SUCRE DE CANNE
Sucre ordinaire. — Saccharum.
Le Sucre »ie Canne sc trouve dans un grand nombre de végétaux. L'érable, la carotte, le navet, les oignons, en contiennent en assez grande abondance, mais les plantes qui se prêtent le mieux à son extraction et les seules qu’on exploite en grand pour cet usage, sont : la Canne à sucre et la Betterave.
La Canne à sucre ( Saccharum officinarum L.) est une graminée, originaire des Indes Orientales, transportée de bonne heure dans les parties chaudes de l’Amérique, où elle est maintenant exploitée sur une grande échelle. Le sucre est contenu dans le suc de la tige, qui est un chaume plein, de 3 à 4 mètres de haut, sur un diamètre de 3 à 4 centimètres. C’est surtout dans la partie inférieure de la tige que se trouve en abondance le produit sucré : la proportion est de 17 à 20 pour 100.
La Betterave donne en Europe et particulièrement dans le nord de la France, une quantité considérable du même produit.
Cette plante est, comme nous l’avons déjà vu précédemment, une Chénopodée du genre Beta ( Beta vulgaris L.), à grosse tubérosité inférieure, plus ou moins enfoncée en terre. Deux parties de nature différente sont confondues dans celte masse lubôriforme ; l’une appartient, ainsi que l'a montrée M. Decaisne, au système de la tige: c'est la portion supérieure, généralement hors de terre ; elle esl riche en produits
SUCRE DE CANNE
azotés, et en matières salines cristallisées; l’autre, qui est généralement en terre, représente le pivot de la racine. C’est la portion où domine surtout le sucre. Aussi a-t-on avantage, dans les cultures faites en vue de l’extraction de ce produit, de répandre la variété appelée de Silésie, qui est presque entièrement souterraine, où la partie caulinaire est peu développée et qui contient, parsuite, en plusgrandc abondance, le principe qu’on y recherche. La proportion de sucre y est en moyenne de 10 pour ICO.
L’industrie fournit à nos pharmacies le sucre de canne à l’état de sucre raffiné. Il est alors en gros pains coniques formés de petits cristaux imparfaits; de couleur blanche, de saveur douce et agréable. 11 se dissout dans l’eau, d’autant plus que la température du liquide est plus élevée. 11 est insoluble à froid dans l’alcool pur, mais soluble dans l’alcool faible, en raison de la quantité d’eau qui y est mélangée.
Lorsqu’on évapore une solution aqueuse et qu’on la porte vers 1G0°, le sucre fond, et, si on le laisse alors refroidir, il se prend en une masse vitreuse, qu'on appelle sucre «l’orge. C’est un état isomère du sucre, qui revient lentement à la cristallisation ordinaire du corps, en perdant peu ù peu sa transparence. Si on continue à chauffer le sucre au delà de IGO ou 180°, il subit une altération : il brunit et donne ce qu’on connaît sous le nom de Caramel.
Le sucre raffiné est à l’état de cristallisation imparfaite ; mais on peut obtenir, en évaporant une solution sucrée dans l’étuve, de très-beaux cristaux en prismes rhomboïdaux obliques. C’est ce qu’on appelle le Siucn* Candi.
Les acides étendus changent, avons-nous vu, le sucre ordinaire en sucre interverti ; l’acide nitrique concentré transforme à chaud le sucre de canne en acide oxalique. Les alcali-se combinent avec le sucre et donnent des sucrâtes bien définis.
Nous avons donné précédemment les caractères distinctifde sucre de canne et des glucose et lévulose.
SUCRES ET MANNES
JIAANKS.
Le nombre de substances qui portent le nom de Mannes est considérable. Ce sont généralement des exsudations de saveur plus ou moins douceâtre, contenant diverses sortes de sucres ou des produits analogues aux mannites. Ces exsudations se font soit sur les feuilles, soit à travers l’écorce des jeunes rameaux ou même des grosses branches. — Dans certains cas, on aide a l’issue du liquide par des incisions, qui entament l’écorce, et permettent au suc de couler en plus grande abondance.
Une seule sorte de Manne est employée dans nos pharmacies, c’est celle qui découle d’une espèce de Frêne, Fraxinus Ornus Lam. rotundi folia ; mais un certain nombre méritent sinon une élude, au moins une mention rapide. Ce sont :
1° La SE an ne «le Hriançon {Manna laricina seu Brigantina) . Elle est en petits grains arrondis jaunâtres, d’une saveurdouce, d’une odeur légèrement térébinthacée. Elles contiennent un sucre du groupe des Saccharoses, la mélézùose, qui diffère du sucre de canne par son pouvoir rotatoire plus considérable et sa plus grande résistance aux ferments.
2° La Staline «lu Liban {Manna cedrina ) produite par le Cèdre du Liban, en grains tout petits, doux, ayant un peu l’apparence de la Manne ordinaire.
3° La Staline «le ?<ii naï OU Staline «les Blébreux ( \hinn(l tamariscina). C’est une exsudation blanchâtre, rappelant beaucoup le miel, qui se produit sur les rameaux du Tamarix gallica var. mannifera Ehrenb , à la suite de la piqûre du ('accus manni parus Ehrenb. On la récolte dans les mois de juin et de juillet, en petite quantité chaque année. M. Berlhelot l’a trouvée composée de : sucre de canne, 33 pour 100; sucre interverti, 23; dextrine eL produits analogues, 20 pour 100 I).
4° La Staline: «lu C a ucuse {Manna quercina). Elle est extraite
(I) Nous devons dire en passant qu’on a aussi rapporté la Momie îles Hébreux, dont il est parlé dans la Cible, un Lichen du genre Lecnnoru. Les deux opinions peuvent se soutenir, et ne sont peut-être pas d’ailleurs exclu-