‹ Traité pratique de la fabrication des cuirs et du travail des peauxChapitre 208 sur 221 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

1. — Coiffures. — Le shako à carcasse Je cuir pour la cavalerie légère se compose essentiellement: de la carcasse, du calot, de la visière, du gousset porte-pompon, du bourdalou, des jugulaires et de la coiffe.

La carcasse est en cuir de vache à l'eau, étiré, paré et cylindré, de 2 millimètres d'épaisseur et estampée en forme de cul-de-poulc sur le derrière du shako ; la couture d'assemblage en zigzag est faite au fil poissé. Les 2 arêtes du bord inférieur sont placées bout à bout, de manière à diminuer l'épaisseur de la partie qui touche le front et éviter de blesser l'homme. On l'enduit sur ses deux faces d'un vernis à la gomme laque.

Le calot est en forte vache grenée et vernie noire.

La visière est en forte vache de 4 millimètres d'épaisseur, vernie sur chair et cerclée en cuivre.

Le gousset porte-pompon est en petite vache de 2 millimètres d'épaisseur.

Le bourdalou est en cuir verni noir comme le calot. Les jugulaires ou mentonnières sont en petite vache vernie noire.

La coiffe intérieure est en basane, façon chèvre noire.

Les casquettes à carcasse de carton, à l'usage des chasseurs d'Afrique et des cavaliers de remonte, portent la visière, le gousset, les jugulaires et la coiffe intérieure, comme les shakos de cavalerie légère.

2. — Ceinturons. — Les ceinturons d'infanterie, de chasseurs à pied, etc., sont en vache noircie et cirée, demi-nourrie ; la bande

de cuir dont ils se composent a 3 à 3 millimètres et demi d'épaisseur, le D en fil de cuivre est enchapé à l'extrémité la plus épaisse, On les confectionne d'après 3 tailles correspondant aux dimensions suivantes : taille exceptionnelle 1 m , 1 5 ; première taille, lm,0o ; deuxième taille, 90 centimètres.

Les ceinturons à bélières de cuirassiers, dragons, etc., sont en même cuir ayant 3 à 3 millimètres et demi d'épaisseur.

Les ceinturons à bélières, des hussards, chasseurs, artilleurs (hommes montés), etc., sont en cuir de 3 à 3 millimètres et demi d'épaisseur. Il en est de même des ceinturons porte-sabre d'artillerie et du train des équipages (hommes à pied).

3. — Bretelles. — Les bretelles de fusil, carabine ou mousqueton ont une épaisseur de 2 millimètres et demi à 3 millimètres d'épaisseur, le trou des boutonnières doit être du diamètre de la tige du double bouton en cuivre.

4. — Etui de revolver. — L'étui de revolver avec banderole et ceinture en cuir fauve, pour les troupes à cheval, se compose d'un fourreau en cuir légèrement nourri sur fleur, les chairs propres et assez fermes pour ne pas se déformer. La partie où pèse l'arrêtoir du revolver est suffisamment emboutée pour que cet arretoir puisse s'y loger sans frottement. Il en est de même pour l'emplacement du point de mire. L'oreille où se loge la crosse du revolver est emboutée et assez relevée au moyen d'une couture froncée, pour que le couvercle, en se rabattant, le recouvre parfaitement.

Le cuir est composé de 2 ou 3 morceaux de cuir qui doivent être assemblés par des points de couture et non simplement collés. Les alvéoles de la poche à cartouches sont rigides et arrondis.

Le couvercle en cuir ferme, chair propre, bien emboutée, s'engage exactement sur la partie supérieure du fourreau. Le bouton de fermeture est rivé.

La banderole et la ceinture sont en cuir demi-nourri, souple et d'épaisseur régulière. L'étui de revolver avec banderoles en cuir noir, pour les troupes à pied, est semblable , pour la forme, les dimensions et les détails de confection à celui des troupes à cheval ; le cuir noirci sur fleur reçoit, après confection, une couche de vernis blanc.

ÉQUIPEMENT MILITA IKK 359

5. — Courroie de bidon. — La courroie de petit bidon d'un litre est en cuir de vache légèrement nourri, noirci et ciré sur chair, d'environ 2 à 2 millimètres et demi d'épaisseur, d'un seul morceau. L'un des bouts, le plus mince, est replié pour former l'enchapure d'une boucle à barrette en cuivre sans ardillon fixée par sa barrette dans le pli du cuir, au moyen d'une couture au fil poissé, comportant de chaque côté 5 points de sellerie, et fermé par un point croisé à cheval.

- L'autre bout, de forme arrondie, est percé au milieu, et dans le sens de la longueur, de 2 boutonnières de 22 millimètres de longueur totale, dont la base présente un trou pour recevoir un bouton à 2 têtes plates, en cuivre tourné. Le premier trou est percé à 15 millimètres de l'extrémité de la courroie, le second à 50 millimètres du premier. La longueur totale de la courroie à partir du pli de l'enchapure est de lm,46, la largeur courante de 0m,02.

La courroie de petit bidon de cavalerie est en cuir de vache légèrement nourri, noirci et ciré sur chair, de 2 millimètres et demi d'épaisseur. Une des extrémités de la courroie est percée, au milieu et dans le sens de la longueur, de 2 boutonnières de 20 millimètres de longueur environ, dont la base présente un trou pour recevoir le bouton ; le premier trou est percé à 350 millimètres de la partie supérieure de la couture d'attache à la gaine, le second à 100 millimètres environ du premier.

