‹ Traité pratique de la fabrication des cuirs et du travail des peauxChapitre 71 sur 221 · SECOND TANNAGE · texte numérisé non relu

SECOND TANNAGE

On pratique un second tannage pour deux causes principales : 1° pour surcharger le cuir et lui faire absorber plus de tannin de façon à avoir un rendement supérieur ; 2° pour donner une couleur convenable à certains cuirs tannés avec des matières tannantes diverses qui n'ont pas donné la couleur exigée dans le commerce.

1. — Recharge à l'extrait concentré. — On sait que la peau peut absorber des quantités illimitées pour ainsi dire de tannin, 40 p. 100 qui se fixe en combinaison avec la peau, partie insoluble, et le reste, qui s'interpose dans les pores, dans les fibres du tissu, partie non combinée, par conséquent soluble dans l'eau. On recharge de deux manières :

1° On prend de l'extrait de châtaignier ou de chêne à 20 degrés Baumé, on y fait tremper les cuirs tannés pendant un mois en ayant soin de les laisser égoutter deux ou trois fois pendant deux jours. Les cuirs sont lavés sommairement dans du jus de tan faible et séchés. Ils peuvent prendre de cette façon 10 p. 100 de plus de poids.

2° On étend les cuirs sur une table et on y passe dessus des couches successives d'extrait à 20 degrés Baumé, au moyen d'un tampon ; on prépare plusieurs cuirs de la môme manière, du côté de la fleur, puis on les empile chair sur chair et on les laisse quelques jours pour laisser pénétrer le tannin ; on recommence plusieurs fois l'opération suivant la bonté du cuir et la charge que l'on veut obtenir.

2. — Recharge à l'écorce et à l'acide. — On couche en fosse un mois avec une écorce fine et on alimente avec un jus acidulé à lacide acétique 1 ou 2 p. 100. On forme ainsi une dilatation dans les fibres du cuir qui est aussitôt garnie par du tannin.

3. — Revivification des peaux défectueuses. — Les peaux qui ont une couleur jaune verdàtre et une coupe terreuse comme les croûtes anglaises et autres peaux étrangères fabriquées avec des tannins sont d'un prix inférieur, aussi certains commissionnaires et même certains fabricants rénovent les peaux en les baignant dans des jus d'écorce concentré. Ce moyen agit imparfaitement. Nous avons vu un corroyeur employer le moyen empirique suivant :

Il faisait une infusion de bourgeons de vigne frais au moyen de l'eau, à froid, ajoutait de l'extrait de châtaignier pour former un jus fort, et y faisait tremper les peaux un certain temps qui revenaient parfaitement bien.

N'ayant pas toujours des bourgeons de vigne sous la main, nous avons cherché ce qui agissait dans les bourgeons de vigne, nous avons trouvé de l'acide tartrique et oxalique, nous avons composé un extrait renfermant toutes les matières nécessaires :

Extrait de châtaignier 50

Extrait de valonées 50

Acide oxalique 0,500

Eau 100

On y fait tremper les peaux qui en ressortent complètement transformées, ayant l'aspect de celles tannées à l'écorce de chêne.

Page 1