icinalis DC. ( Simarouba au / ara Aublel., non lia vue. — Quassia Simarouba L. non Wight.).

Celle écorce nous arrive dans le commerce en longs fragments, légèrement cintrés, ou aplatis, de 5 à G cent, de large, de 2 à .‘J millim. d’épaisseur. La face externe est couverte d’une couche subéreuse, de couleur blanc jaunâtre, légèrement marquée de petites élevures verruqueuses et de lignes saillantes I ransversales, assez régulièrement disposées à la distance de I ‘‘t demi à 2 cent. Parfois celle partie subéreuse est enlevée et met à découvert la couche sous-jacente de couleur fauve loncée. La lace interne est composée de libres plates appliquées

ÉCORCE DE SIMAROIIH A.

les unes contre les autres, mais qui se séparent facilement en donnant alors une surface très-grossièrement fibreuse. Il est difficile ou impossible de couper l'écorce transversalement : dans le sens de la longueur, elle se déchire en fragments irréguliers. La coupe transversale, faite nettement avec l’instrument tranchant, montre une zone interne (libérienne) striée, occupant plus des trois quarts de l’écorce, et des couches extérieures granuleuses.

Examinées au microscope, ces diverses zones monLrent les tissus suivants: tout d’abord des couches subéreuses formées de cellules, appliquées les unes contre les autres ; puis, un parenchyme à cellules étendues tangenliellement, mêlées çà et là de cellules contenant une matière oléo-résineuse et de grosses cellules pierreuses tantôt isolées, tantôt en groupes étendus transversalement. Cette zone parenchymateuse est assez mince ; les rayons de tissus libériens, qui caractérisent la zone interne, pénètrent jusqu’à très-peu de distance du suber et ne lui laissent par suite que très-peu de largeur.

Quant à la zone libérienne, qui fait la partie principale de l’écorce, elle se compose d’un parenchyme à cellules contenant le plus souvent des cristaux polyédriques, alternant avec des couches de véritable tissu libérien, formé de grosses cellules libreuses groupées en paquets. Ces paquets ou faisceaux courent en ondulant dans le sens de la longueur de l’écorce ; ils se rapprochent et s’anastomosent entre eux, et ils sont d'ordinaire accompagnés de grosses cellules pierreuses qui s’accolent à leur surface. Toute celle zone est régulièrement parcourue de nombreux rayons médullaires, à cellules assez grosses, étendues dans le sens radial. D’abord minces et composés de deux rangées de cellules, ils s’élargissent vers les couches périphériques, empiétant sur le tissu libérien proprement dit et réduisant de plus en plus sa largeur, de façon à lui donner l’apparence de coins, qui pénètrent en ondulant dans le parenchyme cortical.

Pi.anciiom. — Droyues simples , t. II. *2

IN

i»ks écoules.

SIM AROCIÎÉÉS.

L’écorce de Simarouba est très-amère. Elle doit celte amert u me à un principe qu’on a rapproché de celui du Quassia «nuira.

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