‹ Traité pratique de la fabrication des cuirs et du travail des peauxChapitre 21 sur 221 · VI. — EXCROISSANCES · texte numérisé non relu

VI. — EXCROISSANCES

1. — Noix de galle. — Les noix de galle sont des excroissances qui se développent sur des pétioles et les jeunes branches des chênes étrangers par suite de la piqûre d'un insecte , un cynips de la famille des héménoptères et de pucerons, aphis, de la famille des hémiptères. La femelle de l'insecte perce le bourgeon et dépose un œuf dans chacun des trous. Le bourgeon se développe, le suc de l'arbre se porte du côté de la blessure, il se forme une sorte de cerise dans laquelle le jeune insecte prend naissance et se développe. L'insecte à l'intérieur de la noix a la forme d'une pensée.

Les meilleures galles sont celles qu'on a recueillies avant le départ de l'insecte de leur intérieur; ce sont celles qui ne possèdent pas de trous sur leur surface.

Les variétés de noix de galle sont :

1° Les galles d'Alep, qui se récoltent sur le chêne à galle (Quercus infectoria), de la famille des amentacées, croissant dans le Levant et sur les côtes de la Méditerranée. Elles ont 10 à 20 millimètres de diamètre et sont rugueuses. Elles sont de trois sortes : les noires (37 à 41 p. 100 de tannin), les vertes (48 à 53 p. 100), les blanches (50 à 65 p. 100).

2° Les galles de Smyrne, produites par le même arbre et se divisant de même en trois sortes : les noires (33 à 37 p. 100), les vertes (53 à G0), les blanches (60 à 63 p. 100).

Elles nous sont expédiées en balles de crin de 140 à 150 kilos.

3° Les galles de Morée nous arrivent en sacs de toile de 75 kilos ; elles titrent 40 p. 100.

4° Les galles marmorines, petites, rondes, allongées du côté adhérent à la plante, couleur fer; elles sont unies ou garnies d'aspérités dont les pointes sont peu saillantes; l'intérieur est jaune. Titre, 40 p. 100. Elles arrivent en balles de crin de 100 à 150 kilos.

5° Les galles iïlstric , titre 41 p. 100, en balles de toile légère de 75 kilos.

6° Les galles royales, titre 31,9 p. 100.

7° Les galles de la Poitille,k0 p. 100.

8° Les galles de France se récoltent sur le Q. ilcx, le Q. robur

et le Q. tauzin. Elles renferment 8 p. 100 de tannin. Les galles allemandes contiennent 18,16 p. 100 de tannin soluble et 13,96 de tannin insoluble.

2. — Galles de Chine. — Sont produites parla piqûre de YAphis chinensis sur le Rhus javanica, le Rhus osbecky, le Rhus smialata et sur le Dystilium racemosum. On les divise en deux sortes commerciales : 1° celles de la province de Szechuen sont les meilleures ; leur cassure présente une coloration rose ; 2° celles de la province d'Itonan, plus grosses et plus foncées; la coque est plus épaisse que celle de Szecbuen. Ces galles portent en Gbine le nom de Wuh-pei-tse ; elles sont allongées, pyriformes, globuliformes; longueur 5 centimètres ; épaisseur 1 centimètre. Les galles de Chine renferment 76 p. 100 de tannin (Buechner), 69 (Stein), 69 (Bley), 72 (Villon). Les galles du Rhus smi-alata titrent 77 p. 100 de tannin (Johikawa).

Une autre sorte de galle vient sur un chêne (Q. obavata); elles se nomment Mu-shi-tse, sont ovales, sans pointes, brunes, plutôt rondes qu'allongées. Titre, 78 p. 100 (Kmmikam.)

3. — Galles de Tamarix. — Proviennent de la piqûre de plusieurs tamarix. Le tamarix de l'Inde (Tamarix indica), appelé Mahée galls dans les Indes anglaises, donne des galles connues sous le nom de Sakum ou Sakoon, ou encore noix de Bakkara, renfermant suivant Walz, 35 p. 100 de tannin.

Les galles du tamarix d'Afrique (Tamarix a/ricana) viennent d'Egypte, où elles portent le nom de Tarfeh ou d'Algérie, où on les nomme Takkaout. Titre, 30 p.. 100 de tannin.

4. — Galles du pistachier. — L'Aphis pistacia* produit sur les pistachiers des excroissances qui portent dans le commerce le nom de caroubes et de baisonges. 25 p. 100 de tannin. On les appelle galles de térébinthe, Bojekind, etc.

5. — Larove. — La rove est une noix de galle produite par la piqûre d'un cynips sur un petit chêne de l'Asie Mineure ressemblant au chêne à valonée. Elle a été introduite en Europe par

MM. Charles et Elie Guiffray, à Smyrne. Le diamètre de ces galles atteint souvent 4 centimètres. Elles renferment 27 p. 100 de tannin et 3 p. 100 seulement de tannin difficilement soluble. Leur couleur extérieure est d'un brun rouge à Fétat frais ; cette teinte devient de plus en plus foncée avec l'âge ; elles deviennent noir gris lorsqu'elles restent plus d'un an sur l'arbre exposées aux intempéries de l'air. Leur forme est celle d'une poire allongée. A l'extérieur, la circonférence du cercle perpendiculaire au plus long axe de ces galles porte une couronne d'une douzaine de pointes. Elles ont un épiderme très mince qui les protège de toute déperdition de tannin pendant la première année et aussi longtemps que la couleur dudit épiderme reste rougeâtre. L'apparition de la couleur noire marque un commencement de décomposition. L'intérieur des galles est très poreux, ce qui permet au tannin de toutes les parties de bien se dissoudre uniformément lorsqu'on les met dans l'eau. Enfin, le tannin de la rove est doux et semblable à celui de l'écorce du chêne ; il est également peu coloré.

6. — Gallons. — Sont des excroissances provenant de la piqûre du chêne cerris, du Quercus stagnosa, du Q. pedunculata, du Q. sessiflora et du Q. pubescens par l'insecte Cynips calicis. La guêpe se pose sur les glands, glisse un œuf entre la cupule et le bouton, le fruit apparaît, mais plus ou moins déformé, la cupule et le gland étant méconnaissables. On les désigne aussi sous le nom allemand de knopperns (hungarische ou serbische knoppern). Ils viennent de Hongrie, de Styrie, de Croatie, de l'Esclavonie et du Piémont par sacs de grosse toile de 90 à 100 kilos.

Leur richesse en tannin varie de 25 à 30 p. 100 de tannin.

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