‹ Traité pratique de la fabrication des cuirs et du travail des peauxChapitre 206 sur 221 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

BOURRELLERIE

Bât. — Le bât est un harnais qu'on place sur le dos des bètes de somme, principalement des ânes et des mulets, pour les charger des fardeaux qu'il s'agit de leur faire transporter. Le bât est formé d'un fût ou arçon en bois, composé de 2 courbes ou arcades et de 2 aubes ou lobes, joint à 1 panneau. On le maintient sur le dos en général au moyen de 4 organes une sangle de cuir passant sous le ventre ; une croupière munie d'un cubion ; un poitrail à large bande de cuir ceignant l'animal au niveau des épaules et s'attachant en avant par ses 2 extrémités de chaque côté de l'arçon; un fessier ou large bande de cuir opposée au poitrail et passant sur les pointes des fesses en s'attachant par ses 2 extrémités en arrière et de chaque côté de l'arçon.

Yoici les détails de sa confection :

Le bourrelier reçoit le fût tout ébauché ; il le finit à l'essettc et à la râpe. Il le monte en assemblant les lobes et les courbes au moyen de 4 clous, 2 devant et 2 derrière, dans les rainures pratiquées à cet effet dans les courbes ou arcades. On y joint le panneau. Le panneau se fait avec une peau de mouton, on la mouille, l'étiré et la plie en 2 dans le sens de sa longueur, la fleur en dehors et on la taille ainsi sur la mesure du fût ; on la toile en la doublant d'une vieille toile, on y met les f actives, bandes de toile larges de o centimètres que l'on appointe le long des bords du panneau; on place de même quelques morceaux de basane entre les façures et on coud tout autour la peau et sa doublure en repliant un peu en dedans les façures de devant et de derrière. On garnit de paille les façures, on coud le bord libre au panneau et on arrête la paille par une spirale de fil.

BOURRELLERIE

On rembourre le panneau avec de la paille droite, on rabat les façures sur la paille, on les coud avec les autres et on forme des boutons piqués en traversant chaque panneau de dessus en dessous avec un carrelet enfilé de ficelle poissée, passant dans chaque point, avant de le serrer, un bout de laine de couleur, comme cela se pratique pour les matelas et les coussins de diligences. On a ainsi le bât à boutonner.

On fixe ensuite le panneau sur le fût avec une longue attache de cuir qui passe dans la rentraiture du panneau et dans des trous des arcades que Ton a percé à la vrille à cet effet, on réunit les deux bouts que Ton attache ensemble ; on place ensuite les dagornes ou petites courroies passées dan les 4 coins du panneau, croisées dans le trou fait au milieu et au bas de chaque lobe audessous des points des arcades, sur lesquelles on les cloue. On garnit ensuite avec de la bourre de veau.

On ornemente les bâts avec des bouffettes, des aigrettes, des traces, broderies, etc., sur lesquelles nous passerons rapidement. Les bouffettes sont des ornements faits avec de la laine en écheveau diversement teinte et que Ton dispose suivant les dessins donnés. L'aigrette est une bouffette faite des lanières de cuir que Ton coud en dedans d'un cuir de 5 centimètres de largeur tourné en forme de tuyau. Sur les courroies longues et larges on trace avec la rénette des losanges et autres agréments de remplissage. Les brides reçoivent des traces ou bordures et différents dessins appelés bâtons.

On appelle butine un long coussin en toile bourré de paille qui est maintenu sur le dos de l'animal au moyen de sangles et d'une croupière.

Le panneau est une bâtine en peau (basane) en dessus et toile en dessous et bourrée de paille et de bourre; il est muni d'une sangle et d'une croupière. On borde les 2 pièces (cuir et toile) au moyen d'un jonc ou peau de mouton teinte en rouge.

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