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II. — GONFLEMENT ET ÉBOURRAGE

i. — Plains. — Les pelains ou plains sont des cuves rondes en bois cerclées de fer, ou quadrangulaires, en maçonnerie, destinées à contenir un lait de chaux employé pour épiler les cuirs mous. Les plains se font actuellement en maçonnerie, enfoncés dans le sol ; ils sont carrés, de 2 mètres sur chaque face et autant de profondeur. Ils sont au nombre de 3 : le plain mort, le plain gras ou gris et le plain vif ; le premier est le plus faible, le second moyen et le troisième le plus fort. Lorsqu'on a un plus grand nombre de plains, ils marchent toujours par séries de 3.

La chambre dans laquelle se trouvent les plains doit être propre protégée contre les agents extérieurs par de bonnes fermetures. Cette chambre doit être bien éclairée ; on ne doit pas la faire sombre comme on a l'habitude de le faire ; la lumière est hygiénique, nous expliquerons son rôle à propos de la théorie du tannage. (Voir plus loin.) On doit y maintenir une température chaude et humide ; le chauffage à la vapeur est ce qu'il y a de mieux. Pour cela, on fait arriver la vapeur du générateur ou d'échappement de la machine dans un tuyau présentant plusieurs courbures, de 15 centimètres de diamètre, placé au plafond. Pour ce chauffage, on basera ses calculs sur les données suivantes : 1° la température doit être de 15 à 20 degrés ; 2° il faut 1 décimètre carré de surface de chauffe par mètre cube d'air ; 3° 1 mètre de tuyau de 15 centimètres de diamètre, représente 50 centimètres de surface de chauffe. Une chambre de 20 mètres de ong, 5 de large et 3 haut, demandera un tuyau d'une longueur de : 20 x 5 x 3 = 300 mètres cubes, soit 300 décimètres carrés

de surface de chauffe, soit 6 mètres de tuyaux. Yers le milieu de la chambre, et en haut du tuyau, on réservera une petite ouverture par laquelle la vapeur pourra s'échapper librement, pour maintenir l'atmosphère humide.

2. — Chaux. — La chaux est un corps blanc, caustique, formé par la combinaison de 20 parties du métal calcium et de 8 parties d'oxygène. Sa formule est Ca 0. Infusible, soluble dans 500 fois son poids d'eau froide, et plus de 1 200 fois son poids d'eau bouillante. Cette dissolution se nomme eau de chaux ; exposée au contact de l'air, elle absorbe l'acide carbonique et la surface du liquide se recouvre d'une pellicule de carbonate de chaux qui se brise par l'agitation et tombe au fond ; une nouvelle couche se produit et ainsi de suite, jusqu'à ce que toute la chaux soit convertie en carbonate. Sa densité est 2,3.

Si l'on verse de l'eau dessus, par petites quantités, le liquide est absorbé à l'instant ; celui que l'on ajoute ensuite disparaît graduellement moins vite, jusqu'à ce que l'extinction, soit complète ; et, bientôt après, la température s'élève, un grand dégagement de chaleur a lieu et vaporise l'eau en produisant un sifflement ; elle se délite en craquant, se boursoufle et augmente considérablement de volume. C'est ce qu'on appelle le foisonnement. La chaux s'hydrate et devient pulvérulente ; elle prend alors le nom de chaux éteinte. Avec l'eau elle forme une bouillie épaisse que l'on nomme lait de chaux. A l'air, la chaux vive absorbe l'humidité et s'éteint en se carbonatant. Le tanneur n'emploie que de bonnes chaux grasses de première qualité.

Comme on l'emploie à l'état de lait ou bouillie, la première opération consiste à éteindre la chaux vive ; cela peut s'effectuer de trois manières différentes : 1° par la fusion dans l'eau, ou extinction ordinaire ; 2° par immersion ; 3° spontanément, par la seule action de l'air.

