Lissage. — Le cuir est étendu sur la table, la chair en
VACHE LISSÉE
dessus; on le brosse avec du chiendent pour enlever la tannée qui peut encore y rester adhérente ; ce brossage prépare les chairs en les effilochant à recevoir l'empâtage.
On imbibe les chairs avec de l'eau au moyen d'un bouchon, espèce de tampon de toile de chanvre que Ton trempe dans l'eau claire et que Ton promène sur la peau pour délayer le tannin attaché aux filaments de la peau : il se forme une bouillie blanche que Ton enlève à la brosse de chiendent et à grande eau. On passe ensuite au moyen du même tampon une bouillie composée de :
Eau 20 litres.
Farine de seigle 2 kilos.
Kaolin 2 —
Mousse de Chine 0 kil. 100
Tannin 0 kil. 200
On fait bouillir dans l'eau la mousse de Chine, qui donne un fort mucilage connu sous le nom de gélose; on laisse refroidir, on délaye la farine de seigle, le kaolin et on ajoute 100 grammes d'extrait de châtaignier ou autre pour donner une légère teinte.
La mousse de Chine est peu employée; nous ne l'avons rencontrée que dans quelques maisons de bonne marque; on se contente d'eau, de kaolin et de farine de seigle.
Une autre composition bien employée est :
Eau 20 litres.
Dextrine 0—500
Blanc de zinc 0—500
Carmin d'indigo 0 — 010
Ces compositions sont employées dans le but de coller les chairs; on les imbibe bien, puis on les couche toutes dans le sens longitudinal au moyen du tampon.
On retourne le cuir la chair en dessous, mais avant on a soin de débarrasser la table de toute impureté. On procède à la mise au vent.
7. — Mise au vent. — On met au vent avec la queurse lorsque la fleur est développée et à l'étiré si son développement est médiocre.
Un bon ouvrier lisseur doit mouiller le moins possible son cuir : on doit réduire la quantité d'eau à employer à ses dernières limites. Lorsque les peaux sont soumises à des torrents d'eau, elles perdent du poids et de la fermeté.
On donne un dernier coup d'étiré fortement serré, on asperge la fleur de quelques gouttes d'eau, on l'essuie avec un linge sec et propre, on relève la bande, on la place aux solives de l'atelier ou dans tout autre lieu où elle ne séchera pas trop rapidement. La peau à la sèche doit être soignée de près pour l'éviter de noircir. Pour empêcher ce noircissage, il est bon d'ajouter à l'eau d'aspersion du bichlorure de mercure ou du biodure.
8. — Machines à mettre au vent. — Les machines à mettre au vent suppriment le rude travail que nous avons décrit. Une des premières est celle de Fitz-Henry, qui consiste en un chariot mécanique animé d'un mouvement rapide de va-et-vient, muni de 2 bras en avant et 2 en arrière. Une bielle communique le mouvement au chariot, à raison de 420 allées et venues par minute. Ce chariot coulisse sur 2 glissières horizontales supportées par des potences fixées aux poutres du plafond. Dessous le chariot se trouve une grande table horizontale sur laquelle on étend le cuir à travailler, cette table est posée sur des roulettes à axe mobile, peut être poussée dans tous les sens par l'ouvrier de façon à présenter à l'action de l'outil du chariot toutes les parties de la peau. L'outil travailleur se compose de 4 étires, 2 en avant et 2 en arrière, de sorte que l'étirage se fait aussi bien en avant qu'en arrière.
La machine Bérendorf agit à peu près de même.
Dans la machine Tourin, les étires ou queurses sont fixées sur une courroie fixée sur 2 poulies placées au même niveau audessus d'une table. La courroie en tournant force les outils à travailler la peau placée sur la table et que l'on pousse perpendiculairement au mouvement pour soumettre toutes les parties de la peau à leur action.
Dans la machine de M. Peltereau, le cuir est étendu sur une table au-dessus de laquelle est disposé un long battant vertical terminé à sa partie inférieure par un rouleau tournant, lisse ou
VACHE LISSÉE
annelé. C'est ce rouleau qui travaille la peau lorsque l'ouvrier
agite le battant en le faisant osciller.
La machine Dorge-Heuzé ressemble à une lisse mécanique, La machine Lokwood renferme des outils mobiles sur une table
fixe et fonctionnant sur toute sa surface.
9. — Machines à lisser. — Les machines précédentes servent à lisser, en supprimant les étires ou les queurses et en les remplaçant par des rouleaux en verre ou en bois dur. On se sert quelquefois du laminoir et du calandreur.