‹ Traité pratique de la fabrication des cuirs et du travail des peauxChapitre 87 sur 221 · VI. BLANCHISSAGE. G RAINA G E · texte numérisé non relu

VI. BLANCHISSAGE. G RAINA G E

Le blanchissage succède au dégraissage; il se faisait avant au couteau à revers, aujourd'hui il se fait généralement à l'étiré. Ce travail est très minutieux et demande des ouvriers habiles et intel-

ligents. On commence par préparer l'étirc, on l'adoucit sur le grès, puis sur la pierre écossaise, jusqu'à ce qu'il ait un fil très doux, on s'assure avec l'ongle qu'il ne reste pas sur le tranchant le moindre morfîl ; on graisse le biseau avec du suif et avec le fusil a retourner on embauche son fil, c'est-à-dire qu'on courbe la face perpendiculaire avec force au milieu, puis légèrement sur le fil.

, On blanchit le veau en long, puis on le traverse avec soin en pesant bien ses coups. Le travail se fait sur une table en bois analogue au marbre et sur laquelle est étendue une plaque de zinc bien dressée ; on a le soin de bien nettoyer sa plaque avant d'y étendre la peau, sans quoi la moindre matière faisant gonfler la peau, celle-ci serait éraflée pendant le travail et le fîl de l'étiré détruit.

On doit enlever une mince pellicule sur toute la surface de la peau et de plus les veines et les bouquets de chair. Les coutelures qui peuvent disparaître ne sont pas ménagées. L'habileté de l'ouvrier consiste à donner le plus de façon à son veau tout en lui enlevant le moins de matière. Les débris de peau constituent les bourriers.

On procède ensuite au dégraissage de fleur, qui se fait comme le dégraissage de chair; c'est une espèce de retenage à sec.

2. — Grainage. — Le grainage a pour objet de donner à la peau un grain variable suivant chaque fabricant : grain d'orge, grain multiple, etc. Cette façon se pratique avec une paumelle douce. Cette paumelle consiste en un bois cintré de 30 centimètres de long sur 15 de large ; le dessus est plat et muni d'une raanicle, bande de cuir sous laquelle l'ouvrier passe sa main pour soulever l'outil; le dessous est garni de liège. On opère sur une table en bois.

On prend le veau par la patte de derrière, que l'on roule jusqu'à la hauteur du nombril avec la main gauche; en terme de métier, c'est prendre en faux quartier ; on pose le liège en le tenant de la main droite en appuyant fortement, on tire à soi en suivant la courbure de la paumelle pour bomber le grain, on suit les coups en allant de gauche à droite en avant chaque fois du

quart de la largeur du liège, c'est-à-dire de 4 centimètres ; on passe légèrement sur le flanc droit et finalement on appuie

Fig. 57.

Fig. 58.

Fig. 62. Fig. 04. Fig. 61.

Fig. 57 à 65. — Outils de corroyeur.

Fig. 57. liège à bras. — Fig. 58, étire à blanchir. — Fig. 50, marguerite à veaux. — Fig. GO. brosse à cirer. — Fig. Gl, brosse à passer en colle. — Fig. 62, bat-colle ou écrase-colle. — Fig. 63, balai pour chasser les boulettes, les bourriers et nettoyer les peaux. — Fig. 64, brosse à passer en huile. — Fig. 65, glace.

fortement sur la patte de derrière. On procède ainsi pour les 4 quartiers.

Un ouvrier peut grainer 8 douzaines par jour.

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