L'extinction ordinaire se fait dans des bassins imperméables de 2 mètres de diamètre et 40 centimètres de hauteur ; on les construit en briques ou en maçonnerie ; on y étend la chaux sous une épaisseur de 25 centimètres ; on y amène l'eau de manière qu'elle puisse circuler et pénétrer avec facilité dans les vides. 100 kilos

de chaux demandent 30 à 31) litres d'eau. La chaux grasse de bonne qualité augmente de trois fois son volume.

L'extinction par immersion se pratique de la manière suivante : on réduit les pierres de chaux à la grosseur d'une pomme et on les met dans des paniers à claire-voie. On plonge les paniers dans l'eau, et on les y tient jusqu'à ce que la superficie de l'eau commence à bouillonner, on les retire, les laisse égoutter un instant et on verse leur contenu dans des caisses ou sur le sol dallé et on les laisse foisonner. Par ce procédé la chaux augmente de 1,50 à 1,70 de son volume.

3. — Pelanage. — On compose les pelains en mettant 60 litres de chaux éteinte dans le pelain mort, 120 dans le pelain gras et 200 dans le dernier. On agite bien avec le boudoir pour former un lait bien liant et bien homogène. Les peaux égouttées sont mises dans le pelain mort en ayant soin de les enfoncer une à une pour qu'elles soient également imprégnées de chaux. Ce pelain peut contenir 120 veaux. On les laisse quarante-huit heures dans cet état, on les retire pour les abattre aussitôt dans le pelain gras, préalablement agité, et en observant les mêmes précautions ; on les laisse quarante-huit heures ; on les rabat dans le pelain vif jusqu'à ce que le poil tombe facilement, ce qui arrive ordinairement au bout de deux ou trois jours.

Pendant ce temps on a mis des peaux dans le premier et deuxième pelain. Au bout de 3 passes le premier pelain est épuisé, on le fait écouler au canal en soulevant la bonde ; on y remet de l'eau avec 200 litres de chaux et il devient pelain vif; le second devient pelain mort et le troisième pelain gras. On opère méthodiquement comme pour faire les jus. On comprend que chaque pelain, après avoir été vif, devient à son tour gras et mort.

La quantité de chaux employée est de 20 litres par 100 kilos de peau fraîche, soit 7 litres de chaux vive.

Les peaux sont manœuvrées avec des pinces, appelées crocs de pelanage (fig. 37).

On emploie quelquefois 5 pelains; on en place 2 intermédiaires; ce système est applicable dans les grandes tanneries: on monte de cette façon sensiblement les peaux en chaux.

Le pclanage bien mené demande les précautions suivantes : 1° Il faut que les laits de chaux soient assez abondants pour que les peaux en soient recouvertes de 5 à 6 centimètres au minimum.

2° Il faut maintenir une chaleur régulière de 20 degrés environ; au-dessous de 6 degrés Faction de la chaux est très lente ; audessous de 0 degré elle est entièrement suspendue.

Fig. 37.

3° On doit éviter de remuer la surface des pelains, on doit laisser se former la croûte de carbonate de chaux à la surface ; elle empêche l'acide carbonique de l'air de carbonater la chaux intérieure ; le carbonate de chaux est nuisible aux peaux, il pénètre à leur intérieur, d'où il est difficile de l'extraire, et plus tard, sous l'action du tannin, ces parties de la peau deviennent rouge brun.

4° Laisser le moins possible les peaux en retraite, c'est-à-dire exposées à Fair, pour deux raisons : la première est que la chaux qui imprègne ces peaux se carbonate et produit les défectuosités ci-dessus citées ; la seconde est que la chaux au contact de Foxygène de Fair brûle le tissu de la peau.

5° Eviter de se servir de chaux vive pour former les pelains ; la chaux ne se délite souvent pas complètement, elle reste en grumeaux qui, lorsqu'ils rencontrent des peaux, les désorganisent : n'employer que de la chaux éteinte et tamisée.

6° Ne^laisser les peaux en contact avec la chaux que juste le temps nécessaire pour le débourrage et abandonner le vieil adage: Qui pelane tanne.

