O CD G Q
en s
eu
CD
-CD .oj nG
tt) G
o ci d . •
G c ri S G « C3 'G o
fi £ fa « cd G ri en -3- C ^ &
G ^ '*-< 1-1 Frî
CD
CM • CD g m 3
canaux multiples. On retire les cannes et on place dans chacun des trous les douilles de deux forts soufflets au moyen desquels ranimai est gonfle. Pendant l'introduction de l'air, les aides frappent au moyen de bâtons sur toutes les parties du corps pour faciliter sa rentrée et le déchirement des tissus cellulaires sous-cutanés. On fait ensuite une incision dans la peau en allant d'un trou à l'autre en passant sous la poitrine et le ventre. L'animal est ensuite suspendu par les pieds de derrière au tinct, accroché à la corde d'un treuil. Pendant le dépècement du ventre, on détache la peau du dos et on la plie avec soin.
Veaux. — Les peaux de veau les plus belles et les meilleures sont fournies par les animaux de cinq à six mois. Les veaux sont abattus par une large entaille au cou et leur habillage se fait comme celui du bœuf, en apportant plus d'attention.
Vaches. — Les vaches, suivant qu'elles ont porté ou non, donnent deux qualités de peaux.
Les taures, c'est-à-dire les vaches qui n'ont pas porté, donnent les peaux de bande, que l'on nomme communément les vaches de bande. Quant aux vaches laitières, elles ne fournissent des peaux que pour le cuir à œuvre, parce que la distension qu'elles ont subi pendant la gestation les a trop affaiblies pour donner du cuir fort.
Une vache donne en moyenne :
Viande (sèche) 32 kilos.
Cuir 32 —
Os , 50 —
Suif 32 —
Ces nombres sont des données que nous avons recueillies dans différents chantiers d'équarrissage.
Cheval. — Le cheval est abattu à la boucherie comme le bœuf. Un cheval de taille un peu au-dessus de la moyenne donne :
Viande (desséchée) 30 kilos.
Os. 62 —
Cuir 36 —
Crins ri —
La préférence doit être donnée à la peau d'un animal nerveux, maigre et bien portant.
12 l/INDIÎSTRIE DES CUIRS ET DES PEAUX
Les chevaux qui font des courses rapides et longues et ayant une certaine liberté donnent un cuir excellent à texture serrée et forte.
Mouton et chèvre. — Nous n'avons rien de particulier à mentionner sur ces peaux, si ce n'est que leur rendement en peau varie entre 6 et 8 p. 100 de leur poids vif.
2. — Animaux morts. — Les animaux morts naturellement ou accidentellement sont dépecés dans la ferme ou menés dans un chantier d'équarrissage. La séparation de la viande, du sang, de la graisse, des os, de tendons, etc., se fait comme aux abattoirs, avec cette différence que la viande est employée pour fabriquer des engrais renfermant 8 à 9 p. 100 d'azote, en la faisant bouillir et en la desséchant.
3. — Défauts des cuirs de boucherie. — Les peaux provenant des abattoirs et des équarrissages sont immédiatement portées à l'état frais de chez le boucher chez le tanneur. Les peaux sont désignées d'une manière générale sous le nom de cuirs verts.
On peut y remarquer trois défauts principaux : des coutelures, des surcharges, de la crotte, des piqûres et des marques.
Coutelures. — Les coutelures sont les incisions qui entament la peau en produisant une cicatrice qui enlève de sa valeur au cuir. Les écorcheurs doivent avoir soin, surtout lorsqu'ils manquent d'habitude et que l'animal est maigre, de diriger le tranchant de la lame vers les muscles dont ils entament toujours quelques portions, afin d'éviter que la peau ne puisse être endommagée.
M. Brion a construit un couteau spécial pour dépouiller sans trous ni coutelures. C'est un couteau ordinaire portant une contrelame descendant un peu plus bas que la lame. On la fixe ordinairement à 1 millimètre au-dessus du tranchant (fig. 5). Il est facile de comprendre que la lame protectrice se trouvant en contact de la peau, en maintenant la lame tranchante à une distance régulière et invariable, celle-ci ne peut en aucune façon couper celle-ci. Le couteau Darso est basé sur le même principe.
Un autre couteau basé sur les intéressantes et utiles propriétés de l'électricité a été inventé, en Amérique, par M. Nevvgass direc-
teur de l'immense abattoir de la Fairbank Canning Company. Ce couteau électrique à dépouiller se compose d'un arc formé par une petite lame de platine recouverte de chaque côté par des armatures isolatrices mises en communication avec deux ^m fils conducteurs d'un courant \Ct électrique dégagé par une pile ou tout autre producteur. Sous l'influence du courant, la lame de platine est portée à l'incandescence, au rouge blanc, comme les fils des lampes Edison et autres. On pousse cette lame entre la peau et la chair, dans tous les sens, à la manière du couteau ordinaire. Sous l'influence du courant et de la température de la lame, la séparation du cuir et de la chair n'offre aucune difficulté : il suffit de pousser le couteau, qui ne peut produire aucune coutelure puisqu'il n'est pas tranchant. La surface interne du cuir est très unie et pour ainsi dire polie, sans trace de viande.
