‹ Traité pratique de la fabrication des cuirs et du travail des peauxChapitre 120 sur 221 · III. — A LU NAGE · texte numérisé non relu

III. — A LU NAGE

1. — Dissolution des sels. — On nomme fonte la totalité des peaux que Ton peut travailler ensemble ; les fontes sont ordinairement de 9 peaux, soit 18 bandes, cela est variable comme on le comprend. La fonte est conduite par 2 ouvriers, le serreur et le fouleur.

On fait fondre le sel et Falun dans une chaudière cylindrique placée sur un fourneau en maçonnerie, de 40 centimètres de profondeur au milieu sur 60 centimètres de diamètre, soit 270 litres, grandeur suffisante pour contenir le liquide nécessaire à 9 peaux. En se basant sur ces d onnées on aura la contenance des autres chaudières pour un nombre plus grand de peaux en observant les mêmes proportions.

On met par peau de 35 à 40 kilos : 3 kilos d'alun, lk,750 de sel marin, et 30 litres d'eau. Nous préférons donner ces quantités aux 100 kilos de peau, comme nous avons toujours fait jusqu'à présent ; les proportions ne sont pas aussi vagues qu'avec ces données routinières; donc pour 100 kilos de peau on mettra: 100 litres d'eau, 9 kilos d'alun et 5 kilos de sel marin.

Quand on commence pour la première fois le travail, on emploie de l'eau neuve, n'ayant pas encore servi, et on met la double quantité de sels ; aussitôt que les opérations ont commencé, on emploie les eaux faites, renfermant encore des sels et auxquelles il ne suffit que de leur restituer la quantité enlevée par le passage des peaux dans leur milieu.

On fait fondre le tout à douce chaleur en remuant et on porte à 50 degrés.

2. — Encuvage. — Pendant ce temps le serreur met les peaux dans des cuves ayant la forme de baignoires, ayant lm,70 de long, 1 mètre de large et 80 centimètres de hauteur. Pour une fonte de 9 peaux il y en a 3 placées les unes à côté des autres. On met dans chaque cuve 6 bandes (3 peaux) pliées la fleur en dehors. On verse dessus 3 seaux de 10 litres de liquide tiède ; le fouleur, les pieds nus, foule les cuirs à coups de talons en traversant à

6 reprises la cuve dans toute sa longueur ; il pousse les peaux vers une extrémité de la cuve, puis, en revenant, il foule tous les plis, l'un après l'autre, en faisant redescendre les peaux vers l'autre bout de la baignoire. On nomme cette opération donner les trois tours.

Nous ferons remarquer ici que les peaux sont placées dans la cuve de manière que la tête de la seconde soit vers la culée de la première, et ainsi de suite : l'ouvrier foule donc trois fois les dos et une fois seulement les ventres.

Après les trois tours de la première cuve, le fouleur recommence le même travail sur les peaux que le serreur vient de disposer dans la cuve suivante et de même dans la troisième. Chaque 3 tours forment une eau et 4 eaux un encuvage.

La première eau étant terminée on passe à la seconde eau. On traite les peaux dans les cuves de la même manière que pour la première eau ; on soutire le liquide de cette première, on le remplace par un liquide plus chaud en le soutirant de la chaudière qui a continué de chauffer pendant ce temps. La troisième eau est plus chaude encore ainsi que la quatrième qu'on ne verse pas directement sur les peaux, que la chaleur pourrait surprendre, mais le long des parois de la cuve.

Un ouvrier fait un encuvage dans un jour, c'est-à-dire quatre fois 3 cuves de 3 peaux.

3. — Balanceuses mécaniques. — Le travail du fouleur est extrêmement fatigant, aussi les hongroyeurs ont-ils cherché à remplacer le foulage au pied parle foulage mécanique. M. Delpech avait imaginé une grande cuve tournant lentement sur pivot et sur galets ; 2 pilons foulaient les cuirs à leur passage ; le foulage n'était pas régulier.

M. Lepelley a disposé les cuves en balançoires, c'est-à-dire que chaque cuve est munie d'un axe d'oscillation horizontal placé en dessous ; le mouvement d'oscillation est donné par une bielle verticale attachée par articulation à la cuve et commandée par une manivelle à mouvement circulaire continu.

Les cuirs sont disposés dans chaque cuve comme à l'ordinaire, on met dessus des boules en bois, ou encore des rouleaux de bois

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