4. — Ebourrage. — A la sortie des pelains les peaux sont mises dans un bassin avec de l'eau, puis ébourrées au chevalet avec le couteau rond, comme nous l'avons décrit. Un bon ouvrier ébourre 10 à 12 peaux par jour. Après, on les met six heures à la trempe ;

on les écharne à la main ou à la machine, on les écolle et les queurse.

6. — Foulonnage. — Les peaux sont imprégnées de chaux qu'il faut leur enlever à toute force ; sans cela, sous Faction du tannin, les cuirs deviendraient durs, cassants, tachés et couleur rouge brun. Jusqu'ici on avait eu recours à. des queursages répétés et suivis de lavages aussi nombreux, jusqu'à ce que les peaux crachaient clair. Outre le moyen long et fatigant, on n'obtenait qu'une besogne imparfaite.

On a recours aujourd'hui au foulon. Cet appareil consiste en un tonneau ou tambour en bois de chêne, cercle de fer et tournant autour d'un axe horizontal passant au milieu de ses deux fonds (fîg. 38). Il a généralement 2 mètres de diamètre sur 1 mètre de largeur pour les petites peaux, et 2m,50 de diamètre sur lm,25 de largeur pour les grandes peaux. Sa vitesse de rotation varie de 13 à 20 tours par minute.

Ce tonneau est armé intérieurement sur son pourtour de barres horizontales portant de grosses chevilles en bois dur. Il a sur l'un de ses côtés une large porte à charnière.

Pour vider les peaux de chaux, on en jette 6 dans le tonneau, on fait arriver un petit filet d'eau par un tuyau A traversant les tourillons creux, et on met le tonneau en marche pendant un temps plus ou moins long, jusqu'à ce que l'eau sorte claire.

Les peaux remontent par le mouvement jusques à la partie supérieure, puis retombent en bas, remontent et ainsi de suite. Cette agitation continuelle et le frottement contre les chevilles produisent la pression ou les foulages recherchés.

Les peaux se viden t ainsi de la plus grande partie de leur chaux

Notons en passant qu'on a employé un pareil tonneau pour ébourrer les peaux. (Arthus. Brevet 1851.) Il suffit de les jeter dedans au sortir des pelains; on fait tourner le tonneau à sec un quart d'heure ; la force de projection suffit pour détacher les poils ; on introduit pendant le quart d'heure suivant un filet d'eau assez abondant. L'inconvénient du procédé est que les poils se feutrent et se mettent en boules et il est impossible de les utiliser alors qu'à faire de l'engrais.

Pour vider de chaux on foulonne de trois quarts d'heure à une heure.

On reproche à ce système de creuser, c'est-à-dire de trop abattre la peau.

Fig. 38.

M. Baudin conseille remploi du tonneau purgeur qui ménage la peau tout en 1 épurant. Voici sa construction d après le maître tanneur : diamètre lm,60, largeur 2m,50 à 3 mètres ; vitesse 10 tours à la minute. Il est tout en fer; les fonds arrondis portent les tourillons et une feuille de tôle ferme le cylindre ; elle porte les trous pour l'écoulement de l'eau. Il porte à l'intérieur des barres en laiton ou en bronze, ou plutôt en acier, qui s'use moins facilement ; l'eau y est amenée par l'axe des tourillons ; le jet est dirigé de bas en haut et retombe sous forme de pluie.

Le tonneau purgeur de M. Baudin fonctionne comme le foulon ; les peaux sont frottées par les barres dans tous les sens et ne subissent jamais de chocs.

6. — Pelanage mécanique. — Pour activer l'action de la chaux dans les pelains et pour en faciliter la manœuvre, on a eu Vidée d'employer le pelanage mécanique. Pour cela les peaux sont suspendues verticalement sur un cadre de bois horizontal de la largeur et de la longueur du pelain ; ce cadre se meut par une poulie située au plafond. La retraite et l'abatage des peaux se faisait d'un seul coup. Ce procédé présentait un inconvénient sérieux : c'est que la chaux qui n'est qu'en suspension dans l'eau tendant de plus en plus à tomber, la partie inférieure des peaux était épilée et brûlée quand la partie supérieure était encore intacte. On y a remédié en plaçant à la partie inférieure un agitateur à hélice.