La non-valeur des peaux coutelées est un différend qui se juge entre le tanneur et le boucher ou» le commissionnaire. Une peau perd d'autant plus de valeur que les coutelures sont plus profondes, ou plus abondantes, ou qu'elles sont situées sur les flancs ou vers le milieu.
On doit remarquer les piqûres de taon, qui sont souvent très abondantes et très prononcées. Ces diptères, si funestes et si incommodants aux chevaux et aux bœufs, désorganisent le tissu de la peau en y déposant leurs larves. L'himatopote, le stomoxe, l'hippobosque, les simulies agissent à la manière des taons pour tourmenter continuellement les animaux et leur produire quelque dommage sur leur peau. Les astres et les ricins causent aussi beaucoup de dommage à la peau. Il y a malheureusement une erreur ancrée chez le paysan éleveur qui croit que les taons sont utiles à la santé des aninïaux, comme dans les villes certaines bonnes gens conservent le préjugé que les poux sont utiles pour la santé des enfants. Le tanneur, lui, doit porter toute son
attention du côté de ces piqûres et imposer une réfaction aux bouchers proportionnelle à la défectuosité causée par leur fréquence. Les éleveurs, trouvant leur intérêt lésé, prendront garde désormais aux piqûres de ces insectes nuisibles.
Les animaux ayant eu des maladies de peau non encore cicatrisées fournissent des cuirs plus ou moins défectueux suivant le degré de la maladie ; leur non-valeur s'évalue comme dans les cas précédents.
Il y a quelques années seulement on avait à enregistrer les pertes causées par la marque des bêtes à cornes au moyen du fer rouge sur la cuisse, mais aujourd'hui ce moyen barbare n'est plus guère employé en Europe. Il n'en est pas de même des bestiaux de l'Inde et de l'Amérique, au sujet desquels nous aurons a revenir.
Pour combattre ces inconvénients, il s'est formé en Angleterre des Sociétés pour la surveillance des abats dans les grands centres et dans les campagnes. Pour ce qui concerne les coupures, le meilleur résultat a été obtenu en attribuant une légère prime pour chaque cuir sans défaut. Les plus beaux résultats pratiques ont été obtenus dans les villes de Manchester, Glascow, Nottingham, Birmingham, et Sheffïeld. Nous connaissons pour notre part nombre de tanneurs français, à Lyon surtout, qui donnent personnellement une prime aux garçons bouchers (50 centimes par veau) pour chaque peau livrée sans défaut
L'organisation de ces Sociétés d'inspection est très simple. Elles nomment une commission composée d'un nombre égal de bouchers et de tanneurs ; cette commission, comptant généralement une dizaine de membres, nomme un inspecteur, qui vérifie et classe les peaux en 3 classes selon l'état de la dépouille et selon les conditions fixées par l'association. L'inspection se fait dans les magasins des intermédiaires, de sorte que l'inspecteur ne sait pas à qui appartient la peau qu'il examine, ni quel est le boucher vendeur, ni quel en sera l'acheteur.
La commission est responsable, envers les vendeurs et les acheteurs, du bon classement des peaux; toute contestation lui est soumise et son jugement est sans appel. Lorsque la réclamation est reconnue fondée, le comité indemnise la partie lésée. On ne cons-
LES PEAUX ET LEUR ORGANISATION io
tate que de rares réclamations: deux ou trois par année en moyenne.
Les peaux classées dans la première catégorie donnent droit à une prime donnée aux garçons bouchers, qui est de 20 centimes par p2au. Ces peaux de première classe ont eu immédiatement une plus-value de 3 ou de 4 francs que la moyenne avant le fonctionnement de l'inspection , pour des cuirs de 3o à 40 kilos. L'amélioration s'est fait sentir sur les peaux de deuxième classe, dans l'espoir d'èlre classées dans la première classe.
Les frais de l'association sont couverts par un droit de 10 centimes par peau.
Voici combien 100 peaux inspectées donnent de premier, second et troisième choix :
ire classe \ . . . 32 à 37
CO à 54 8 à 0
Devant ces beaux résultats, il serait à désirer qu'il se fonde pareilles Sociétés en France, dans l'intérêt de la tannerie, comme celles fonctionnant à Glascow, Newcastle, Edimbourg.
4. — Poids des peaux fraîches. — Les peaux sont pesées à l'état frais. Une peau sortant directement de dessus l'animal, c'està-dire encore chaude, pèse 1 kilo 500 de p^us que quelques heures après par 50 kilos.
Le poids est marqué à la queue avec un couteau au moyen duquel on fait des incisions conventionnelles. On se sert généralement de la livre pour unité.
Une incision verticale, seule, représente 20 livres:
Deux incisions verticales, à côté l'une de l'autre indiquent 40 livres et chaque incision verticale en plus représente un poids de 20 livres en plus :