HARNAIS D'ATTELAGES
1. — Attelage en limoniére. — Les charrettes, tombereaux, haquets, camions, etc., sont attelés à un nombre de chevaux variable avec la charge. Le cheval qui se trouve entre les brancards
est le limonier ; celui qui est attelé immédiatement devant le limonier, aux chevilles des limons est le chevillier ; le cheval de devant est le cheval de devant; enfin les chevaux qui se trouvent entre le chevillier et le cheval de devant prennent le nom de chevaux de faute.
C'est le limonier qui porte les harnais.
Les harnais se divisent en: harnais d'avant-main: licol, bride, collier et accessoires ; et harnais d'arrière-main : sellette, dossière, sous-ventrière, avaloire, croupière, couverture, surdos, faux surdos, fourreaux, traits et cordeau.
2. — Brides. — Le licol se place autour du cou de l'animal; il est composé de courroies assemblées par des brédissures ; ses principales pièces sont: la têtière, la muselière, lesjonières, le sousgorge et la longe.
La bride se compose de la têtière, du frontail, des montants avec ou sans œillères, de la sous-gorge, du cache-nez, de la muserolle, du mors et des rênes.
Les montants sont composés de 2 bandes de cuir assemblées, passées dans les anneaux du mors et repliées ensuite sur ellesmêmes. La forme des branches du mors est courbée de différentes façons ou droite ; la partie située au-dessous du point où s'insère le canon (partie du mors qui entre dans la bouche de l'animal), et dont l'extrémité libre porte l'anneau, pour l'attache de la rêne, est un levier qui multiplie Faction de la main; il a son point d'appui sur la gourmette, petite chaîne de fer ou d'acier attachée aux branches un peu au-dessous du niveau du canon et qui serre, lorsque le levier bascule, tiré par les rênes, la barbe du cheval.
Le montant de gauche passe sur la tête du cheval, en formant la têtière et vient se boucler sur le montant de droite ; ce montant, appelé long -montant, est aminci graduellement à l'aide du couteau à pied, de façon que, arrivé vers le point où il devient têtière, il ne reste que l'épaisseur d'un cuir, les 3 cuirs intérieurs formant la courroie ayant été enlevés. On réunit ensuite le long-montant avec le court-montant (montant droit) par une double couture à joindre ; le court-montant est muni de sa boucle; cela fait on les surtaille, c'est-à-dire qu'on égalise les bords avec des ciseaux.
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Les montants terminés, on y réunit le cache-nez, les aboutoirs, puis le frontail. composé de 2 bandes de cuir cousues au long montant au-dessous de l'oreille, le dépassant un peu à droite pour recevoir une boutonnière dans laquelle s'engage le bouton de cuir de l'extrémité de la sous-gorge. Deux petits lacets de cuir fixés aux aboutoirs sont attachés au frontail pour les maintenir en position.
Les différentes pièces sont réunies entre elles par des boucles à ardillons, qui permettent de les allonger ou de les raccourcir, pour ajuster la bride à la tête de l'animal.
Les œillères sont maintenant généralement supprimées; en effet, elles limitent le champ de vision du cheval et l'empêchent de se conduire ou de se concerter lorsqu'ils sont deux ou plusieurs.
Le bridon est une bride simplifiée, sans frontail ni muserolle et dont le mors ne se compose que de 2 pièces articulées par anneaux ; on l'emploie pour conduire les chevaux en dehors de leur travail.
3. — Le collier. — Le collier se fabrique avec une basane que l'on fait tremper dans l'eau pour bien l'humecter, on l'étend sur la table et on la plie par le milieu, la fleur en dedans, on appuie fortement sur le pli de manière qu'il ne s'efface pas, on déplie la peau, on la découpe en différentes parties qui assemblées constitueront le fourreau dont la forme est bien connue et qui sera bourré de paille. La couture des différentes pièces du fourreau se fait en triple ; on coud à l'envers de la peau une bande de toile près du bord de devant du collier où se trouvera la verge, bourrelet qui s'étend le long des attelles. On retourne la peau, on retraiture la verge en faisant une couture à demi-jonction sur la ligne où se trouve la toile.
On humecte la peau avec une éponge humide et on remplit la verge au moyen de la verge à enverger avec de la paille de seigle nouvelle ; la verge doit être dure et bien arrondie. On mouille dt nouveau la peau et on procède au remplissage du collier au moyen du rondinet, d'abord avec de la bourre de veau fine, puis de la bourre de bœuf, puis de la bourre de cheval, et enfin, le vide laissé au milieu est garni avec de la paille. On bat le collier avec la batte de bois pour comprimer la paille.
Le collier ne forme qu'un long boudin continu et droit; on appuie sur ses 2 extrémités et on les ramène en contact ; on les coud à la ficelle non poissée ; on le met ensuite en forme soit sur une forme appropriée, soit en le façonnant avec le maillet, le coin, le faux garrot, la fausse verge, etc. ; on lui donne ainsi toutes les formes désirables. On passe ensuite au garnissage avec les accessoires.