Un autre procédé consiste à suspendre les peaux à un cadre rond suivant ses rayons, ce cadre pouvant tourner dans un pelain rond (Tourin).

Enfin on a employé lacoudreuse mécanique, que nous décrirons au chapitre suivant.

Tous ces procédés n'ont pas donné de bons résultats, parce que la suspension de la peau fraîche, tendre et jeune, allonge ses fibres, les resserre et l'empêche de prendre du tannin plus tard. On constate 3 ou 4 p. 100 de rendement en moins.

7. — Procédés mécaniques pour purger de chaux les peaux épilées.

— On a proposé différentes machines pour purger la chaux, qui ne sont employées que dans des cas spéciaux.

Le turbulent de M. Iwaskiewiez est un tonneau de forme cubique tournant autour d'un axe passant par ses deux angles opposés, en sorte que dans le mouvement de rotation toutes les faces sont inclinées. Les peaux, au lieu de tomber d'une certaine hauteur, roulent sur elles-mêmes, d'une face à l'autre de la caisse.

Le foulon horizontal de M. Hannequand-Parmentier est basé sur le même principe que le clapot des blanchisseries. Il se compose de 2 cylindres horizontaux en bois, au-dessus l'un de l'autre, tournant en sens contraire et présentant l'un des cannelures Ion-

gitudinales s'emboîtant exactement dans des vides correspondants de l'autre. Le cylindre inférieur est à hauteur fixe et celui de dessus à hauteur variable. Les cylindres sont placés dans un bassin rempli d'eau. On attache les peaux 2 par 2 par une extrémité, on les passe entre les cylindres, puis on les réunit par leurs extrémités libres de manière à former une chaîne sans lin. Les peaux sont ainsi alternativement lavées, pressées et frottées.

La courroie frotteuse de M. Dumas consiste en principe en un gros cylindre de bois horizontal, d'un diamètre suffisant pour qu'une peau puisse s'enrouler dessus sans se recouvrir, et en une courroie horizontale parallèle au cylindre, montée sur 2 tambours tournants. Le cylindre tourne lentement, la courroie tourne plus vite, elle a un mouvement de translation qui lui permet de parcourir successivement toute la longueur du cylindre et de frotter toutes les parties de la peau au fur et à mesure qu'elles se présentent à son contact. On peut munir la courroie de queurses, de brosses, de couteaux, etc.

Les machines à queurser et à ébourrer de Lepelley, Allard-Ferré, Jonquet, Adler, de Baudoin et Damourette (voir plus haut), de Richard, de Duplex; les machines à mettre au vent de Berendorf et Fitz-Henry remplissent le même but.

8. — Procédés chimiques pour purger de chaux les peaux épilées.

— Dans ces procédés on cherche à obtenir une combinaison soluble de la chaux en immergeant les peaux dans les bains qui renferment les substances nécessaires pour produire cet effet. On y arrive par l'emploi des acides et du sucre.

Emploi des acides. — Les acides employés sont : l'acide chlorhydrique, qui forme avec la chaux et le carbonate du chlorure de calcium très soluble; l'acide acétique, qui forme avec la chaux et son carbonate de l'acétate de chaux soluble. 100 grammes d'acide chlorhydrique du commerce à 20 degrés Baumé dissolvent 30 grammes de chaux ou 60 grammes de carbonate; 100 grammes d'acide acétique à 9 degrés dissolvent 20 grammes de chaux et 40 grammes de carbonate.

On fait des solutions acides qui ne dépassent pas 1 p. 100 d'acide que l'on met dans des cuves en bois et dans lesquelles on fait

tremper les peaux en les agitant souvent. L'emploi de la coudreuse donne d'excellents résultats. On a conseillé également l'emploi d'un foulon percé de trous sur toutes ses faces et tournant dans une auge renfermant la liqueur acide ; on doit éviter toute pièce en fer.

Les peaux purgées sont rincées dans l'eau claire. Un coudrage de une heure dans l'eau acidulée est suffisant.