Le bout de cette extrémité est replié la Heur en dessus, sur une longueur correspondant à l'écartement des boutonnières, puis fixé à une des têtes du bouton en cuivre; dans le pli est placée une petite boucle plate en cuivre à barrette dont l'ardillon entre dans une ouverture pratiquée à l'emporte-pièce entre les deux boutonnières. Cette ouverture mesure environ 10 millimètres de long sur 3 millimètres de large.

Cette boucle est destinée à recevoir l'autre extrémité de la courroie percée de 12 trous d'addition, environ 3 millimètres, également espacés d'environ 20 millimètres d'axe en axe. A cette courroie est fixée à demeure, par deux coutures à points de sellerie, pratiquées à hauteur des flancs du fond du bidon, une gaine de forme tronconique, en cuir noirci et ciré, de même épaisseur que la courroie. Le développement de cette gaine dans œuvre est con-

forme au développement extérieur du gobelet, auquel elle sert à la fois d'enveloppe et de soutien.

En raison de son grand développement, la courroie de suspension est faite de 2 bandes de cuir rapportées bout à bout, où elles sont superposées sur une longueur d'environ 40 millimètres, et lixées par une couture de la hauteur de la gaine. La jonction de ces bouts est faite sur la partie de la gaine qui se trouve diamétralement opposée à celles de la couture d'assemblage de la gaine, laquelle est la moins éloignée de la boucle, et par celle des coutures d'assemblage de la gaine à la courroie qui est la plus éloignée de la boucle. Le développement total de la courroie est lm,900; la largeur courante de 20 millimètres.

6. — Cartouchière. — La cartouchière est entièrement en cuir, elle se compose : d'un dos formant patelette, d'un devant et d'un fond.

Le dos formant 'patelette est en cuir de vache noirci sur lleur, nourri en suif, chair propre, pris dans le croupon, et ayant 2 millimètres et demi d'épaisseur environ. Le dos est taillé à angle droit à sa partie inférieure ; sa partie supérieure, formant patelette, décrit un arc de cercle dont le rayon est de 100 millimètres. A 25 millimètres du bord de la partie arrondie de la patelette est fixée, au moyen d'une couture circulaire faite à la main, une patte de fermeture de même cuir. Cette patte est percée à remportepièce d'une boutonnière, dont la naissance arrive à 35 millimètres de son bord inférieur.

Au milieu du dos de la cartouchière et à 35 millimètres du fond est cousue à la main, Heur en dedans, une patte de suspension en cuir de vache noirci sur lleur, de 2 millimètres et demi d'épaisseur ; à l'extrémité de cette patte est placé un D en fer étamé de 2 millimètres et demi de diamètre, et 14 millimètres de hauteur et largeur dans œuvre. Les extrémités des coutures de la patte et du D sont solidement bridées.

Le devant, de même cuir que le dos, est taillé à angles droits à sa partie inférieure ; sa partie supérieure forme une ligne concave d'environ 8 millimètres de flèche. Sur le milieu du devant, et à 27 millimètres du bord inférieur, est placé l'axe d'un bouton en

cuivre de 10 millimètres de diamètre (à la base) ; ce bouton est rivé à l'intérieur sur une rondelle également en cuivre. La contrerivure est recouverte d'une rondelle en cuir, de 25 millimètres de diamètre environ, fixée par une couture apparente circulaire faite à la main. Ce bouton est destiné à recevoir la patte de fermeture.

Le fond se continuant sur les côtés pour former soufflet est en cuir de vache noirci sur fleur, chair propre, pris dans le flanc, de 2 millimètres d'épaisseur environ. Le soufflet est fixé au dos et au devant par deux coutures faites à la main ou à la machine. A partir du bord supérieur du devant, le soufflet se replie en dedans sur lui-même, de manière à former un oreillon à droite et à gauche. Deux passants en fil de fer non recuit et étamé de 4 millimètres de diamètre n° 19, sont fixés par 2 crampons en fer plat étamé de 3 millimètres et demi d'épaisseur, le premier à 30 millimètres du bord inférieur de la cartouchière, et le second à 60 millimètres.

Les deux passants sont maintenus aux côtés par 2 enchapures en cuir de vache noirci sur fleur, solidement cousues, le point d'arrêt de la couture étant à l'extrémité inférieure avec bride d'arrêtement à chaque extrémité et pièce de renfort à l'intérieur, la pièce inférieure de ces enchapures doit arriver à 25 millimètres environ de la ligne de fond.

7. — Chaussures. — Le brodequin napolitain se compose : de l'empeigne, du quartier, de la semelle extérieure ou semelle forte, dite seconde, de la semelle intérieure dite première, de la trépointe, de la cambrure, du cambrillon, du fer à cheval, du bonbout et des sous-bouts de talon.

\j empeigne et le quartier sont en croupon de vache corroyé et nourri ; chaque pièce est d'un seul morceau. Il doit être parfaitement tanné, sans aucune trace de vert, et suffisamment travaillé au corroyage. Le croupon pour empeigne et quartier a 2 millimètres d'épaisseur environ, variant un peu suivant la longueur du brodequin. L'empeigne et le quartier sont montés la fleur en dedans.

La semelle extérieure dite seconde, est en fort cuir tanné; son épaisseur est de 5 millimètres au minimum, tout au moins à la

partie antérieure de la semelle, jusqu'à la cambrure, avant le battage.

Nous donnons ci-après la largeur des semelles d'après la pointure :

lro LARGEUR

Page 1