‹ Traité pratique de la fabrication des cuirs et du travail des peauxChapitre 124 sur 221 · VI. — TRAVAIL DES DIVERSES PEAUX · texte numérisé non relu

VI. — TRAVAIL DES DIVERSES PEAUX

1. — Peaux de bœufs. — Les bœufs sont travaillés comme il vient d'être dit. Une peau de bœuf de 100 demi-kilos au sortir de la boucherie donne 40 demi-kilos de cuir hongroyé. La peau hongroyée renferme 3 p. 100 d'alun, 2 p. 100 de sel et 10 p. 100 de suif.

2. — Peaux de vaches. — - Les peaux de vaches ne sont pas rasées, mais épilées à la chaux. Elles donnent un rapport de 38 p. 100 ; ellesabsorbent4p. 100 d'alun, 2, op. 100 de sel et 12 p. 100 de suif.

3o2 L'INDUSTRIE DES CUIRS ET DES PEAUX

3. — Peaux de veaux. — Sont travaillés comme les vaches, ils prennent moins de nourriture ; on emploie pour un gros veau 500 grammes d'alun, 250 grammes de sel et 500 grammes de suif. Le rapport est de 42 p. 100; ils absorbent 2,900 p. 100 d'alun, 2 p. 100 de sel et 8 p. 100 de suif.

4. — Peaux de chevaux. — Les chevaux hongroyés se nomment cuirs d'Allemagne. On les travaille aussitôt qu'ils sortent de dessus le dos de l'animal ; on les écharne entre 2 chairs, mais non à fond, pour protéger les parties faibles; on les rase ou on les ébourre à la chaux, on les purge bien de chaux. On emploie dans l'alunage, pour un cheval fort 2k,5 d'alun, et lk,5 de sel et pour une peau de moyenne grandeur lk,750 d'alun et 750 grammes de sel. On les foule plus longtemps et on ne donne que 3 eaux. Après les avoir culbutés deux fois, on les met hYessiti, c'est-à-dire à l'essorage, dans un séchoir. On les met en suif avec lk,5 par peau. Le rapport est de 35 p. 100. Le cheval absorbe 2,900 p. 100 d'alun, 1,750 p. 100 de sel et 8 p. 100 de suif.

5. — Défauts des cuirs de Hongrie. — Nous ne rappellerons que pour mémoire que lorsque les peaux employées dans la fabrication, sont coutelées, piquées, trouées, etc., ces défauts sont inhérents à la peau. Les cuirs cornus sont ceux qui conservent des plaques ayant l'aspect de la corne, provenant d'un foulage imparfait : ils n'ont ni force, ni souplesse, ni durée. Les cuirs ecchymosés sont ceux sur lesquels on aperçoit des taches de sang provenant d'une mauvaise préparation : ils sont faibles et de peu de durée. Les cuirs roides sont ceux qui n'ont pas assez été ouverts par le travail de grenier ; ils n'ont pu se nourrir de suif et ils sont par conséquent exempts de souplesse. Les cuirs cassants sont ceux dont la fleur a été surprise par du suif trop chaud. Enfin, les cuirs noirâtres sont ceux mal passés en suif.

6. — Cuirs de Hongrie en couleur. — On donne quelquefois aux cuirs de Hongrie une couleur noire en y passant sur la fleur du noir, comme nous l'avons expliqué. La première idée en est venue à M. Ivresse, en 1836.

On peut les passer en couleur rouge ou jaune. (Voir Teinture.)

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