Emploi de V acide carbonique. — Nous avons dit que 500 grammes d'eau froide étaient nécessaires pour dissoudre 1 gramme de chaux; il en faut 100 litres pour dissoudre 1 gramme de carbonate de chaux. L'eau chargée d'acide carbonique peut dissoudre 0 gr. 70 de carbonate de chaux par litre et 0 gr. 3o de chaux. Cette proportion croît avec la pression. En soumettant les peaux à l'action du gaz acide carbonique, la chaux se transforme en carbonate, puis en continuant l'action il se forme du bicarbonate soluble. L'action de l'acide carbonique sur la peau n'est pas nuisible, au contraire elle modifie avantageusement la texture de la peau.

C.-P. Nesbit a rendu le procédé pratique (1887). Le gaz acide carbonique est obtenu par l'action de l'acide chlorhydrique sur le calcaire, lavé et emmagasiné dans un gazomètre et de là envoyé dans les cuves contenant de l'eau et des peaux. 30 peaux peuvent être épurées en une heure. La dépense pour purger 500 peaux ne dépasse pas 2 francs.

Le gaz acide carbonique peut être préparé plus facilement avec le charbon de bois. (Voir plus loin.)

Emploi du sucre. — La chaux forme deux combinaisons avec le sucre. La première se forme en présence d'un excès de sucre (formule G12 H11 O11, Ca O); elle est très soluble à froid. 100 de sucre se combinent avec 18 de chaux. Une remarque importante à faire, c'est que la quantité de chaux qui se dissout dans une dissolution de sucre varie avec sa densité et sa teneur en sucre. Une solution de 20 de sucre dans 100 d'eau dissout 21 grammes de chaux, une solution à 10 p. 100 en dissout 20 grammes, une solution à 5 p. 100 en dissout 18 grammes et enfin à 2 p. 100 elle n'en dissout que 15 grammes pour 100 grammes de sucre.

On fait une dissolution à 2 p. 100 de sucre dans laquelle on coudre les peaux une heure, on les laisse reposer une heure et on

recoudre une heure; on termine par un lavage à l'eau pure. On ne doit pas aller jusqu'à saturation complète du sucre de la dissolution parce qu'il pourrait se former un sucrate calcaire insoluble.

La chaux n'altère pas le sucre et on peut revivifier ce dernier dans les bains épuisés très économiquement. Il y a pour cela qu'à faire passer un courant d'acide carbonique provenant d'un foyer au coke ou au charbon de bois; la chaux se précipite sous forme de carbonate de chaux, on laisse clarifier la dissolution, on la décante, et on fait égoutter le liquide trouble sur un filtre à tannée. Le même sucre sert toujours; on n'a qu'une perte de

10 p. 100 dans chaque opération.

La glucose ne remplit pas les mêmes effets que le sucre de canne ou de betterave (saccharose); elle se combine moins bien avec la chaux ; de plus cette combinaison fait éprouver une altération profonde à la glucose et il est impossible de la récupérer.

On peut employer la mélasse, qui renferme 50 p. 100 de sucre.

La méthode au sucre a le grave inconvénient de ne purger les peaux que de la chaux libre et de laisser intact le carbonate.

On y arrive en ajoutant à la dissolution 20 p. 100 du poids du sucre de soude caustique, qui déplace l'acide carbonique du carbonate.

M. Marris opère de la manière suivante : il met dans une cuve 3,000 litres d'eau, 500 grammes de sucre et 500 grammes de soufre pilé ou en fleur; il y abat les peaux et dirige dans le liquide un courant d'hydrogène sulfuré obtenu par réaction de l'acide sulfurique étendu sur le sulfure de fer; pendant une heure,

11 relève les peaux, les lave et les égoutte. Il se forme une réaction multiple : la chaux se dissout dans le sucre, l'hydrogène sulfuré la fait passer à l'état de sulfure, qui se combine au soufre pour passer à l'état de polysulfure, qui peut se combiner de nouveau à la chaux pour redevenir à l'état de monosulfure, et ainsi de suite. Ce procédé n'enlève pas non plus le carbonate de chaux.

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