Le collier se compose de plusieurs parties: la tête, au point de rapprochement des 2 extrémités du boudin, qui est la partie la plus épaisse ; le corps, qui est l'ensemble du collier ; Y embouchure, partie de l'ouverture immédiatement au-dessous de la tête; le chaperon, pièce de cuir recouvrant la tête; la panse, qui est l'endroit le plus élargi par derrière; et la verge que nous connaissons.
Après la mise en forme du collier, on y coud à surget le chaperon; on y pose ensuite les attelles, qui sont 2 planchettes en hêtre arrondies en haut et s'appliquant exactement sur les contours du corps du collier, auquel on les fixe par des courroies pénétrant dans des ouverture des attelles et attachées à la verge. On y joint les billots , courroies attachées à la partie inférieure et de chaque côté du collier pour livrer passage aux traits. Dans le collier du limonier, les billots reçoivent les mamelles au lieu de traits ; ce sont des chaînes de fer ou de fortes courroies de cuir servant à attacher le cheval au limon. Il reste encore la housse ou peau de mouton en laine, teinte en bleu et doublée de toile que Ton place sur le collier, la laine en dessus, en laissant dépasser les attelles, sur lesquelles on la cloue.
Le collier d'âne est celui qui s'ouvre en bas. Cette forme a été adoptée dans l'armée, vers 1851), dans l'artillerie et le train des équipages.
4. — La sellette. — La sellette se place sur le dos du limonier et soutient les limons ou brancards entre lesquels se trouve l'animal. La sellette se compose et se fabrique comme le bât commun ou la selle ordinaire. 2 arcades en bois de hêtre sont réunies par 2 lobes , sur lesquels on place 2 courroies croisées ou traverses, clouées sur les lobes [une toile ou faux siège et enfin le siège de cuir. On bourre soit avec de la paille soit avec de la
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bourre de bœuf. On perce arcades et lobes de trous pour livrer passage à l'avaloire et aux attaches du panneau. On coud ensuite les tasses, bandes de peau de castor cousues en équerre, bouta bout, 2 par devant et 2 sur les côtés. On fixe le panneau à la sellette comme pour le bât. Enfin on coud une boucle sur le devant et en haut du siège, pour attacher la rêne.
5. — La dossière. — La dossière est une bande de cuir blanc de 20 centimètres de largeur, repliée sur elle-même dans le sens de sa longueur et n'ayant plus que 10 centimètres ; on introduit dans le pli le blanchet ou courroie de 8 centimètres de largeur, que Ton fixe par une double couture au cuir de dessous. On fixe ensuite les rouleaux, tiges de fer de même longueur que la largeur de la courroie et terminées par 2 têtes rondes ; aux extrémités de la dossière par une brédissure ; les têtes seules paraissent ; on pratique une fente dans la courroie de façon à mettre à nu le milieu de ces rouleaux.
On la place sur la sellette : elle appuie sur son siège par son milieu et par ses deux extrémités soutient les timons de la voiture.
6. — La sous-ventrière. — C'est une large courroie clouée sous le lobe droit de la sellette (côté hors la main) et passant sous le ventre du cheval et venant se boucler à gauche (côté sous la main). La sous-ventrière est un cuir blanc épais de 6 à 7 centimètres de largeur. La sous-ventrière des timons, que l'on place un peu avant la précédente, est un peu plus large ; elle va d'un timon à l'autre et sert à les maintenir en équilibre ; elle se termine d'un côté par un anneau formé par un repli du cuir sur lui-même, appelé boite, dans laquelle passe le timon ; à l'autre extrémité elle se termine par un contre-sanglon et une boucle pour la fixer à l'autre timon (sous la main).
La sous-ventrière des chevaux de devant s'attache aux traits de cordes dans les fourreaux.
7. — L'avaloire. — Pièce du harnais des chevaux qui, attachée aux brancards, repose sur la croupe de l'animal, enveloppe les
fesses au-dessous de la queue, pour faciliter le roulement d'un véhicule ou le retenir pendant une descente. Elle se compose de diffé rentes parties : les bras en cuir, blanc et carrés, doublés et brédis dans des anneaux en fer; le bras supérieur passe sur la croupe et le bras inférieur, tourne autour de la croupe horizontalement. Les branches, en cuir blanc, sont au nombre de 4, 2 de chaque coté ; elles sont réunies aux bras. Le couplet est une courroie qui se passe dans 2 fentes faites dans le cuir de dessus des bras supérieur et inférieur et dont on réunit les 2 extrémités par un nœud double et au milieu.
Pour éviter que les attaches du bras d'avaloire supérieure ne produisent des excoriations sur le dos de l'animal, elle est garnie en dessous de petits coussinets ou panneaux de basane doublés de toile remplis de bourre ; ils doivent se placer sur les coussins musculeux qui longent la partie saillante de l'échiné, sans porter sur celle-ci. Enfin, la ceinture qui part du cuir fendu du bras supérieur, passe dans les trous de l'arcade de la selletle et revient se fixer à l'autre fente du bras ; elle a pour but de maintenir la sellette.
8. — La croupière. — Elle a pour but de maintenir en place tous les harnais sur le dos du cheval. Elle se compose du culeron, bourrelet de cuir bourré de crin en forme d'anneau ovale dans lequel on passe la queue de l'animal ; on l'attache aux 2 branches du fourche t, cuir fendu par un bout ; et la croupière est reliée au bras d'avaloire supérieure.
9. — Harnais des chevaux de devant. — Ils se composent de la couverture, du surdos, du faux surdos, de la sous-ventrière, des traits et des fourreaux.
La couverture est un morceau de toile, munie d'une patte en cuir dans laquelle passe la demi-rêne du culeron pour la maintenir sur le dos du cheval concurremment avec des attaches cousues à son envers. Le surdos est une courroie de 5 centimètres qui passe sur la couverture et soutient les fourreaux de chaque côté. Les fourreaux sont en cuir tanné de 35 centimètres de longueur et 15 centimètres de largeur, replié dans le sens de sa longueur,
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et dont les bords sont cousus ensemble; ils sont attachés au surdos par un boucleton.
Les traits de corde ont les extrémités repliées sur elles-mêmes et terminées par des anneaux : l'un, désigné sous le nom (['œil du trait, se passe dans le billot du collier ; l'autre, appelé patte de trait, se passe au bout du limon, où on le maintient par une forte cheville. Pour atteler les chevaux de devant, on passe une cheville, nommée billot à biller, dans la patte du trait de devant ei dans l'œil du trait de derrière et liant le tout avec une petite courroie dite attache.
Le faux surdos est une petite courroie munie à son extrémité d'un anneau de fer, attachée au fourreau d'un côté et laissant pendre sa boucle de l'autre ; cet anneau est destiné à soutenir la retraite, courroie attachée d'un côté au cordeau par un anneau, passant dans l'anneau du faux surdos , et ensuite dans une boucle fixée dans l'attelle du collier du chevillier, et finalement se rattachant à l'anneau du mors du côté sous la main.
Enfin, le cordeau est une corde dont on fait passer un bout doublé sur la patte de l'attelle gauche du limonier ; le bout le plus court est fixé à la retraite du chevillier et le bout le plus long passe dans l'anneau de l'attelle du chevillier pour s'attacher à l'anneau de la retraite du cheval suivant, puis dans l'anneau de l'attelle de son collier, et ainsi de suite pour les suivants. C'est avec ce cordeau que le charretier commande ses chevaux.
10. — Harnais des chevaux de timon. — Dans une voiture à timon les chevaux s'attellent 2 par 2, au moyen de la double chaîne d'attelage ou du colleron.
Le colleron est composé de 2 cuirs superposés, celui de dessous ayant 15 centimètres et l'autre 9 centimètres de largeur, une peau de basane est interposée entre les 2 cuirs ; le tout est cousu ensemble et terminé de chaque côté par un anneau de fer. On place le colleron sur le col du cheval, au-devant du collier; on arrête dans un de ses anneaux une plate-longe simple, nouée à la volée de derrière et revenant s'attacher à l'autre anneau du colleron; à chaque anneau du colleron est fixée une autre platelonge qui se boucle dans les anneaux de l'avaloire.
Le reculement est une forte courroie qui passe dans l'un des anneaux des traits du timon, passe devant le poitrail du cheval, revient dans l'autre anneau, et enfin les deux bouts vont se boucler dans un gros anneau de l'avaloire ; un crochet de fer situé dans la partie qui passe devant le cheval et qui s'accroche avec une chaîne fixée au timon fait communiquer celui-ci avec le reculement.
Lorsque le cheval recule, l'avaloire agit dans le même sens sur le reculement, et le mouvement est bien facilité.
11. — Harnais d'attelages de luxe. — Ces harnais diffèrent des précédents par leur petitesse, leur fini, leurs ornements et leurs richesses. Le collier beaucoup plus petit, s'ouvre en bas au moyen d'une agrafe et les attelles sont faites avec des tringles de fer recouvertes de cuir et peu apparentes. #
Le manlelet remplace la sellette; c'est un panneau composé d'une peau de veau doublée d'une toile cousue à surjet avec du fil noir et bourré de crin ou de bourre de veau. Les barres du poitrail sont en cuir de bœuf lissé et brédies à un anneau de cuir. Les autres pièces sont les mêmes, plus mignonnes et plus élégantes. Nous passons bien entendu sur les ornements de cuivre, de nickel, d'argent, d'argent doré, les ornementations en tous genres, qui n'ont pas à nous occuper.